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Des centaines de soutiens et d’opposants à Netanyahu s’affrontent à Petah Tikva

Trois personnes qui manifestaient contre le Premier ministre lors des rassemblements hebdomadaires devant l'habitation du procureur-général ont été arrêtées

Photo d'illustration : Manifestations à proximité du domicile du procureur-général Avichai Mandelblit à Petah Tikva le 17 août,; 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Photo d'illustration : Manifestations à proximité du domicile du procureur-général Avichai Mandelblit à Petah Tikva le 17 août,; 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Des centaines de manifestants et de contre-manifestants se sont rassemblés, samedi soir, aux abords du domicile du procureur-général Avichai Mandelblit. Les partisans du Premier ministre appelaient à abandonner les accusations criminelles lancées à son encontre, et leurs opposants réclamaient avec force son inculpation.

La police a fait savoir que trois manifestants de gauche avaient été arrêtés pour troubles à l’ordre public et agression à l’encontre des forces de l’ordre. Selon les personnes présentes lors de ces manifestations, des affrontements ont eu lieu lorsque la police a tenté d’empêcher des militants de sortir un panneau portant l’inscription « ministre du crime ».

Les manifestants anti-corruption de gauche organisent des rassemblements aux abords de l’habitation de Mandelblit depuis 2017, réclamant le départ de Netanyahu en raison des accusations de corruption dont il doit répondre.

Des mouvements en soutien au Premier ministre ont commencé à s’organiser depuis deux semaines.

Selon un reportage diffusé vendredi par la Douzième chaîne, Mandelblit se décidera à la mi-novembre s’il inculpe ou non Netanyahu dans les trois dossiers de corruption qui l’incriminent.

Les procureurs d’Etat et les avocats de Netanyahu ont terminé lundi quatre journées d’audience de pré-inculpation consacrées aux accusations de corruption en suspens impliquant le Premier ministre.

Netanyahu devra peut-être répondre de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 1000, l’Affaire 2000 et l’Affaire 4000. Dans l’Affaire 4000, il risque également une inculpation pour pots-de-vin.

Le procureur-général Avichai Mandelblit assiste à une cérémonie d’adieu pour la ministre de la Justice Ayelet Shaked, dans les bureaux du ministère de la Justice à Jérusalem, le 4 juin 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Selon la Douzième et la Treizième chaîne, des sources anonymes auraient fait savoir que certains, au sein de l’équipe de Mandelblit, seraient disposés à abandonner l’accusation la plus grave – celle pour pots-de-vin, dans l’Affaire 4000 – même si les deux chaînes ont souligné que l’ultime décision à ce sujet reviendrait à Mandelblit.

Le procureur-général avait publié les détails de son acte d’inculpation au mois de février dernier.

Selon la Douzième chaîne, les avocats de Netanyahu ne sont pas parvenus à présenter de nouveaux éléments dans les Affaires 1000 et 2000 mais dans l’Affaire 4000, l’équipe de défense du Premier ministre ont livré un « narratif alternatif » sur lequel Mandelblit se penche actuellement. Aucune précision n’a néanmoins été apportée.

Dans l’Affaire 4000, Netanyahu est soupçonné d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable sur le site d’informations Walla. En contrepartie, il aurait octroyé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars à Shaul Elovitch, alors patron du principal groupe de télécommunications israélien Bezeq et du site Walla.

Dans l’Affaire 1000, le Premier ministre est accusé d’avoir reçu pour plus de 700 000 shekels (environ 185 000 euros) de cadeaux de la part de richissimes personnalités, notamment du producteur Arnon Milchan et du milliardaire australien James Packer, en échange de faveurs financières ou personnelles.

Dans l’Affaire 2000, le Premier ministre est soupçonné d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable dans le plus grand quotidien payant d’Israël, le Yediot Aharonot.

Il aurait essayé de mettre en place un accord avec le patron du journal, Arnon Moses. En retour, M. Netanyahu aurait évoqué la possibilité de faire voter une loi qui aurait limité la diffusion d’Israel Hayom, quotidien gratuit et principal concurrent du Yediot.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 3 octobre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Des informations non-sourcées parues dans les médias ont fait savoir que Mandelblit avait déterminé, à l’issue des audiences, qu’aucune enquête supplémentaire n’était nécessaire concernant les accusations variées au vu des présentations faites par l’équipe chargée de la défense de Netanyahu.

Les journaux ont précisé que les avocats de Netanyahu avaient demandé de soumettre davantage de matériel pour compléter leurs présentations et que Mandelblit leur avait donné jusqu’à la fin de Souccot pour le faire.

Netanyahu, qui nie toute malversation, a répété – sans apporter de preuves – qu’il était la victime d’une chasse à l’homme menée par les médias, la gauche, la police et le procureur d’Etat qui chercheraient à le déchoir du pouvoir.

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