Des centaines de Palestiniens manifestent contre Macron sur le mont du Temple
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Des centaines de Palestiniens manifestent contre Macron sur le mont du Temple

Trois personnes ont été arrêtées, selon la police, alors que la promesse du président français de protéger le droit à caricaturer Mahomet continue à fâcher le monde musulman

Des Palestiniens manifestent contre les propos du président français Emmanuel Macron en défense des caricatures du prophète Mahomet dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 octobre 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
Des Palestiniens manifestent contre les propos du président français Emmanuel Macron en défense des caricatures du prophète Mahomet dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 octobre 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Des centaines de personnes ont manifesté sur le mont du Temple à Jérusalem, vendredi, contre la promesse faite par le président français Emmanuel Macron de protéger le droit à caricaturer le prophète Mahomet. Trois personnes ont été arrêtées après des échauffourées avec la police.

Les manifestants ont scandé : « De toute notre âme, de tout notre sang, nous nous sacrifierons pour notre prophète Mahomet » ainsi que d’autres slogans que la police a considéré comme « nationalistes ».

Les manifestants ont également qualifié Macron « d’ennemis de Dieu ».

Les forces de l’ordre ont fait savoir qu’elles avaient dispersé les « émeutiers » et arrêté trois personnes pour conduite ayant entraîné des troubles.

Des Palestiniens manifestent contre les propos du président français Emmanuel Macron en défense des caricatures du prophète Mahomet dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 octobre 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Des centaines de Palestiniens auraient pris part à une marche condamnant les propos de Macron dans le quartier Kafr Aqab de Jérusalem et dans le camp de réfugiés voisin de Qalandiya.

Les manifestants ont arboré des banderoles déclarant qu’insulter Mahomet était une ligne rouge. Ils ont brandi des drapeaux portant la profession de foi islamique.

Les paroles du président français ont continué à créer la colère dans le monde musulman. Ainsi, environ 2 000 fidèles, selon des estimations, qui célébraient la fête de Mawlid, l’anniversaire du prophète Mahomet, sont descendus dans les rues dans la ville de Lahore, à l’est du Pakistan. La foule, avec à sa tête les partis islamiques, a scandé des slogans anti-France, brandi des bannières et fermé des routes majeures menant à un tombeau soufi. Des dizaines de personnes ont piétiné avec fureur des drapeaux français et appelé au boycott des produits français.

À Multan, une ville de la province du Punjab, à l’est du Pakistan, des milliers de personnes ont brûlé l’effigie de Macron et demandé à ce que le pays rompe ses liens avec la France.

Des partisans de l’Organisation des étudiants musulmans brûlent le drapeau national français et vandalisent des images du président Emmanuel Macron pendant une manifestation contre le président et contre la publication des caricatures du prophète Mahomet qu’ils considèrent comme blasphématoires, à Karachi, au Pakistan, le 30 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Fareed Khan)

D’autres mouvements de protestation, largement organisés par les islamistes, devraient avoir lieu dans toute la région, notamment au Liban et dans la bande de Gaza.

En Afghanistan, les membres du parti islamiste Hezb-i-Islami ont incendié le drapeau français. Le leader du groupe, Gulbuddin Hekmatyar, a averti Macron que « s’il ne contrôle pas la situation, nous allons tout droit vers une troisième guerre mondiale et l’Europe en sera responsable ».

Ces manifestations surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la France et les nations à majorité arabe, qui se sont déclenchées, au début du mois, quand un jeune musulman a décapité en région parisienne un enseignant français qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.

Ces dessins, qui avaient été publiées une nouvelle fois par le magazine satirique Charlie Hebdo pour marquer l’ouverture du procès des attentats meurtriers de 2015 contre le journal, ont entraîné la colère des musulmans du monde entier qui considèrent comme blasphématoires les représentations du prophète.

Une série d’attentats que les autorités françaises ont attribué aux extrémistes musulmans a suivi. Jeudi, un jeune Tunisien, qui portait avec lui une copie du Coran, a tué au couteau trois personnes qui se trouvaient dans la basilique Notre-Dame de la ville de Nice. Le même jour, un Saoudien a poignardé un vigile qui montait la garde devant le consulat français de Djeddah, en Arabie saoudite. La France a depuis recommandé à ses ressortissants sur place de se placer en état d’alerte élevé.

Le RAID devant la basilique Notre-Dame de Nice après une attaque au couteau, le 29 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Daniel Cole)

Au cours des derniers jours, des manifestations et des appels au boycott des produits français se sont rapidement répandus du Bangladesh au Pakistan en passant par le Koweït. Les hashtags anti-France se sont multipliés sur les réseaux sociaux et les dirigeants musulmans, avec à leur tête le président turc Recep Tayyip Erdogan, ont critiqué la France pour ce qu’ils considèrent comme un comportement du gouvernement français à la fois provocateur et antimusulman.

L’attentat survenu jeudi à Nice a également été condamné par les leaders de pays qui s’étaient par ailleurs indignés des caricatures, comme l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Égypte.

Dans un sermon du vendredi qui a été diffusé en direct sur la chaîne de télévision d’Etat égyptienne, le ministre chargé des Dotations religieuses dans le pays a paru dénoncer toute représailles violentes contre les caricatures.

« L’amour du prophète ne peut pas s’exprimer par le meurtre, le sabotage ou en répondant au mal par un autre mal », a commenté Mohamed Mokhtar Gomaa, qui s’adressait à des dizaines de fidèles dans une mosquée de la province de Daqahleya, dans le Delta.

Hussein al-Sheikh, un haut-responsable de l’Autorité palestinienne, a aussi condamné ces attentats, disant que « le meurtre d’innocents est interdit du point de vue de la religion, de la moralité et de l’humanité ».

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