Israël en guerre - Jour 196

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Des descendants de victimes de la Shoah se retrouvent au camp du Struthof

La quinzaine de personnes rassemblées descendent de quelques-unes des 86 victimes dont les squelettes devaient constituer une "collection" pour les nazis

Sur cette photo d'archives prise le 16 avril 2015, une vue générale de l'entrée du seul camp de la mort nazi sur le sol français, le camp de concentration du Struthof de la Seconde Guerre mondiale, à Natzwiller, dans l'est de la France. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 16 avril 2015, une vue générale de l'entrée du seul camp de la mort nazi sur le sol français, le camp de concentration du Struthof de la Seconde Guerre mondiale, à Natzwiller, dans l'est de la France. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

Hans Joachim Lang, historien allemand, est celui qui est parvenu à identifier les 86 Juifs gazés en 1943 au camp du Struthof de Natzwiller, dans le Bas-Rhin, qui ont ensuite été transférés dans les sous-sols de l’institut d’anatomie de la Reichsuniversität Strassburg (université du Reich de Strasbourg).

Pour la première fois, une quinzaine de descendants des victimes, venus des États-Unis, d’Israël et de Suisse notamment, se sont retrouvés ce mois-ci à Strasbourg pour rencontrer l’historien, a rapporté France 3 Régions. Ils ont ensuite visité le camp du Struthof.

Hans Joachim Lang avait publié un ouvrage, Des noms derrière des numéros, sur son travail de recherches en 2018, aux Presses universitaires de Strasbourg. Deux documentaires, « Au nom de la science et de la race – Strasbourg 1941-1944 » et « Le nom des 86 », sont sortis en 2013 et 2014 à ce sujet.

Les nazis avaient prévu, avec les corps de ces 29 femmes et 57 hommes, tous Juifs ou d’origine juive, de constituer une collection de squelettes juifs afin d’étayer leurs thèses raciales. Le commanditaire de ces meurtres était le professeur d’anatomie allemand August Hirt, de l’institut de recherche de l’Ahnenerbe. Si les corps ont été conservés pendant deux ans, cette collection macabre n’a jamais vu le jour. Ils ont finalement été inhumés à la libération au cimetière israélite de Strasbourg Cronenbourg.

« D’abord, je voulais comprendre le crime », a expliqué Hans Joachim Lang à France 3 Régions. « Et après, j’ai voulu comprendre qui étaient les victimes de ce crime. Je ne voulais pas que ces personnes soient réduites au rôle de victime : j’ai voulu savoir qui était leurs familles, quelle était leur vie de tous les jours. En faisant tout ce travail, j’ai appris des choses sur la vie des Juifs et sur la société à l’époque. »

Plaque de commémorations de 86 victimes juives assassinées dont August Hirt avait disséqué les corps en 1943, située à l’Institut d’anatomie de Strasbourg. (Crédit : Claude Truong-Ngoc/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Les matricules des déportés avaient été enlevés, pour anonymiser les corps.

Une plaque leur rendant hommage se trouve à l’Institut d’anatomie de Strasbourg (ci-dessus).

De mai 1941 à avril 1945, quelque 52 000 déportés de 11 à 78 ans venus de toute l’Europe ont été internés au Struthof et dans sa nébuleuse de camps annexes, regroupés de part et d’autre du Rhin sous le nom de Konzentrationslager-Natzweiler. Près de 22 000 n’en sont jamais revenus. Il s’agissait du seul camp de concentration nazi en territoire français.

Destiné à fournir au Reich une main d’œuvre d’esclaves, le KL-Natzweiler concentrait avant tout des prisonniers de guerre, des opposants politiques allemands et des résistants des pays occupés, ces « Nuit et Brouillard » voués à disparaître sans laisser de trace. Mais il comptait aussi des déportés raciaux (juifs, tziganes), des homosexuels et des Témoins de Jehovah.

La plupart sont morts d’épuisement, de traitements inhumains ou de faim, d’autres, comme les 86, ont été victimes de sinistres expérimentations pseudo-médicales. Le camp a aussi servi de lieu d’exécution de résistants.

Ce taux de mortalité de 40 % le place « parmi les plus meurtriers du système nazi, hors camp d’extermination bien sûr, à égalité avec Bergen-Belsen et Sachsenhausen, beaucoup plus que Buchenwald et Dachau », selon l’historien Robert Steegmann, auteur d’un ouvrage de référence sur le KL-Natzweiler.

Des hommes et des femmes de plus de 30 nationalités ont souffert au Struthof, dont l’écrivain slovène Boris Pahor. Moyenne d’âge : 20 ans, selon les archives.

Plusieurs centaines de déportés y ont servi de cobayes humains pour des expérimentations sur les gaz de combat et le typhus.

Quelque 107 membres du réseau de résistance français Alliance y ont été abattus et incinérés dans le four crématoire encore visible, dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944.

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