Des descendants d’une femme serbe qui a sauvé des Juifs priés de quitter Israël
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Des descendants d’une femme serbe qui a sauvé des Juifs priés de quitter Israël

Ana Dudas, dont les grands-parents sont Justes parmi les nations, a été informée qu'elle pouvait rester dans le pays si son mari et ses deux filles les plus jeunes partaient

Ana Dudas (à droite) et deux de ses filles dans une interview avec la chaine Kan, diffusée le 26 septembre 2018. (Capture d'écran : YouTube)
Ana Dudas (à droite) et deux de ses filles dans une interview avec la chaine Kan, diffusée le 26 septembre 2018. (Capture d'écran : YouTube)

Les autorités israéliennes d’immigration ont révoqué le statut de résidentes temporaires de deux arrière-petites-filles d’une Serbe qui a sauvé des Juifs pendant la Shoah.

Le ministère de l’Intérieur a envoyé une lettre au début du mois afin d’expliquer sa décision à Ana Dudas – la petite-fille de la défunte femme –, qui a immigré en Israël avec son mari et ses trois filles en 2011, a rapporté mercredi le radiodiffuseur Kan.

Selon la loi israélienne, l’État juif peut naturaliser ceux qu’il considère comme Justes parmi les nations – le titre israélien pour les non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver les Juifs de la Shoah – et leurs descendants jusqu’à trois générations.

Dudas, qui porte le nom de sa grand-mère décédée, a immigré avec sa famille en Israël sur cette base, selon le reportage. Elle a été acceptée comme candidate à la naturalisation et son mari et ses trois filles ont obtenu une résidence temporaire en raison de ce statut. Mais le ministère a informé Dudas que certains permis de séjour ne seraient pas prolongés, a indiqué Kan.

La fille aînée de Dudas a épousé un citoyen israélien et a eu un enfant avec lui. Elle est donc éligible à la citoyenneté israélienne, indépendamment du statut de sa mère. Mais selon le reportage, la demande de Dudas pour l’obtention de la citoyenneté et de son permis de séjour dépend du départ de ses deux plus jeunes filles et de son mari. Leurs permis de séjour ne seront pas prolongés.

« Alors, qui j’abandonne ? Une mère n’abandonne pas ses petites filles, mais cela signifie-t-il que je dois mettre de côté mon aînée ? », a demandé Dudas en larmes lors d’une interview en hébreu avec Kan. « C’est extrêmement difficile. »

Palo et Ana Dudas, les grands-parents d’Ana Dudas, vivaient dans le village de Lug, près de la frontière entre la Croatie et la Serbie. Lorsque tous les Juifs ont reçu l’ordre de s’enregistrer et de remettre leurs biens, Palo et Ana Dudas ont offert refuge à la famille Deutsch, des marchands juifs, et les ont cachés dans des cabanes dans leurs champs. Afin de camoufler les identités des Juifs, la famille Dudas a habillé les Deutsch de vêtements paysans slovaques et les a fait travailler dans les champs. Leur fille de 8 ans, Katarina, apportait de la nourriture à la famille chaque jour.

Un certificat reconnaissant Palo et Ana Dudas comme Justes parmi les nations. (Capture d’écran : YouTube)

« Le risque pris par la famille Dudas était grand, car la majorité des résidents locaux appuyaient les Oustachis », a écrit le musée du mémorial de Yad Vashem, qui a reconnu l’héroïsme du couple en 1995.

Lors de l’interview, Dudas a demandé aux autorités de prolonger le permis de séjour de ses plus jeunes filles pour « juste quelques années », jusqu’à leurs 18 ans.

Invité à réagir, le ministère de l’Intérieur a déclaré à Kan : « La procédure concernant les Justes parmi les nations permet à leurs enfants et petits-enfants de rester et de travailler en Israël pour une période déterminée. Lorsque la demande [de séjour] est faite, ces règles sont communiquées aux demandeurs. Ana a le droit de prolonger son permis de séjour conformément à la procédure. »

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