Des artistes israéliens, tunisiens et yéménites ensemble pour chanter la paix
Rechercher

Des artistes israéliens, tunisiens et yéménites ensemble pour chanter la paix

La chanson "Peace Among Neighbors" est interprétée par l'Israélien Ziv Yehezkel et le chanteur tunisien Noomane Chaari, et a été écrite par un Yéménite anonyme

Le chanteur tunisien Noomane Chaari interprète "Peace Between Neighbors". (Capture d'écran vidéo)
Le chanteur tunisien Noomane Chaari interprète "Peace Between Neighbors". (Capture d'écran vidéo)

Bien que la Tunisie et le Yémen ne fassent pas partie des pays arabes qui ont récemment normalisé ou repris leurs relations avec Israël, une nouvelle initiative d’artistes des trois nations cherche à rapprocher les peuples.

La chanson « Peace Among Neighbors », sortie cette semaine, est interprétée par l’Israélien Ziv Yehezkel, un Juif mizrahi religieux qui chante principalement en arabe, et le chanteur tunisien Noomane Chaari.

La chanson a été écrite par un artiste yéménite qui souhaite rester anonyme, pour sa propre sécurité.

Dans ce duo, Yehezkel et Chaari chantent en arabe sur leurs identités religieuses et leur désir de paix et de mettre fin à la haine. Il comprend des paroles telles que : « Dans ma foi, il y a une place pour toutes les religions » et « Mon livre appelle les voisins à surmonter leurs différences », tout en appelant à « la paix entre voisins » et à construire « des ponts les uns vers les autres ».

Le clip musical qui accompagne la chanson ne mentionne expressément ni la Tunisie ni Israël, bien qu’il comprenne des images des deux pays.

« Je n’ai pas de problème avec mes frères juifs et mes frères chrétiens », a déclaré Chaari à la chaîne israélienne Kan news. « Notre but est de rapprocher les religions, quelle que soit l’identité nationale. »

« Mon intention était de répandre l’amour et la paix entre les peuples », a déclaré l’artiste yéménite anonyme.

Le projet a été organisé par le Conseil arabe pour l’intégration régionale, basé à New York, qui se définit comme « une initiative panarabe visant à promouvoir un esprit de partenariat qui ne connaît pas de frontières ».

Le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi a déclaré cette semaine que le pays n’a pas l’intention de reconnaître Israël, précisant que l’établissement de relations avec l’État juif n’était « pas à l’ordre du jour ».

Le président du pays, Kais Saied, a déclaré l’année dernière, avant les décisions de quatre pays arabes d’établir ou de reprendre des liens avec Israël, dont le Maroc voisin de la Tunisie, que de tels agissements étaient une « trahison ».

Chaari a dit à Kan qu’il ne voyait « aucun problème de normalisation ». En art, la normalisation n’existe pas. L’art, dans sa définition même, accepte tout le monde, quelle que soit la religion ».

Quant à savoir s’il craignait que certains dans son pays soient hostiles à ses opinions, M. Chaari a déclaré : « Je ne vais pas mentir, j’ai un peu peur, mais j’espère que ça passera. »

Peu après, il a en effet reçu des menaces sur les réseaux sociaux et le syndicat UGTT, principale centrale syndicale du pays, a jugé que la chanson était « une provocation contre le peuple tunisien et contre l’ensemble du peuple arabe ».

Il a dû également cesser sa participation à une émission diffusée par la chaîne nationale.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...