Des centaines de manifestants à Jérusalem contre l’expulsion des migrants
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Des centaines de manifestants à Jérusalem contre l’expulsion des migrants

Les organisateurs appellent le gouvernement à mettre fin aux expulsions, "une tache morale pour la société et la nation"

Des Israéliens et des demandeurs d'asile africains protestent contre les expulsions dans le centre de Jérusalem, le 10 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens et des demandeurs d'asile africains protestent contre les expulsions dans le centre de Jérusalem, le 10 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Environ 1 500 personnes ont défilé à travers Jérusalem samedi soir, appelant le gouvernement à mettre un terme aux plans d’expulsion de près de 40 000 migrants et demandeurs d’asile africains.

Les manifestants, résidents locaux et migrants, brandissaient des pancartes où l’on pouvait lire « non aux expulsions forcées » et « Aimez votre frère comme vous-même. » D’autres portaient des photos de migrants qui avaient été expulsés d’Israël et seraient morts en tentant d’atteindre l’Europe.

Les autorités ont lancé une vaste campagne d’expulsion de la grande majorité des 38 000 demandeurs d’asile et migrants africains encore présents dans le pays, dont la plupart viennent d’Érythrée et du Soudan.

Des milliers de migrants ont été avertis qu’ils disposaient de 60 jours pour accepter une offre de quitter le pays pour une destination africaine non précisée – la presse parle du Rwanda – en échange de 3 500 dollars et d’un billet d’avion. Ceux qui ne partiront pas d’ici le 1er avril seront incarcérés pour une durée indéterminée.

« Nous lançons un appel au gouvernement et à nos représentants élus pour qu’ils arrêtent ce désastre », a déclaré Adi Har Tzvi, l’un des organisateurs, au site de nouvelles du Ynet. « L’expulsion n’est pas la solution. »

« Ces expulsions, si nous ne les arrêtons pas, seront une tache morale pour la société et la nation », a déclaré Har Zvi.

Des demandeurs d’asile africains et des militants des droits de l’homme protestent contre les expulsions dans le centre de Jérusalem, le 10 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables israéliens insistent sur le fait que la grande majorité des migrants, qu’ils appellent « infiltrés », sont des demandeurs d’emploi et n’ont donc pas le droit spécial de rester dans le pays après y être entrés illégalement.

Les fonctionnaires rejettent les accusations de racisme concernant la loi, notant qu’environ 4 000 Ukrainiens et Georgiens blancs ont été expulsés pour immigration illégale en 2017.

Les partisans de la protestation des demandeurs d’asile insistent sur le fait qu’Israël n’a pas fait le minimum requis par la Convention de 1951 sur les réfugiés pour déterminer si les migrants sont des réfugiés ou pas.

Seuls quelque 6 500 demandeurs d’asile ont vu leur dossier étudié par le ministère de l’Intérieur et seuls 11 d’entre eux, soit 0,16 %, ont été jugés admissibles au statut de réfugié. Des processus similaires dans la plupart des pays européens montrent des pourcentages à deux chiffres pour qualifier de réfugiés les populations migrantes d’Erythrée et du Soudan.

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