Des élus américains appellent Trump à ne pas supprimer le poste d’envoyé pour l’antisémitisme
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Des élus américains appellent Trump à ne pas supprimer le poste d’envoyé pour l’antisémitisme

Alors que le président s'apprête à effectuer des coupes budgétaires, des membres du Congrès rappellent que le poste est crucial avec un antisémitisme “dangereusement en hausse”

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald J. Trump pendant son premier discours devant le Congrès, à la Chambre des représentants, à Washington, D.C., le 28 février 2017. (Crédit : Jim Lo Scalzo/Pool/AFP)
Le président américain Donald J. Trump pendant son premier discours devant le Congrès, à la Chambre des représentants, à Washington, D.C., le 28 février 2017. (Crédit : Jim Lo Scalzo/Pool/AFP)

WASHINGTON – Un groupe bipartisan de 167 membres du Congrès américain a signé lundi une lettre ouverte adressée au président américain Donald Trump pour l’appeler à nommer un envoyé spécial pour surveiller et combattre l’antisémitisme.

La lettre affirme que la nomination d’un tel responsable est « cruciale pour documenter les abus des droits de l’Homme contre les communautés juives à l’étranger ainsi que pour développer et mettre en place les politiques conçues pour combattre l’antisémitisme. »

La lettre a été publiée en pleine hausse des actes antisémites dans tous les Etats-Unis, notamment sept vagues de menaces à la bombe contre des centres communautaires juifs, des profanations répétées de cimetières juifs et des graffitis nazis retrouvés sur différents bâtiments et écoles du pays.

Trump envisage de supprimer le poste d’envoyé pour l’antisémitisme, ainsi que d’autres postes, dans le cadre d’une baisse du budget des agences fédérales, a indiqué Bloomberg le mois dernier. Il devrait réduire le budget du département d’Etat d’environ 37 %, une mesure qui, selon lui, permettra de couvrir les hausses des dépenses militaires.

Rex Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil choisi comme secrétaire d'Etat par Donald Trump, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, D.C., le 11 janvier 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)
Rex Tillerson, ancien PDG d’ExxonMobil choisi comme secrétaire d’Etat par Donald Trump, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, D.C., le 11 janvier 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Dans son discours inaugural devant le corps diplomatique de Washington après sa confirmation par le Sénat, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson avait prévenu que des changements au sein de son département pourraient accompagner la nouvelle administration de la Maison Blanche.

« Je vous rappelle que nos engagements sont au-delà de nos carrières personnelles, avait-il déclaré. Je développerai le talent et les ressources du département d’Etat de la manière la plus efficace possible. Ceci peut entraîner certains changements sur la façon dont se font traditionnellement les choses dans ce département. »

« Le changement pour le changement peut être contre productif et cela ne sera jamais mon approche, avait-il ajouté. Mais nous ne pouvons pas continuer des traditions inefficaces aux dépens de conséquences optimales. »

Depuis janvier, plus de 100 centres communautaires juifs et d’autres institutions ont reçu des menaces à la bombe, entraînant le retrait de ces écoles et centres de certains enfants par leurs parents .

Mais les missions d’un envoyé pour l’antisémitisme dont les membres du Congrès implorent la nomination par le président ne se limitent pas aux Etats-Unis. Le poste, créé en 2004 par le Global Anti-Semitism Review Act, doit rapporter l’antisémitisme dans le monde entier.

Ira Forman, envoyé spécial du Département d'État des États-Unis pour surveiller et lutter contre l'antisémitisme, parlant au parlement hongrois à Budapest, en octobre 2013. (Crédit : Tom Lantos Institut / via JTA)
Ira Forman, envoyé spécial du Département d’État des États-Unis pour surveiller et lutter contre l’antisémitisme, parlant au parlement hongrois à Budapest, en octobre 2013. (Crédit : Tom Lantos Institut / via JTA)

L’envoyé actuel est Ira Forman, ancien directeur du National Jewish Democratic Council entre janvier 1996 et juin 2010. Il a été nommé par l’ancien président Barack Obama en mai 2013.

Pour les signataires de la lettre à Trump, l’envoyé permet de garantir que « les diplomates du monde entier agissent selon la même définition de l’antisémitisme. »

Plus précisément, ils adoptent la définition d’une « certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée comme une haine envers les Juifs ». Selon la lettre, « les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées envers les individus juifs ou non juifs et/ou leurs propriétés, et envers les institutions communautaires juives et les installations religieuses ».

Les élus ont prévenu Trump que se dispenser de l’envoyé enverrait un mauvais signal au monde, en particulier au moment où les crimes de haine envers les Juifs deviennent de plus en plus fréquents.

« Nous voyons le combat de l’antisémitisme et la promotion des droits de l’Homme par les dirigeants américains comme un composant essentiel de la diplomatie et de la politique étrangère américaine, peut-on lire dans la lettre. Le poste d’envoyé spécial permet aux Etats-Unis de montrer au monde leur engagement envers ces idéaux, particulièrement à un moment où l’antisémitisme est dangereusement en hausse.»

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