Des élections s’il n’y a pas de changement dans les 48 heures, prévient Zohar
Rechercher

Des élections s’il n’y a pas de changement dans les 48 heures, prévient Zohar

Miki Zohar du Likud affirme que Kakhol lavan "empêche le Premier ministre de sortir Israël de la crise du coronavirus"

Le député Likud, Miki Zohar, réagit lors d'une réunion de la commission d'organisation à la Knesset à Jérusalem, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)
Le député Likud, Miki Zohar, réagit lors d'une réunion de la commission d'organisation à la Knesset à Jérusalem, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)

Israël semble se diriger vers une nouvelle élection, a déclaré vendredi matin le président de la coalition Miki Zohar. Il a accusé le parti Kakhol lavan d’être responsable de cette impasse en affirmant qu’il entravait les efforts du Premier ministre pour lutter contre la crise du coronavirus.

Il a également indiqué que le mauvais fonctionnement général du gouvernement, plutôt que le désaccord sur le budget de l’Etat, menaçait davantage de faire tomber le gouvernement, presque trois mois après sa formation.

« Nous ne voulons pas d’élections », a déclaré Zohar à 103FM Radio. « Mais nous ne voulons pas continuer à travailler ainsi avec [Kakhol lavan], où nous avons le sentiment qu’ils veulent seulement empêcher le Premier ministre de sortir Israël de la crise du coronavirus. »

« Nous, au Likud, ne disons pas que nous sommes prêts à faire des compromis avec Kakhol lavan, mais nous avons simplement le sentiment que nous n’avons pas un véritable partenaire pour maintenir une coalition. »

Il reste seulement trois jours avant la date butoir pour adopter un budget national sur 2020, ou un projet de loi visant à repousser son adoption. Alors que la signature d’un budget semble impossible dans le temps imparti, la seule option réaliste est de donner l’approbation finale à une loi pour repousser le budget de 100 jours. Un tel projet a été approuvé dans la première des trois lectures plénières, et le Likud a fait plusieurs demandes pour valider son adoption finale. Si la coalition ne parvient à adopter le texte d’ici lundi soir, le gouvernement sera dissous automatiquement et de nouvelles élections seront convoquées.

« Si aucun changement fort n’intervient dans les prochaines 48 heures… on ira vers des élections », a déclaré Zohar.

En outre, selon les lois adoptées pour former la coalition, l’échec à adopter un budget 2021 d’ici mars prochain entraînerait également de nouvelles élections.

Kakhol lavan a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir délibérément tenté d’enfreindre l’accord de coalition en exigeant tout d’un coup d’adopter un budget d’un an afin de se laisser une fenêtre pour dissoudre le gouvernement. Il pourrait ainsi éviter d’avoir à transmettre le poste de Premier ministre au ministre de la Défense Benny Gantz l’année prochaine, comme le stipule l’accord de coalition.

Netanyahu aurait demandé à changer de nombreux éléments dans l’accord de coalition de son parti avec Kakhol lavan pour protéger son statut alors que son procès criminel va de l’avant, et pour avoir plus de pouvoir sur la justice et les forces de l’ordre. Il aurait demandé davantage de pouvoirs pour nommer des hauts responsables, notamment des officiels des forces de l’ordre, en contrevenant aux accords précédents.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem / Pool / Flash90)

Zohar a réfuté l’idée que Netanyahu avait le moindre intérêt à entraver les procédures judiciaires contre lui. Il affirme que le Premier ministre veut un budget d’un an – au lieu de deux comme cela avait été décidé dans l’accord – car il estime que cela était la meilleure façon d’aller de l’avant pour l’économie d’Israël.

Des économistes de premier plan ont soutenu l’appel de Gantz pour un budget sur deux ans, en déclarant qu’il n’y avait aucun intérêt à adopter un budget pour 2020 juste quelques mois avant la fin de l’année.

« Personne ne veut annuler aucun procès », a dit Zohar. « Ce gouvernement ne fonctionne pas. » Il a affirmé que la coalition de partage de pouvoir sur laquelle les deux camps se sont accordés « nous empêche d’avancer vers ce que veulent nos électeurs, et nous représentons un énorme public… s’ils ne changent pas leur attitude et comprennent les besoins du Likud, il est très possible que, lundi après-midi, nous démarrions une autre campagne électorale ».

Dans le même temps, l’élue de Yamina Ayelet Shaked a déclaré à la radio qu’elle pensait que les deux partis allaient finir par se mettre d’accord pour repousser le budget. Elle a prévenu Netanyahu qu’il ne pourrait pas compter sur son soutien puisqu’il l’avait snobé pour former une gouvernement avec Kakhol lavan il y a quelques mois, reléguant le parti dans l’opposition.

