Des bots de Gaza tenteraient de délégitimer Israël et d’attiser l’hostilité
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Des bots de Gaza tenteraient de délégitimer Israël et d’attiser l’hostilité

Le ministère des Affaires stratégiques dénonce la multiplication de faux tweets sur l'annexion et l'enquête de la CPI en juin et dit vouloir se détourner de la lutte contre le BDS

Illustration : Des hommes palestiniens utilisent un ordinateur dans le sud de la bande de Gaza, le 20 janvier 2012. (Abed Rahim Khatib / Flash90)
Illustration : Des hommes palestiniens utilisent un ordinateur dans le sud de la bande de Gaza, le 20 janvier 2012. (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Le ministère israélien des Affaires stratégiques a publié mardi un rapport qui révèle un réseau de 170 profils sur les réseaux sociaux non authentiques qui tentent de « susciter un sentiment anti-Israël en ligne ».

Le rapport, basé sur des recherches effectuées entre juin et août, a cité un pic d’activité sur Twitter à la fin juin 2020, lorsque la Cour pénale internationale a délibéré sur la nécessité d’enquêter sur Israël pour des crimes de guerre présumés et lorsque le gouvernement de Benjamin Netanyahu s’apprêtait à annexer jusqu’à 30 % de la Cisjordanie, y compris toutes les implantations. (Le projet a été suspendu indéfiniment en août, en guise de condition à l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et les EAU).

Ces comptes, qui utilisaient des hashtags comme #ICC4Israel, #ICCPalestine et #StopAnnexation, utilisaient de fausses photos de profil et twittaient 24 heures sur 24, générant des milliers de tweets, a déclaré le ministère. Environ 21 % des conversations autour de ces hashtags étaient inauthentiques, a déterminé le rapport, qui estime que cela a contribué à créer l’impression que l’opposition à Israël était plus forte qu’elle ne l’était en réalité.

« Nos découvertes font état d’un effort organisé et coordonné pour influencer l’opinion publique contre Israël. Dans le cadre de leur campagne, les militants anti-Israël amplifient artificiellement le discours anti-Israël sur les réseaux sociaux pour donner l’apparence d’un large soutien populaire à leur cause », a déclaré le ministère des Affaires stratégiques dans un communiqué de presse.

La ministre Orit Farkash-Hacohen a écrit une lettre à Twitter pour lui demander de retirer ces faux comptes et d’agir davantage contre l’activité de robots sur sa plateforme.

Orit Farkash-Hacohen. (Yanai Yechiel)

Le directeur du ministère des Affaires stratégiques, Ronen Manelis, a indiqué que s’il est légitime de critiquer Israël et que cette critique relève du droit des peuples à la liberté d’expression, il n’est pas légitime de le faire en utilisant de faux comptes et des identités inauthentiques.

« C’est bien de critiquer Israël, parfois c’est même nécessaire », a affirmé Ronen Manelis. « Ce qui est problématique, c’est de le faire avec des robots dans le cadre d’une campagne automatisée et coordonnée pour donner l’impression erronée qu’il y a plus d’opposition à Israël qu’il n’y en a réellement ».

Cet ancien porte-parole de l’armée a révélé que de nombreux faux comptes étaient gérés depuis la bande de Gaza, et d’autres par des « organisations de délégitimation » au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le rapport précise que l’organisation Palestinian Voices, basée à Gaza, et la Palestine Solidarity Campaign (PSC), basée au Royaume-Uni, sont liées à ces faux profils.

M. Manelis a reconnu que le réseau mis au jour dans le rapport du ministère n’était pas particulièrement important ni bien financé. « Cela ne coûte pas cher de créer des robots, ce n’était pas une campagne à gros budget. Mais l’idée est de détecter et d’arrêter ces réseaux de manière systématique ».

Un « changement » au sein du ministère

Orit Farkash-Hacohen, du parti centriste Kakhol lavan, est devenue ministre des Affaires stratégiques en mai. Elle a déclaré qu’elle et Ronen Manelis essayaient de faire passer l’objectif du ministère de la lutte contre le mouvement BDS à la lutte contre la délégitimisation du pays d’une manière sur laquelle les Israéliens de tout le spectre politique puissent s’entendre.

« Nous nous concentrons sur la lutte contre la délégitimisation d’Israël », a-t-elle indiqué aux journalistes, « c’est-à-dire le refus d’accepter l’existence de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique à l’intérieur de toute frontière. Que les gens acceptent la Judée et la Samarie comme faisant partie d’Israël est une question distincte », a-t-elle expliqué.

Ronen Manelis, directeur du ministère des Affaires stratégiques, s’adresse à des journalistes par visioconférence, le 27 octobre 2020. (Crédit : Times of Israel)

Son prédécesseur Gilad Erdan (LIkud), aujourd’hui ambassadeur d’Israël à l’ONU, a adopté une ligne dure contre les organisations, comme Amnesty International, qui critiquent la politique d’implantations d’Israël et a tenté d’interdire aux activistes du BDS d’entrer en Israël.

Lors de leur conférence de presse de mardi, Orit Farkash-Hacohen et Ronen Manelis ont également semblé prendre leurs distances par rapport à la culture du secret du ministre antérieur et aux rumeurs selon lesquelles le ministère aurait créé de faux comptes et des messages inauthentiques en ligne.

« Nous avons quelques projets qui impliquent la création de contenu positif sur Israël », a annoncé Orit Farkash-Hacohen, « mais le contenu sera diffusé ouvertement par de vraies personnes ».

« Tant que nous serons dans ce ministère », a promis Ronen Manelis, « il n’y a pas et il n’y aura pas d’utilisation de la technologie pour créer une fausse conversation. Tout sera transparent et légal ».

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