Vaccins: crainte d’une efficacité moindre face au variant Delta – expert
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Vaccins: crainte d’une efficacité moindre face au variant Delta – expert

Les chiffres indiquent que le vaccin protégerait contre les formes graves du variant, mais moins contre les contaminations ; le nombre des hospitalisations reste bas

Une adolescente israélienne se fait vacciner contre le coronavirus dans un centre de la municipalité de Tel Aviv et du Magen David Adom, à Tel Aviv, le 4 juillet 2021. (Crédit :  Tomer Neuberg/Flash90)
Une adolescente israélienne se fait vacciner contre le coronavirus dans un centre de la municipalité de Tel Aviv et du Magen David Adom, à Tel Aviv, le 4 juillet 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le vaccin contre la COVID qui a été développé par Pfizer-BioNTech semble largement prévenir les cas graves de coronavirus et les hospitalisations susceptibles d’en résulter. Il serait toutefois beaucoup moins efficace contre la propagation du variant Delta.

Le rebond des contaminations en Israël, où plus de la moitié de la population est entièrement vaccinée avec Pfizer/BioNTech, constitue un « signe préliminaire » d’une efficacité vaccinale potentiellement moindre sur les « cas modérés » du variant Delta, a estimé lundi un expert.

Alors que la situation épidémique en Israël est étroitement suivie à l’international en raison de la précocité de la campagne de vaccination, Ran Balicer, chef du comité national d’experts, a toutefois appelé à la prudence, estimant qu’il était « trop tôt pour évaluer précisément » cette efficacité.

Selon des chiffres officiels, environ la moitié des nouveaux cas sont recensés parmi des enfants et l’autre moitié chez des adultes pour la plupart vaccinés.

Ce rebond est clairement imputé au très contagieux variant Delta, devenu « la souche principale » du virus en Israël, conduisant à « un changement considérable dans la dynamique de transmission », a déclaré à l’AFP Ran Balicer, également directeur des innovations chez Clalit, principal assureur santé israélien.

« Il existe un signe préliminaire d’une efficacité moindre du vaccin face aux cas modérés » liés à ce variant, par rapport au variant Alpha, a-t-il ajouté. « Mais il est trop tôt et difficile de déterminer à quel point. »

Les experts continuent d’espérer que le vaccin est aussi efficace contre le variant Delta que pour la souche Alpha, d’abord détectée au Royaume Uni, en ce qui concerne les cas sévères de la maladie, a encore souligné M. Balicer.

En Israël, seules 35 personnes sont actuellement atteintes d’une forme sévère, d’après les derniers chiffres officiels.

Mais, selon l’expert, ce nombre augmente ces derniers jours de cinq toutes les 48 heures, contre un précédemment.

Les nouveaux chiffres transmis par le ministère de la Santé et qui ont été rapportés par le site d’information Ynet indiquent qu’au cours du dernier mois, le vaccin – qui a été utilisé pour la quasi-totalité des Israéliens qui ont été immunisés – n’est qu’à 64 % efficace pour empêcher l’infection à la COVID-19 transmise par cette mutation du virus. Les données montreraient qu’au mois de mai, quand le variant était moins présent sur le territoire, le vaccin était à 94,3 % efficace.

Selon Ynet, les chiffres ont été présentés dimanche dans la soirée lors de la rencontre d’une équipe d’experts chargée de conseiller le gouvernement sur sa gestion de la pandémie.

Par ailleurs, une étude réalisée par des chercheurs de l’université Hébraïque et de l’hôpital universitaire Hadassah a indiqué que le vaccin Pfizer est à entre 60 % et 80 % efficace contre l’infection entraînée par le variant Delta.

Cette souche – qui serait deux fois plus contagieuse que la souche originale – serait à l’origine de 90% des nouveaux cas au sein de l’État juif depuis deux semaines.

