Des électeurs de Jérusalem interrogés sur les élections
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Des électeurs de Jérusalem interrogés sur les élections

Si certains Israéliens sont avides de changement, d'autres estiment que miser sur un autre candidat que Benjamin Netanyahu reviendrait à prendre un "risque"

Une Israélienne vote à Tel Aviv, le 17 septembre 2019. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)
Une Israélienne vote à Tel Aviv, le 17 septembre 2019. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

« Je suis de droite, mais les choses doivent changer » : son chien a beau se nommer « Bibi » et son cœur pencher à droite, Gruny Tzvin a opté mardi pour le « changement » et le centriste Benny Gantz aux élections législatives en Israël.

D’autres électeurs estiment en revanche que miser sur un autre candidat que « Bibi », ainsi qu’est surnommé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, reviendrait à prendre un « risque ».

Gruny Tzvin, une Israélo-américaine de 37 ans, était l’une des premières à se présenter mardi à l’ouverture des bureaux de vote à Jérusalem, ville plus à droite et religieuse que son homologue côtière Tel-Aviv.

La femme qui se souvient avoir voté il y a quelques années pour le Likud de Benjamin Netanyahu a depuis changé son fusil d’épaule. Elle regrette désormais d’avoir baptisé son chien « Bibi », qu’elle accuse aujourd’hui d’être un « dictateur ».

« Frustrés »

« ‘Bibi’ doit partir. Le temps du changement est arrivé », indique cette enseignante qui reproche entre autres à Benjamin Netanyahu d’avoir provoqué de nouvelles élections après le scrutin d’avril qui n’avait pas désigné de vainqueur.

Le président Reuven Rivlin avait alors mandaté M. Netanyahu, au pouvoir sans discontinuer depuis 2009, pour former une coalition gouvernementale. Mais incapable d’y parvenir, le Premier ministre avait opté pour de nouvelles élections plutôt que de donner la chance à son rival Benny Gantz de former, lui, une coalition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (Crédit : Oded Balilty et JACK GUEZ / AFP)

« Les gens sont frustrés. Notre pays n’a pas tant d’argent et des élections coûtent chères », ajoute Mme Tzvin. « Je peux vous dire que je ne connais aucun enseignant qui n’a pas un deuxième boulot pour joindre les deux bouts », dit-elle.

La question de la hausse du coût de la vie n’a absolument pas été centrale dans ces élections dominées par le thème sécuritaire, la place de la religion dans l’Etat et les personnalités des deux grands rivaux, Benjamin Netanyahu et l’ex-chef de l’armée Benny Gantz, à la tête du parti centriste Kahol Lavan.

A contrario de Mme Tzvin, Simcha Davison, soutient mordicus le Likud. « ‘Bibi’ a fait un travail énorme pour Israël, en protégeant le pays de ses ennemis, et en faisant d’Israël un endroit sûr pour vivre », dit-il à la sortie du même bureau de vote dans le centre de Jérusalem.

Idem ou presque pour Ariel Iluz, 31 ans, rencontré dans un autre bureau de vote de Jérusalem. « Je ne préfère pas prendre le risque », de voter pour quelqu’un d’autre que M. Netanyahu, confie ce sympathisant du Likud.

« L’identité » en jeu

Le scrutin témoigne aussi de divisions profondes au sein d’une société qui voit émerger deux grands blocs pour diriger le pays, une coalition droitière et religieuse sous les auspices de M. Netanyahu et une autre de centre-gauche laïque.

« Le vote aujourd’hui ne porte pas seulement sur le choix d’un Premier ministre, mais l’identité même du pays », écrit la chroniqueuse Sima Kadmon dans les pages du Yediot Aharonot.

Sean Casper, un électeur dans la cinquantaine, ne voit lui pas de problème à allier religieux et laïcs tant que le gouvernement reste de « droite et nationaliste ».

« Je suis une personne religieuse, et je suis toujours en faveur de partis qui mêlent des religieux et des non-religieux, tant qu’ils restent dans le sillage de la droite nationaliste », dit celui qui a opté pour Ayelet Shaked, à la tête de liste Yamina, encore beaucoup plus à droite que Netanyahu.

Tony Sachs, 64 ans, un électeur de Jérusalem, souhaite, lui, une coalition entre les principaux rivaux. « C’est vraiment important que le pays entier travaille ensemble. Nous devons faire preuve d’unité (…) mais à cause des politicailleries et des égos je doute que cela se produise », dit-il.

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