Des attaques informatiques ont de nouveau frappé le système d’eau d’Israël
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Des attaques informatiques ont de nouveau frappé le système d’eau d’Israël

L'incident intervient après une attaque plus sérieuse en avril attribuée à l'Iran qui aurait pu empoisonner au chlore des centaines de personnes

Un ouvrier à l'usine de filtration de l'eau d'Eshkol dans le nord d'Israël qui est opérée par la compagnie nationale de l'eau israélienne Mekorot (Crédit photo : Moshe Shai / Flash90)
Un ouvrier à l'usine de filtration de l'eau d'Eshkol dans le nord d'Israël qui est opérée par la compagnie nationale de l'eau israélienne Mekorot (Crédit photo : Moshe Shai / Flash90)

Ces dernières semaines, deux attaques ont été menées contre l’infrastructure israélienne de l’eau, a rapporté le site d’information Ynet tard jeudi.

L’Autorité israélienne de l’eau a confirmé l’information, mais a indiqué qu’aucun dégât n’avait été à déplorer sur le système d’eau d’Israël.

Une attaque visait les pompes agricoles en eau dans la Haute Galilée, alors que l’autre a frappé une infrastructure dans le centre du pays.

« Il s’agissait de petites installations spécifiques de drainage dans le secteur agricole qui ont été immédiatement réparées par les habitants locaux eux-mêmes, sans causer de dégâts ni d’impact sur la production », a déclaré l’Autorité de l’eau dans un communiqué.

Les officiels n’ont pas précisé qui avait mené les attaques sur ces stations de pompage, mais elles interviennent dans un climat de tensions croissantes au coup pour coup entre Israël et l’Iran après une attaque d’avril menée par Téhéran contre le service d’eau potable d’Israël.

Les canalisations pourpres qui amènent de l’eau désalinisée dans les enclaves situées sur les terres désignées réserves naturelles. (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

Selon des informations dans la presse israélienne et occidentale, l’Iran a tenté de pirater le système d’eau d’Israël en avril et d’empoisonner l’eau en augmentant les niveaux de chlore dans l’eau à destination des habitations résidentielles.

S’exprimant au journal britannique Financial Times, un officiel occidental anonyme du renseignement a déclaré début juin que des centaines de personnes auraient pu tomber malade. Il a ajouté que l’attaque avait failli réussir.

Le chef du Directoire informatique national d’Israël a laissé entendre que l’attaque aurait cherché à mélanger le chlore à d’autres produits chimiques dans le système d’approvisionnement en eau.

En outre, il y avait une possibilité que l’attaque aurait pu déclencher une procédure de sécurité intégrée, entraînant la fermeture de pompes et laissant des milliers de personne sans eau pendant une grave vague de chaleur.

« L’attaque était plus sophistiquée qu’ils [Israël] ne le pensait à l’origine », a déclaré l’officiel occidental. « Elle a failli réussir, et on ne sait pas clairement pourquoi cela n’a pas fonctionné. »

Yoav Barkay Arbel, ingénieur spécialiste de l’eau à Mekorot, à proximité des canalisations le 6 juin 2019 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Un officiel israélien anonyme avait alors expliqué au Financial Times que l’attaque a créé « un scénario risqué et imprévisible » en lançant une vague d’attaques au coup pour coup sur l’infrastructure civile, ce que les deux pays avaient évité jusqu’à présent.

L’officiel occidental et quatre officiels israéliens, qui ont tous été briefés sur l’attaque et sont tous restés anonymes, ont déclaré au journal que les Iraniens avaient piraté le programme qui contrôle les pompes après avoir utilisé des serveurs américains et européens pour cacher la source.

Un officiel du régime iranien a démenti les accusations du journal en déclarant : « L’Iran ne peut pas politiquement se permettre d’essayer d’empoisonner des civils israéliens. Et même si l’Iran l’avait fait, où est la réponse adéquate des Israéliens ? »

L’article a également évoqué les représailles israéliennes présumées le 9 mai contre le port de Shahid Rajaee. Deux officiels israéliens ont affirmé que l’attaque sur le port avait eu lieu à la demande du ministre de la Défense de l’époque, Naftali Bennett, qui allait quitter son poste avec la formation d’un nouveau gouvernement.

« C’était petit, très petit – comme taper à la porte », a déclaré un officiel. « Prenez cela [comme] un petit rappel : ‘Nous savons où vous habitez.' »

Le port Shahid Rajaee dans la ville côtière de Bandar Abbas, en Iran. (Crédit : Organisation maritime et des ports iranienne)

Ni Israël ni l’Iran n’ont officiellement reconnu avoir ciblé l’infrastructure civile l’un de l’autre. Ils n’ont pas non plu évoqué publiquement la gravité des attaques informatiques. L’officiel du régime iranien a déclaré : « Les ports iraniens sont habituellement chaotiques et des perturbations peuvent se produire. »

Les deux pays sont des ennemis jurés engagés depuis des années dans des guerres secrètes, avec notamment des attaques et des opérations de piratage informatique de haute technologie. Les responsables iraniens appellent régulièrement à l’élimination d’Israël, et Israël affirme que l’Iran cherche à obtenir des armes nucléaire afin de parvenir à cet objectif. Dans l’épisode le plus connu, des agences de renseignement américaines et israéliennes sont suspectées d’avoir lancé un virus informatique nommé Stuxnet il y a quelques années afin d’entraver le programme nucléaire iranien.

Ces dernières semaines, l’Iran a été frappé par une série d’incendies et d’explosions, notamment celle du 2 juillet sur une centrifugeuse dans l’installation nucléaire de Natanz. L’attaque aurait été menée par Israël, et certains experts estimes qu’elle a fait fortement reculer le programme nucléaire iranien.

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