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La Cour suprême ordonne la remise du corps du garçon pour l’inhumation sans autopsie

Le garçon de 4 ans est mort hier, étranglé ; la Cour suprême a annulé une précédente décision, qui avait provoqué de violentes manifestations dans les quartiers ultra-orthodoxes

Un manifestant regardant des feux brûler lors d'une manifestation contre l'autopsie prévue d'un garçon de 4 ans, à Jérusalem, le 14 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un manifestant regardant des feux brûler lors d'une manifestation contre l'autopsie prévue d'un garçon de 4 ans, à Jérusalem, le 14 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Cour suprême a ordonné que la dépouille du garçon de 4 ans qui aurait été étranglé par son oncle soit remise à ses proches, afin d’être enterré sans autopsie, comme le demandait la famille lundi.

Une décision d’un tribunal inférieur, favorable à la demande d’autopsie prononcée par le procureur de l’État, a provoqué de violentes manifestations dans les quartiers ultra-orthodoxes du pays, dimanche soir et lundi matin.

Les parents de l’enfant, qui aurait été tué par son oncle au cours du week-end, ont demandé lundi à la Cour suprême d’annuler la décision du tribunal de première instance de Jérusalem, estimant que l’autopsie constituait une profanation du corps de leur fils, en violation de la loi juive, ou halakha.

La famille était représentée par le service d’intervention d’urgence ultra-orthodoxe ZAKA, qui s’occupe des questions religieuses entourant la mort et les dépouilles.

« Après avoir entendu les revendications des deux parties, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il convenait d’accéder à cette requête », a statué le tribunal.

Les obsèques devraient avoir lieu plus tard dans la journée de lundi, a déclaré ZAKA.

La décision initiale en faveur d’une autopsie avait provoqué des émeutes dans les quartiers ultra-orthodoxes d’Israel, et les principaux rabbins avaient publié une déclaration appelant à des manifestations contre la « décision prédatrice » du tribunal de première instance de Jérusalem de « profaner le défunt ».

Un policier en faction devant un immeuble de Ramot, le 13 août 2022, après l’information qu’un jeune garçon avait été retrouvé avec des marques de strangulation. Le garçonnet est décédé le lendemain. (Crédit : Police israélienne)

Des manifestants ultra-orthodoxes avaient organisé des manifestations à Jérusalem, Beit Shemesh et Bnei Brak dimanche soir contre la décision de l’État visant à effectuer une autopsie sur le corps du jeune garçon.

Selon la police, des centaines de manifestants ultra-orthodoxes s’étaient rassemblés sur la place Shabbat et sur la route Bar Ilan à Jérusalem, ainsi que dans la rue Nahar Yarden à Beit Shemesh. Une manifestation de moindre ampleur a eu lieu à Bnei Brak, dimanche.

La police a fait état d’affrontements et d’émeutes dans ces trois endroits, affirmant que « des centaines d’émeutiers bloquaient les routes, lançaient des pierres et mettaient le feu à des poubelles ».

Dans une déclaration faite tard dans la journée de dimanche, la police a indiqué qu’au moins cinq personnes avaient été arrêtées et que des agents s’étaient efforcés de disperser les manifestations. Sur des photos prises à Jérusalem, on peut voir des manifestants être aspergés par un canon à eau de la police.

La police utilisant un canon à eau pour disperser une manifestation de membres de la communauté ultra-orthodoxe qui ont bloqué une route de la capitale pour protester contre l’autopsie prévue d’un garçon de 4 ans, à Jérusalem, le 14 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La tradition juive s’oppose généralement aux autopsies au motif que le corps est sacré et ne doit pas être abîmé après le décès.

Des exceptions sont souvent faites en cas de meurtre ou d’homicide involontaire et les tribunaux ont dû, dans certains cas, passer outre les souhaits des familles.

Des manifestants ultra-orthodoxes avaient appelé à descendre dans les rues de Jérusalem, Beit Shemesh, Modiin Illit, Bnei Brak et Safed, dimanche, pour s’opposer à l’autopsie prévue.

Cette décision avait été prise après qu’un tribunal de Jérusalem a accepté la demande de la police et des procureurs de procéder à l’autopsie du corps du jeune garçon décédé dimanche matin à l’hôpital.

Dans une déclaration faite après le décès de l’enfant dimanche, le centre hospitalier Shaare Zedek a déclaré que « le personnel des urgences et de l’unité de soins intensifs pédiatriques s’étaient battus pendant des heures pour lui sauver la vie, mais malheureusement nous devons prononcer le décès de l’enfant ».

Des ultra-orthodoxes manifestant contre l’autopsie prévue sur le corps d’un garçon de 4 ans qui aurait été étranglé à mort par un membre de sa famille dans le quartier de Ramot à Jérusalem, le 14 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La famille de la victime a fait appel de la décision et une audience a eu lieu lundi matin, comme l’indiquait la Douzième chaîne.

Citant les premières conclusions de l’enquête, la police a déclaré que le jeune garçon n’avait pas répondu aux différents appels des membres de sa famille. Le père a été rappelé de la synagogue ; c’est alors que la famille a remarqué que la porte du suspect était fermée à clef et qu’elle a fait irruption dans sa chambre. C’est là qu’ils ont trouvé le garçon inconscient gisant sur le sol, selon la police.

La police a inculpé l’oncle du jeune garçon, et traite cette affaire comme une tentative de meurtre présumée.

Ash Obel a contribué à cet article.

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