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Des élus Likud reprochent à Netanyahu les hauts postes offerts aux autres partis

Pour David Bitan, le leader du parti "a franchi les limites" et il a perdu face à Deri et Smotrich au jeu des négociations ; Danny Danon a mis en cause l'accord conclu avec Deri

Le chef du parti du Likud Benjamin Netanyahu en séance plénière de la Knesset, le parlement israélien, le 21 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti du Likud Benjamin Netanyahu en séance plénière de la Knesset, le parlement israélien, le 21 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du Likud Benjamin Netanyahu a été ouvertement critiqué par deux députés issus de son parti au sujet d’un éventuel accord de coalition qui offrirait un certain nombre de portefeuilles déterminants, au cabinet, aux autres formations de son bloc et qui, par conséquent, échapperont au premier parti de la Knesset.

David Bitan, législateur du Likud, ancien proche allié de Netanyahu et ancien chef de la coalition, qui a intensifié ses critiques à l’égard du futur Premier ministre présumé au cours de ces derniers mois, a estimé que les offres faites au dirigeant de Hatzionout HaDatit et au chef du Shas, Aryeh Deri, étaient « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

« Je ne vois pas comment le Likud va avoir l’influence que nous voulions avoir au gouvernement. Je suis mécontent – au nom des électeurs et des militants du Likud. C’est incroyable et j’espère que les choses vont changer dans les négociations », a-t-il dit au micro de la Radio 103FM.

« Netanyahu a franchi les limites en ce qui concerne tout ce qu’il fallait faire avec le Likud », a ajouté Bitan, qui avait fustigé dimanche Netanyahu qui ne l’aurait pas soutenu lors des primaires de la formation qui ont eu lieu au début de l’année, nuisant à son classement sur la liste électorale du parti.

Il a également précisé que d’autres éminents députés issus de la formation seraient mécontents s’ils devaient n’occuper que des postes subalternes au sein du gouvernement.

« J’entends le baratin et les comptes-rendus du bureau de Netanyahu et ils blessent beaucoup de gens au sein du parti », a affirmé Bitan.

Le député David Bitan lors d’une session plénière à la Knesset, le 13 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je vois des comptes-rendus concernant [Yuli] Edelstein, [Israel] Katz et [David] Amsalem, », a-t-il continué, nommant d’importants députés qui, ces derniers mois, ont semblé prendre des initiatives contre le leadership de Netanyahu.

« Amsalem est blessé. Il prend des risques pour Netanyahu », a continué Bitan. « Katz et Edelstein n’accepteront pas de prendre la tête de ministères subalternes ».

« Smotrich et Deri savent comment négocier alors qu’il semble que Netanyahu soit incapable de le faire », a-t-il poursuivi.

Danny Danon s’est montré plus mesuré mais il a déclaré devant les caméras de la chaîne Kan que les accords de coalition devaient garantir que les ministères les plus importants seraient placés sous le contrôle de législateurs de sa formation. Il a par ailleurs critiqué un accord qui aurait été conclu avec Deri.

Les députés du Likud Yoav Galant, David Amsalem, David Bitan et Israel Katz visitent le marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 20 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Les portefeuilles déterminants doivent rester entre les mains du Likud. Je ne sais pas si ces informations sont vraies mais le ministère des Affaires étrangères doit revenir à un membre de la Knesset élu sous l’étiquette du Likud », a dit Danny Danon, ancien ambassadeur israélien aux Nations unies.

« Le Likud a une équipe expérimentée et je pense que la Défense et les Affaires étrangères doivent rester au sein du parti. Il est important que même les portefeuilles ‘moyens’ soient détenus par le Likud de façon à ce que nous puissions mener à bien les réformes qui ont été promises aux électeurs », a-t-il déclaré.

Il a aussi critiqué l’accord présumé qui aurait été conclu avec Deri et qui permettrait au chef du Shas de tenir un certain nombre de rôles de haut-rang, avec des pouvoirs renforcés.

« Donner plusieurs portefeuilles à un seul ministre est une erreur du point de vue de l’exécutif », a estimé Danon.

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