Des Casques blancs syriens pourront assister aux Oscars
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Des Casques blancs syriens pourront assister aux Oscars

Les célèbres secouristes, qui craignaient que le décret Trump ne les empêche d'entrer aux Etats-Unis, espèrent attirer l'attention du monde sur le destin de leur pays

Un bénévole, membre des Casques blancs, transporte un enfant sauvé des décombres après un bombardement de la ville d'Alep, le 24 novembre 2016. (Crédit : Ameer Alhalbi/AFP)
Un bénévole, membre des Casques blancs, transporte un enfant sauvé des décombres après un bombardement de la ville d'Alep, le 24 novembre 2016. (Crédit : Ameer Alhalbi/AFP)

Des Casques blancs, célèbres secouristes des zones rebelles de Syrie, ont finalement reçu leur visa pour se rendre aux Etats-Unis et assister aux Oscars où ils sont le sujet d’un documentaire en lice.

Durant des semaines, les secouristes et l’équipe du film ont craint de ne pas pouvoir assister à la cérémonie en raison d’un décret du 27 janvier du président américain Donald Trump interdisant à tous les Syriens l’entrée aux Etats-Unis.

Mais le 9 février, une cour d’appel américaine a confirmé le blocage de l’application de ce décret, ouvrant la voie à la délivrance de visas pour les secouristes.

« Nous avons eu nos visas hier [vendredi], mais nous ne savons pas encore de manière sûre si nous pourrons voyager ou pas », a déclaré à l’AFP par téléphone Raed Saleh, un des chefs des secouristes.

« Nous ne voulons pas avoir de problèmes aux frontières ou à l’aéroport », a-t-il ajouté alors que l’administration américaine a dit préparer un nouveau décret migratoire.

Un petit garçon syrien est assis avec les objets qu'il a récupéré des ruines de sa maison, dans le quartier Al-Arkoub d'Alep, après une opération des forces pro-régime pour reprendre la ville au rebelles, le 17 décembre 2016. (Crédit : Youssef Karwashan/AFP)
Un petit garçon syrien est assis avec les objets qu’il a récupéré des ruines de sa maison, dans le quartier Al-Arkoub d’Alep, après une opération des forces pro-régime pour reprendre la ville au rebelles, le 17 décembre 2016. (Crédit : Youssef Karwashan/AFP)

Le documentaire « The White Helmets » (Les Casques blancs) a été nominé aux Oscars dans la catégorie documentaire court.

Depuis sa création en 2013, le corps des secouristes a compté plus de 3 000 volontaires et affirme avoir sauvé plus de 78 000 vies.

Il tire son nom des casques blancs portés par ses membres et s’est fait connaître dans le monde entier par ses opérations de secours risquées au milieu de bombardements du régime syrien.

La cérémonie des Oscars aura lieu le 26 février à Hollywood.

« Avec le nombre de gens qui la regarderont, ce sera une opportunité incroyable de parler de toute la souffrance en Syrie », a affirmé Saleh, qui sera accompagné d’un de ses collègues, Khaled Khatib.

La guerre en Syrie, qui a débuté il y a près de six ans à la suite de la répression par le régime de manifestations pro-démocraties, a fait plus de 310 000 morts et poussé des millions de personnes à l’exil.

Des Syriens quittent un quartier d'Alep tenu par les rebelles pour la partie sous contrôle gouvernementale pendant une opération des forces du gouvernement syrien pour reprendre la ville assiégée, le 13 décembre 2016. (Crédit : Karam al-Masri/AFP)
Des Syriens quittent un quartier d’Alep tenu par les rebelles pour la partie sous contrôle gouvernementale pendant une opération des forces du gouvernement syrien pour reprendre la ville assiégée, le 13 décembre 2016. (Crédit : Karam al-Masri/AFP)

« Il nous a fallu beaucoup d’efforts pour faire ce documentaire », a déclaré Saleh en rappelant que certains des protagonistes du film sont morts depuis à cause de la guerre.

« Nous espérons gagner l’Oscar car cela apporterait un soutien moral aux Casques blancs et leur montrerait que tous leurs sacrifices n’ont pas servi à rien », a-t-il ajouté.

« Au départ, on était vraiment ravis de la nomination et on les a invités à nous rejoindre, et deux jours plus tard, le décret est arrivé », a confié la productrice du film Joanna Natasegara.

Elle a indiqué que l’équipe du film « serait nerveuse jusque à ce que [Raed et Khaled] soient sur le sol américain. »

« En tant que réalisateurs, nous voulions pouvoir leur donner cette plateforme », a-t-elle dit.

« C’est leur jour. Leur message est un message d’espoir et de paix. Nous sommes très excités à l’idée de partager ce jour avec eux. »

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