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Des chercheurs israéliens modifient le cerveau pour provoquer des maladies

Après avoir rendu des souris malades en utilisant leurs neurones, des chercheurs du Technion pensent avoir jeté les bases d'un traitement cérébral de l'inflammation chez l'homme

Image d'illustration : neurones dans le cerveau humain (iStock via Getty Images)
Image d'illustration : neurones dans le cerveau humain (iStock via Getty Images)

Des scientifiques israéliens affirment avoir observé exactement comment le cerveau peut rendre le corps malade – et pensent que des modifications du comportement de la matière grise pourraient mettre fin aux inflammations de l’intestin, du côlon et d’autres organes.

Les chercheurs du Technion ont activé certaines combinaisons de neurones chez des souris en bonne santé, qui ne présentaient aucun problème physique, et ont observé l’apparition soudaine d’une inflammation. Cela illustre le pouvoir du cerveau de déclencher une maladie physique et montre comment cela se produit, disent-ils.

L’expérience, qui a impliqué des dizaines de souris, suggère qu’au moins certaines maladies psychosomatiques sont causées par le cerveau qui « rejoue » un épisode de maladie physique à l’organisme.

Les scientifiques du Technion, travaillant en collaboration avec des chercheurs de l’université de Haïfa et de l’hôpital EMMS de Nazareth, ont provoqué une inflammation chez des souris, certaines dans le côlon et d’autres dans l’abdomen, ont surveillé leur activité neuronale, puis ont attendu qu’elles se rétablissent. Ils ont ensuite provoqué une nouvelle inflammation au même endroit, en activant simplement la même combinaison de neurones que celle observée lors de l’inflammation initiale.

« Cela suggère que le cerveau stocke une sorte de représentation des conditions inflammatoires que connaissent les souris et qu’il a un moyen de provoquer la même inflammation », a déclaré au Times of Israel la professeure Asya Rolls, le psycho-neuro-immunologue qui a dirigé l’étude. « Bien qu’il y ait un fossé entre les expériences sur les souris et la compréhension des humains, cela ouvre une nouvelle ligne d’investigation pour les maladies psychosomatiques chez les humains ».

« J’ai été surprise de voir l’effet aussi clairement, l’inflammation commençant peu après l’activation des neurones, même s’il n’y avait pas d’agent pathogène ou d’autre déclencheur physique », a déclaré Rolls.

Selon elle, cette recherche, qui vient d’être examinée par des pairs et publiée dans la revue Cell, est l’un des aperçus les plus clairs à ce jour sur les maladies psychosomatiques, et l’un des plus prometteurs.

Un cerveau de souris avec les mêmes neurones que ceux qui ont provoqué l’inflammation du côlon, dans un laboratoire du Technion (avec l’aimable autorisation du Technion-Israel Institute of Technology).

Les chercheurs espèrent que si le cerveau a le pouvoir de déclencher une inflammation, alors la suppression de l’activité cérébrale qui le fait peut aider à combattre l’inflammation.

Lorsque la recherche passera des souris aux humains, elle pourrait ouvrir la voie à la compréhension des éléments potentiellement psychosomatiques du syndrome du côlon irritable et de certaines allergies.

Une telle approche du traitement pourrait réduire la dépendance aux immunosuppresseurs, a déclaré Rolls.

Image d’illustration : le système digestif humain avec inflammation (wildpixel via iStock by Getty Images)

« Dans de nombreuses conditions inflammatoires, nous utilisons des médicaments immunosuppresseurs, qui aident en réduisant la fonction du système immunitaire », a-t-elle commenté. « Mais ils rendent le patient plus vulnérable à d’autres pathologies en raison de la baisse de ses défenses ».

« Si nous découvrons que, pour toute une série de maladies, nous pouvons réduire la nécessité d’affaiblir le système immunitaire et, au lieu de cela, supprimer l’activité inflammatoire dans le cerveau, cela pourrait constituer une grande avancée. »

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