Des bactéries pour traquer des mines terrestres ?
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Des bactéries pour traquer des mines terrestres ?

Des chercheurs de l’université hébraïque affirment avoir peut-être trouvé le moyen d'éradiquer les dangers des mines terrestres enterrées qui blessent ou tuent 15 000 à 20 000 personnes par an

Illustration d'une mine terrestre TM-46 (Crédit : PD-USGov-Military/ domaine public)
Illustration d'une mine terrestre TM-46 (Crédit : PD-USGov-Military/ domaine public)

Les chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem disent qu’ils ont peut-être trouvé un moyen de détecter à distance les mines terrestres n’ayant pas encore explosé en utilisant une combinaison de lasers et de bactéries moléculaires qui brillent à proximité des explosifs.

Les mines enterrées, qui blessent ou tuent 15 000 à 20 000 personnes chaque année, émettent de petites quantités de vapeurs explosives qui s’accumulent dans le sol qui les recouvre.

Cette observation a incité les chercheurs de l’Université hébraïque, dirigés par le Professeur Shimshon Belkin de l’Institut de sciences de la vie Alexander Silberman, à utiliser des bactéries qui émettent un signal fluorescent lorsqu’elles entrent en contact avec ces vapeurs, afin de pouvoir détecter les mines.

Ils ont confiné la bactérie dans de petites billes polymères, qui ont ensuite été dispersées à travers la surface d’un champ test dans lequel de vraies mines antipersonnel ont été enterrées. À l’aide d’un système de balayage par laser, le champ test a été scanné à distance et les chercheurs ont pu déterminer l’emplacement des explosifs enterrés.

Près d’un demi-million de personnes dans le monde souffrent de blessures infligées par des mines et plus de 100 millions de ces dispositifs sont encore enterrés dans plus de 70 pays. Le principal défi technique dans la lutte contre les champs de mines est la détection des mines.

Les technologies utilisées aujourd’hui ne sont pas très différentes de celles utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale, nécessitant des équipes de détection qui risquent leur vie ou la perte d’un membre en pénétrant dans les champs de mines.

Les accidents impliquant des mines terrestres se produisent en Israël une fois toutes les quelques années et les mines terrestres placées durant les années 1950 et 1960 gangrènent la vallée de l’Arava, plusieurs zones le long de la vallée du Jourdain et des hauteurs du Golan, qu’Israël a pris à la Syrie pendant la Guerre des Six jours de 1967. Les mines terrestres ont été en grande partie délimitées par un réseau de clôtures et de panneaux d’avertissement.

Les chercheurs de l’université hébraïque ont déclaré que les signaux de la bactérie peuvent être enregistrés et quantifiés depuis des emplacements éloignés, ce qui fait de leur champ test, selon eux, le premier dans lequel des mines terrestres ont été détectées à distance.

« Nos données de terrain montrent que les bio-capteurs conçus peuvent être utiles dans un système de détection de mines », a déclaré Belkin dans un communiqué.

Mais pour rendre cela possible, plus de travail doit être effectué, a-t-il ajouté, notamment pour renforcer la sensibilité et la stabilité des bactéries, améliorer la vitesse de balayage pour couvrir de grandes surfaces et pour rendre l’appareil de balayage plus compact afin qu’il puisse être utilisé à bord d’un avion léger ou un drone, dit-il.

Les chercheurs ont présenté leur nouveau système dans le journal Nature Biotechnology.

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