Depuis le 21 juin, Israël enregistre plus de 100 nouveaux cas par jour, après n’en avoir recensé quotidiennement qu’une poignée pendant des semaines. Dimanche, 343 nouvelles personnes contaminées ont été identifiées.

Les données du ministère indiquent toutefois que le vaccin a une efficacité considérable contre les symptômes graves et les hospitalisations. Au mois de mai, ce chiffre était à 98,2 %, a noté Ynet, et il s’est élevé à 93 % au mois de juin.

Mais les chercheurs de l’université hébraïque ont averti qu’il était trop tôt pour évaluer pleinement l’efficacité du vaccin dans la prévention des hospitalisations.

« Il n’y a actuellement pas suffisamment de données pour prédire comment la vague actuelle d’infections s’exprimera en termes de cas graves parce que nous n’avons pas le recul nécessaire concernant la morbidité – il faut environ dix jours », ont écrit les chercheurs.

Ils ont ajouté que si le nombre de cas graves devait probablement augmenter dans les prochaines semaines, des données recueillies à Singapour et au Royaume-Uni laissent penser clairement que le vaccin Pfizer empêche l’apparition de complications de la maladie.

Un jeune Israélien se fait vacciner contre la COVID-19 par une dose de vaccin Pfizer-BioNTech à Rishon LeZion le 6 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Les chercheurs ont vivement recommandé au gouvernement d’adopter des mesures immédiates pour mettre un terme à la hausse des cas actuelle – en renforçant notamment l’obligation du port du masque dans les espaces clos, en augmentant le taux de vaccination dans le pays et en remettant en place le système du « Passeport vert » qui réserve l’accès à certains lieux et événements aux seuls Israéliens qui ont été vaccinés ou en rémission de la maladie.

Les stocks israéliens de vaccin Pfizer arrivent à expiration à la fin du mois de juillet et le gouvernement travaille actuellement sur plusieurs approches permettant de gérer cette situation. Le bureau du Premier ministre a fait savoir, dimanche, que le chef du gouvernement Naftali Bennett s’était entretenu à plusieurs reprises avec le directeur-général de Pfizer, Albert Bourla, pour avancer la date de la prochaine livraison, et qu’il envisageait également d’échanger avec un autre pays les doses sur le point d’expirer contre d’autres dont la livraison serait prévue ultérieurement. Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz a fait savoir, dimanche soir, que le pays était en négociations avancées avec un autre État intéressé par un tel échange.

La Radio militaire a annoncé, lundi matin, qu’Israël devrait commencer à utiliser ses stocks de vaccin Moderna lorsque les fioles de vaccin Pfizer expireront, et seulement pour les citoyens de plus de 18 ans. Le pays envisage aussi de donner une seconde dose de vaccin Moderna à des personnes ayant reçu une première dose de Pfizer, un cocktail qui est déjà administré en Espagne et en Allemagne.

A cette fin, selon la Radio militaire, Israël a demandé à Pfizer de reporter sa décision finale sur l’achat d’un million de doses supplémentaires auprès de la firme pharmaceutique. Cette dernière a accepté la requête.

Le cabinet du coronavirus doit se rencontrer mardi soir pour réfléchir à l’imposition d’une nouvelle série de restrictions dans ce contexte d’augmentation des nouveaux cas. Parmi les initiatives qui pourraient être prises, de nouvelles limitations dans le cadre des grands rassemblements, le retour du Passeport vert et la nécessité, pour les parents vaccinés d’un enfant positif à la COVID-19, de se placer à l’isolement jusqu’à obtention d’un test de dépistage négatif.

Lundi, il y avait 2 597 cas actifs de coronavirus dans le pays. 343 personnes ont été testées positives à la COVID-19 dans la journée de dimanche.

68 Israéliens sont actuellement hospitalisés pour des complications du coronavirus et 35 sont dans un état grave. 22 personnes seulement étaient dans un état grave il y a sept jours.

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