Des dollars panaméens financent des implantations en Cisjordanie, selon Haaretz
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Des dollars panaméens financent des implantations en Cisjordanie, selon Haaretz

La piste de l’argent d’une association montrerait que des groupes déversent des millions pour la construction des implantations

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

L'implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L'implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un magnat argentin serait responsable d’un pipeline secret transférant des millions de dollars à une organisation construisant des implantations en Cisjordanie.

L’association à but non lucratif enregistrée en Israël « Le Fonds pour nourrir l’idée sioniste » (FNZI) a ces dernières années reçu de l’argent d’une compagnie enregistrée au Panama, qui a ensuite été transféré à Amana, le mouvement de construction des implantations en Cisjordanie, a annoncé Haaretz dimanche.

Le FNZI est contrôlé par Zeev Hever, qui est aussi le secrétaire général d’Amana. Le groupe a été contrôlé par le registre israélien des associations du ministère de la Justice en octobre 2014, mais aucune action n’avait été entreprise à son encontre.

Diego Adolfo Marynberg, 41 ans, homme d’affaires juif d’origine argentine qui vit à présent à New York, contrôle une compagnie panaméenne, Fundacion Adar, qui a dirigé des dizaines de millions de shekels vers le FNZI, selon l’article.

En 2012, Fundacion Adar a donné 6,5 millions de shekels (1,5 million d’euros) au FNZI et en 2013, 8,5 millions de shekels (2 millions d’euros) supplémentaires. En 2014, ce chiffre était monté à 31,8 millions de shekels (7,6 millions d’euros).

Zeev Hever, secrétaire général d'Amana, le mouvement de construction des implantations en Cisjordanie, le 13 août 2013. (Crédit : Flash90)
Zeev Hever, secrétaire général d’Amana, le mouvement de construction des implantations en Cisjordanie, le 13 août 2013. (Crédit : Flash90)

En 2013 – 2014, FNZI, qui a contribué au financement de nombreux projets de construction à Jérusalem Est et en Cisjordanie, aurait donné 40 millions de shekels (9,5 millions d’euros) à Amana et à des institutions associées.

Cependant, les transferts d’argent ne faisaient pas partie d’un rapport financier de FNZI adressé au registre pour l’année 2013. En tant qu’association, FNZI ne peut transférer de l’argent qu’à d’autres institutions à but non lucratif, ce que n’est pas Amana. La position dirigeante de Hever à la fois au FNZI et au sein d’Amana pourrait aussi empêcher le transfert d’argent entre les deux organisations.

Bien que Hever a déclaré que les transferts d’argent étaient des prêts, Haaretz a annoncé que seuls 14 millions de shekels avaient été rendus.

En réponse à l’article, Amana a démenti toutes malversations ou activités financières inappropriées.

« Amana et le Fonds pour nourrir l’idée sioniste ont agi, et agissent toujours, en accord avec la loi et les instructions des autorités, a déclaré l’association dans un communiqué. Malheureusement, l’orientation des faits sur lesquels est basée l’enquête de Haaretz est fausse et déformée. »

« Depuis le début de l’année, il y a eu une rupture complète des relations entre le Fonds pour nourrir l’idée sioniste et le mouvement Amana, dont une rupture des relations entre les personnes dirigeant les deux entités », a noté Amana.

Le registre des associations a déclaré avoir « demandé un grand nombre de documents et de supports écrits » à FNZI. Après avoir examiné le matériel, il a décidé « d’ouvrir un audit en profondeur supplémentaire en ce qui concerne l’association. »

Il a ajouté qu’ « aucune base n’avait été trouvée pour des possibilités de délits fiscaux, et, par conséquent, aucune base n’avait été trouvée pour transmettre l’information aux autorités fiscales. »

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