Des bataillons mixtes pour une unité des frontières globale
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Des bataillons mixtes pour une unité des frontières globale

Des unités mixtes, des pisteurs, des surveillants et des unités de renseignement militaire seront regroupés pour défendre les frontières avec l’Egypte et la Jordanie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne rassemble toutes ses unités de défense des frontières sous un seul groupe avec une force globale, et un nouveau béret, qui comprendra trois bataillons militaires mixtes, des pisteurs et des unités de renseignement militaire, a annoncé l’armée jeudi.

Son nouveau commandant, le général Mordechai Kahana, a déclaré aux journalistes que l’unité, la Force de défense des frontières, sera principalement responsable des frontières à l’est et au sud d’Israël, avec respectivement la Jordanie et l’Egypte.

La Force de défense des frontières comprendra également des équipes de soldates, appelées en hébreu tatzpitaniyot, qui s’occuperont des caméras de vidéo-surveillance le long de la frontière.

En mettant en place une Force de défense des frontière distincte, l’armée espère libérer des ressources supplémentaires qui seront mieux utilisées ailleurs, a déclaré Kahana.

Le général de brigade Mordechai Kahana, responsable des renseignements israéliens et de la Force de défense des frontières. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Le général de brigade Mordechai Kahana, responsable des renseignements israéliens et de la Force de défense des frontières. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Depuis 2016, l’armée a mis en place un certain nombre d’efforts de réorganisation dans le cadre de son plan pluriannuel Gideon.

L’idée est que l’armée puisse déplacer des brigades d’infanterie, comme Golani, les parachutistes et Nahal, des frontières relativement calmes de la Jordanie et de l’Egypte vers des zones potentiellement plus violentes comme les frontières avec la Cisjordanie, Gaza, la Syrie ou le Liban.

Kahana, qui est également l’officier en chef du renseignement militaire de l’armée israélienne, a noté que sa nouvelle force de combat sera composée d’hommes et de femmes, suivant ainsi la logique d’une tendance croissante au sein de l’armée pour davantage intégrer des soldates dans les unités de combat.

Pour les troupes au sol, l’unité prendra des soldats dans trois bataillons mixtes : les bataillons Caracal, Guépard et Lions de Jordanie.

Caracal, le plus ancien des trois, gardera la frontière avec le Sinaï, le bataillon Guépard sera lui responsable du désert d’Arava et de la portion sud de la frontière jordanienne, et les Lions de Jordanie gardent le nord de la Vallée du Jourdain.

Une soldate du bataillon des Lions du Jourdain pendant un exercice, le 8 juin 2015. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flickr)
Une soldate du bataillon des Lions du Jourdain pendant un exercice, le 8 juin 2015. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne/Flickr)

Un quatrième bataillon, qui n’a pas encore été nommé, doit être formé le mois prochain. Quand ses premières recrues auront suivi l’entraînement, le bataillon prendra position dans le sud de la Vallée du Jourdain, a expliqué Kahana.

Le nouveau béret de la Force de défense des frontières, qui n’a pas encore été distribué, aura une couleur camouflage, comme celui de la Brigade Kfir, mais en jaune et marron, pour représenter le désert où les troupes seront principalement déployées.

Au cours des récentes années, le nombre de soldates à des postes de combat a explosé, quadruplant entre 2012 et 2016, selon les données de l’armée.

Avec la création du quatrième bataillon, ce nombre devrait encore augmenter, a souligné Kahana.

Mais le processus d’incorporation d’un plus grand nombre de femmes soldats a parfois été douloureux, au sens propre du terme. Les femmes ont souffert de fractures causées par le stress et d’autres blessures à des taux bien plus élevés que leurs camarades masculins.

Des Israéliennes servant dans le bataillon Caracal, en novembre 2007. (Crédit : Yoni Markovitzki/unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flash90)
Des Israéliennes servant dans le bataillon Caracal, en novembre 2007. (Crédit : Yoni Markovitzki/unité des porte-paroles de l’armée israélienne/Flash90)

Pour éviter certaines de ces difficultés, l’armée a fourni aux femmes soldats des gilets pare-balles et des casques plus légers.

Kahana a expliqué qu’après avoir étudié les différentes options, l’armée avait décidé d’équiper les femmes soldats uniquement de fusils d’assaut M-16, à la place de Tavor, plus lourds, qui sont actuellement utilisés par le bataillon Caracal.

En outre, des mitraillettes légères, qui pèsent cependant beaucoup plus lourd que leur nom ne le laisse entendre, ne seront plus portées par des soldats dans des bataillons mixtes, mais seront fixées sur les véhicules de patrouille, a-t-il précisé.

Les bataillons mixtes effectuent actuellement leur entraînement dans différentes brigades d’infanterie. Au début de l’automne, ils iront tous à la base Sayarim dans le Néguev, où une école de défense des frontières sera créée, a expliqué l’armée.

Lt. Col. Hassan, left, teaching a young tracker the ropes (Photo credit: Mitch Ginsburg/ Times of Israel)
Le lieutenant colonel Hassan, à gauche, avec les pisteurs qu’il forme, en 2012. (Crédit : Mitch Ginsburg/Times of Israël)

Alors que les bataillons mixtes constitueront une bonne partie de la force de combat, Kahana a également souligné le besoin de pisteurs qualifiés. Ils sont presque tous des soldats bédouins, qui apprennent à « lire » le paysage pour trouver des traces de pas, des pièges et d’autres engins explosifs improvisés.

Mais le nombre de ces pisteurs a diminué au cours des récentes années, « et nous n’avons pas trouvé de solution technologique de remplacement pour ces pisteurs », a souligné Kahana.

« Sept fois, sept fois ! un pisteur m’a arrêté pour m’empêcher de marcher sur une mine », a-t-il ajouté, en évoquant son expérience personnelle.

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