Des députés exhortent le président à gracier un homme qui a tué son violeur
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Des députés exhortent le président à gracier un homme qui a tué son violeur

Notant son absence de casier judiciaire et son statut de victime, au moins 65 élus demandent la libération de Yonatan Hilo, après que la Cour suprême a reduit sa peine

Yonatan Hilo fait appel de sa peine de 20 ans pour assassinat à la Cour suprême à Jérusalem le 1er décembre 2014. (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)
Yonatan Hilo fait appel de sa peine de 20 ans pour assassinat à la Cour suprême à Jérusalem le 1er décembre 2014. (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Plus de la moitié des députés de la Knesset ont signé mardi une lettre au président Reuven Rivlin lui demandant de gracier un tueur condamné qui purge une peine d’emprisonnement de 12 ans pour avoir tué l’homme qui l’avait violé et avait abusé de lui.

La lettre, rédigée par le vice-président de la Knesset Yoel Hasson (Union sioniste), note que Yonatan Hilo, un jeune homme d’origine éthiopienne, n’a pas de casier judiciaire et est une victime.

Mardi après-midi, au moins 65 députés de tous bords avaient signé la lettre, selon le site Walla News. Aucun ministre ne figurait parmi les signataires.

Hilo avait tué Yaron Ayalon en 2010 après que ce dernier l’ait à plusieurs reprises violé, volé et fait chanter pendant plusieurs mois.

La Cour suprême a transformé le 31 mai dernier la condamnation pour assassinat de Hilo, le déclarant coupable d’homicide et a réduit sa peine de prison de 20 à 12 ans.

« Hilo avait été exposé à la violence verbale, physique et mentale d’une brute de quartier », lit-on dans la lettre des députés, rapporte Walla.

En décembre 2014, le tribunal de district de Lod, tout en reconnaissant Hilo victime de viol, avait rejeté son allégation de légitime défense au motif qu’il ne s’était pas plaint à la police pour les agressions et que plusieurs semaines s’étaient écoulées entre la dernière agression et le meurtre d’Ayalon.

Mais dans sa réponse au recours de Hilo à la fin mai, la Cour suprême a reconnu les « railleries continues » dont Hilo avait souffert « pendant une longue période de mauvais traitements de la part du défunt envers l’appelant, qui comprenaient une série d’incidents violents, de menaces de violence, notamment des menaces sur la vie de l’appelant, des extorsions financières et des abus sexuels, dont deux actes de sodomie ».

La Cour suprême israélienne à Jérusalem (Crédit : Flash90)
La Cour suprême israélienne à Jérusalem (Crédit : Flash90)

Dans leur verdict, les juges ont écrit que ce fut « l’un des cas dans lesquels la loi ne parvient pas à englober toute la complexité de la vie et de la souffrance humaine ».

L’examen de la détresse d’un individu devait être mis en balance avec le devoir de la société pour la justice, ont écrit les juges. Ils ont ajouté que la nécessité de protéger le caractère sacré de la vie pour tous, y compris ceux qui ont commis des crimes, aurait dû être prise en considération aux côtés de la crainte de légitimer l’autorité d’un individu à rendre la justice et se venger.

L’avocat de Hilo, Alon Eisenburg a déclaré en mai à la radio publique que son client aurait dû être complètement lavé de tout crime.

Ayalon, un criminel condamné, avait tenu des propos à Hilo au cours d’une célébration de Lag Baomer en 2010 suggérant qu’il avait l’intention de le violer à nouveau, selon les compte rendus sur l’incident. Plus tard dans la soirée, quand Ayalon était allé à uriner dans une allée et avait le dos tourné, Hilo lui avait sauté dessus par derrière, l’avait étranglé et avait frappé son corps avec une pierre.

Hilo s’est rendu à la police le lendemain et a dit qu’il n’avait pas l’intention de tuer Ayalon, mais seulement de lui donner une leçon.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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