Israël en guerre - Jour 199

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Des dessins de Cabu de la rafle du Vel d’Hiv exposés au Chambon-sur-Lignon

Le Mémorial de la Shoah avait déjà présenté ces dessins l’an dernier à Paris à l’occasion de la commémoration des 80 ans de la rafle du Vel d’Hiv

Après une présentation à Paris en 2022 à l’occasion de la commémoration des 80 ans de la rafle du Vel d’Hiv, le Mémorial de la Shoah expose du 22 juin au 30 septembre 2023 au Chambon-sur-Lignon les dessins de presse de Cabu réalisés en 1967.

« Ces seize dessins inédits illustrant la rafle du Vélodrome d’Hiver de 1942 sont là pour l’Histoire. Il faut qu’ils soient vus par le plus grand nombre, pour que les gens comprennent ce qu’a été la rafle du Vel d’Hiv dont nous ne possédons qu’une seule photographie aujourd’hui. La grande force du trait de Cabu c’est de réussir, en un coup d’oeil, à transmettre l’horreur de cette tragédie », expliquent Laurent Joly, directeur de recherche au CNRS, et Véronique Cabut, veuve de l’illustrateur de presse, détentrice des droits de reproduction et d’exploitation de ses dessins.

Le talent du dessinateur permet ainsi de se replonger dans l’un des événements les plus sombres de l’histoire de France.

Le célèbre dessinateur – assassiné lors de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 – avait 29 ans quand le journal Le Nouveau Candide lui a demandé d’illustrer cette « opération policière », au cours de laquelle 12 884 Juifs ont été arrêtés entre le 16 et 17 juillet 1942 pour être conduits et exterminés à Auschwitz.

« En faisant ces illustrations, il fera des cauchemars et il en restera marqué pour toute sa vie, comme pour son service militaire de 24 mois pendant la guerre d’Algérie », raconte Véronique Cabut.

En 1967, l’opinion publique française prend conscience pour la première fois de l’implication du gouvernement de Vichy et du rôle de la police française dans cette rafle grâce au livre choc de deux anciens résistants communistes, Claude Lévy et Paul Tillard.

« Cabu a ressenti cette révélation, comme les autres Français (…) Il se substitue aux photos, on voit les victimes, les forces de l’ordre », a expliqué l’historien Laurent Joly, commissaire scientifique de l’exposition et auteur d’un livre l’an dernier sur la rafle. Les dessins en noir et blanc donnent à voir le ressenti des Juifs face à leurs bourreaux : sur l’un d’eux, un homme portant l’étoile jaune marche seul dans une rue au bout de laquelle cinq agents lui barrent le passage.

Une planche de Cabu illustrant la rafle du Vel d’Hiv, publiée pour la première fois dans « Le Nouveau Candide » en 1967. (Crédit : Véronique Cabut)

Sur un autre, une famille juive s’échappe par les toits, tandis qu’à l’étage en dessous, on voit les équipes d’arrestation tambouriner à leur porte. Une image qui correspond à la réalité, souligne Laurent Joly : la majorité des victimes n’ont pas attendu sagement chez elles que l’on vienne les arrêter. La plupart du temps – plus de deux fois sur trois – les policiers ont trouvé portes closes.

Sur un troisième, un autobus plein à craquer et gardé par des policiers transporte hommes, femmes, enfants vers le Vel d’Hiv. La seule photo connue de cette rafle, interdite de publication par la censure allemande, montre justement les autobus et véhicules de police ayant servi à transporter les Juifs.

Selon Laurent Joly, les Allemands ont senti que l’opinion française n’adhérait pas à cette opération, « il n’y a pas un mot dans le journal de l’époque ». « Peu de gens avaient des appareils photo alors et ils avaient peur », ce qui explique l’absence de clichés, dit-il.

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