« La réalité politique a changé une fois que Netanyahu a décidé de casser le bloc de droite », a-t-elle déclaré. « Nous sommes un parti indépendant qui représente un leadership alternatif avec des valeurs. »

La députée de Yamina, Ayelet Shaked, à la Knesset lors de la présentation du 35e gouvernement d’Israël, le 17 mai 2020. (Knesset/Adina Veldman)

Le partenaire de Gantz à la tête de Kakhol lavan, le ministre des Affaires étrangères Gabi Ahskenazi, a tweeté que le parti restait engagé « à faire la chose juste pour Israël et son peuple… pas de petit jeux, pas de tours de passe-passe, pas de trucs, pas de reculade ».

Tweetant une photo du parti vendredi matin, Gantz a tenu les mêmes propos. « Nous ne voulons pas de petits jeux et de tours de passe-passe, mais du respect et des valeurs », a-t-il écrit.

Ces derniers jours, Reuven Rivlin s’est entretenu avec les responsables des partis de la coalition afin d’éviter de nouvelles élections, a indiqué la résidence du président jeudi.

Rivlin a rencontré Netanyahu et le chef de Yahadout HaTorah Yaakov Litzman. Il a ensuite échangé au téléphone avec Gantz, le chef du parti Shas, Aryeh Deri, et le numéro deux de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, selon le communiqué.

Il a déclaré aux politiciens qu’il « est impensable que la question de l’approbation du budget d’Etat nous conduise à une quatrième élection ».

« La confiance du public dans ses élus atteindra un niveau bas record en cas de nouveau scrutin », a ajouté le président. « Après trois élections en moins d’un an, nous, les citoyens, nous sentons trompés et inquiets. »

Faisant apparemment référence à la suspicion très largement partagée que Netanyahu serait intéressé pour se lancer dans de nouvelles élections afin d’éviter d’avoir à céder son poste à Gantz en novembre 2021, il a ajouté : « Si nous sommes contraints à aller vers un autre scrutin, nous devons nous assurer que nous y allons en toute transparence, et que le public connaisse la raison exacte. Nous ne devons pas permettre que le budget soit une raison. »

La radio de l’armée a rapporté jeudi matin que Kakhol lavan formulait une offre qui conduirait au gel des hautes nominations chez les forces de l’ordre pour une période supplémentaire, jusqu’à ce qu’un mécanisme soit finalisé pour ces nominations.

Plus important, le plan verrait la nomination immédiate d’un nouveau procureur d’Etat par intérim, à la place du procureur général Avichai Mandelblit, qui occupe actuellement ce poste de façon temporaire.

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe « Besheva », le 24 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Netanyahu, furieux contre Mandelblit qui a annoncé des inculpations pour corruption à son encontre dans trois affaires criminelles, a tenté sans succès de l’empêcher de devenir procureur d’Etat par intérim quand le mandat de Shai Nitzan s’est terminé en décembre. Remplacer Mandelblit à son poste de procureur d’Etat par intérim est l’un des objectifs du Premier ministre.

Selon la proposition de Kakhol lavan, le remplaçant de Mandelblit sera bientôt annoncé, avec l’accord des deux partis. Il sera en poste jusqu’à ce qu’un procureur d’Etat à plein temps soit désigné.

Jeudi, les membres du Likud et Kakhol lavan ont continué à échanger des piques lors d’interviews.

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn a attaqué le Likud pour sa préoccupation « obsessive » sur l’identité du procureur d’Etat et la « politisation » des nominations des responsables de forces de l’ordre.

« Le Premier ministre Netanyahu se tape la tête contre un mur », a-t-il dit à la radio de l’armée.

« Le problème n’est plus sur un budget d’un an », a déclaré le ministre des Sciences de Kakhol lavan, Izhar Shaï, à la radio de l’armée. « Si quelqu’un veut nous entraîner dans des élections, il trouvera un moyen d’y parvenir. »

Le ministre de la Sécurité publique du Likud, Amir Ohana, a déclaré à la station : « Je ne m’attends pas à ce que ce gouvernement fonctionne mieux que de manière raisonnable, mais actuellement nous n’avons même pas cela. Il n’y a aucune confiance mutuelle. »

Gantz a déclaré mercredi que son parti faisait tout ce qu’il pouvait pour résoudre la crise, mais qu’il n’allait pas faire de compromis sur des sujet clefs pour y parvenir.

Mercredi, un responsable anonyme du Likud a fustigé Kakhol lavan, désignant le parti responsable de la crise actuelle de coalition, en laissant entendre que les députés avaient peu de chance d’éviter l’effondrement du gouvernement.

« C’est la coalition qui ne fonctionne pas. Dès le départ, je n’avais beaucoup d’attentes, mais je ne pensais pas que cela serait comme ça. C’est impossible de travailler », a déclaré l’officiel anonyme au sujet de la coalition, selon des médias israéliens. « Irons-nous vers des élections lundi ? Ce gouvernement ne fonctionne pas. Continuer dans la situation actuelle est même pire que des élections. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...