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Des étudiants de Jérusalem protestent contre la venue de Lara Alqasem

Une affiche compare l'étudiante américaine, que le gouvernement accuse de soutenir le BDS, aux terroristes, dont Oussama ben Laden

Lara Alqasem, étudiante américaine, à la Cour suprême de Jérusalem, le 17 octobre 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Lara Alqasem, étudiante américaine, à la Cour suprême de Jérusalem, le 17 octobre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Un étudiant de l’université Hébraïque a protesté mardi contre l’arrivée sur le campus d’une Américaine accusée d’activités de boycott contre le pays, la comparant à des terroristes notoires.

Il s’agissait de la deuxième manifestation sur le campus de l’université du Mont Scopus à Jérusalem depuis que Lara Alqasem y a commencé ses études supérieures cette semaine, après que la Cour suprême a annulé son expulsion du pays pour avoir soutenu le mouvement pro-palestinien de boycott, désinvestissement et sanctions, connu sous le sigle BDS.

L’étudiant, Daniel Tzuri, a posé deux affiches – l’une à l’entrée de la Faculté de droit du campus – sur laquelle il reproche à la Cour suprême, « avec la coopération de l’Université hébraïque », d’avoir laissé entrer Alqasem, et la comparant avec une série de terroristes et autres militants mal intentionnés, considérés comme « étudiants », tous liés à une discipline différente.

Parmi les « étudiants » qui figuraient sur l’affiche se trouvaient le dirigeant d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, dépeint comme un diplômé dans le génie civil, le chef du groupe terroriste Etat islamique comme un enseignant de théologie, un porte-parole du Hamas comme un étudiant en communication et Bashar el-Assad, le président syrien, comme un étudiant en chimie.

M. Tzuri a déclaré à la chaîne d’information Hadashot qu’il exerçait son droit à la liberté d’expression et que les critiques s’adressaient à la Cour suprême et à l’université, qui se sont opposées à son expulsion, plutôt qu’à Alqasem elle-même.

« C’est une critique de ce qui, à mon avis, représente une injustice – accorder l’entrée à une militante du boycott dans une institution universitaire sioniste », a-t-il ajouté.

L’université a déclaré dans un communiqué que les affiches étaient inappropriées parce qu’elles avaient été installées dans un endroit qui n’était pas destiné à un tel usage.

« L’université est favorable à la liberté d’expression tant qu’elle n’enfreint pas les lois de l’État et qu’elle se déroule conformément aux règlements de l’université », selon le communiqué.

« Dans ce cas, les affiches ont été enlevées avant que la question de la liberté d’expression ne soit soulevée, parce qu’elles ont été placées dans un endroit qui n’était pas destiné à un affichage et donc nuisaient au domaine public. »

L’université a appelé les étudiants des deux camps à un « dialogue ouvert et constructif ».

Capture d’écran d’une vidéo des tracts de protestation contre l’étudiante américaine Lara Alqasem à l’Université hébraïque, le 21 Octobre, 2018. (Facebook)

Alqasem, 22 ans, est arrivée sur le campus dimanche pour entamer ses études de maîtrise à la suite d’une bataille juridique de trois semaines portant sur le droit d’entrer en Israël, qui a suscité un intense écho international. Les autorités de l’Etat lui avaient d’abord refusé l’entrée et tenté de l’expulser, l’accusant de soutenir le mouvement pro-palestinien BDS contre Israël. Elle était retenue dans une structure de l’aéroport depuis le 2 octobre.

L’État soutient qu’Alqasem, qui dirigeait la section locale du groupe pro-boycott « Students for Justice in Palestine » alors qu’elle était étudiante à l’Université de Floride, soutient actuellement le mouvement de boycott contre Israël. Il a déclaré qu’elle pourrait rentrer aux États-Unis à tout moment, mais l’a retenue à l’aéroport en raison de son choix de se battre contre l’interdiction d’entrée devant les tribunaux.

Quand elle est arrivée à l’université, elle a été accueillie par des militants de droite qui ont agité des drapeaux israéliens et brandi des pancartes indiquant la présence sur le campus d’un supporteur du terrorisme.

Le mouvement de droite Im Tirtzu a déclaré qu’il voulait réserver à Alqasem le même accueil qu’elle avait réservé aux étudiants israéliens sur le campus de l’Université de Floride lorsqu’elle était active dans le groupe étudiant qui soutenait le boycott.

Des tracts en hébreu et en anglais diffusés sur le campus déclaraient : « Saviez-vous qu’avec le soutien de l’université Hébraïque, il y a une militante du BDS et sympathisante du terrorisme sur le campus ? »

Rasmea Odeh, à droite, terroriste palestinienne condamnée en Israël, a été jugée coupable d’avoir menti à l’immigration américaine quand elle a demandé la nationalité en 2004. (Crédit : capture d’écran YouTube/Middle East Eye)

D’autres tracts disaient : « Tu soutiens un terroriste qui a assassiné deux étudiants de l’université Hébraïque et maintenant tu veux étudier ici ? On ne veut pas de toi ici ! » Il s’agissait manifestement d’une référence à la terroriste Rasmea Odeh, qui a été reconnue coupable d’avoir participé en 1969 à un attentat terroriste meurtrier contre un supermarché de Jérusalem.

Pendant la période où Alqasem faisait partie des « Students for Justice in Palestine », le groupe a organisé une journée de soutien pour Odeh, qui a déménagé aux États-Unis après avoir passé 10 ans dans une prison israélienne, mais qui a été expulsée l’année dernière après que le gouvernement américain a découvert qu’elle avait menti sur sa demande de citoyenneté.

« Nous l’avons informée qu’elle n’est pas la bienvenue ici et lui avons fait savoir que nous nous souvenons des choses qu’elle a faites sur le campus en Floride contre des étudiants juifs et israéliens et que nous lui réserverons plus ou moins le même accueil qu’elle leur a réservé », a déclaré un membre de Im Tirtzu à la chaîne publique Kan. « Elle devrait comprendre que ce n’est pas l’endroit pour militer pour le BDS. »

Dimanche, le site d’information Ynet a rapporté que des responsables universitaires avaient renforcé la sécurité sur le campus en prévision de l’arrivée d’Alqasem.

La semaine dernière, la Cour suprême a statué qu’une loi interdisant les personnes qui jouent un rôle central dans la promotion du boycott de l’État juif ne pouvait être appliquée dans l’affaire Alqasem, mettant un terme à cette saga.

Au tribunal, Alqasem a insisté sur le fait qu’elle n’avait pas participé à des activités de boycott depuis un an et demi, et a promis de ne pas militer pour le BDS dans l’avenir.

L’un des juges a cependant averti que si Alqasem « retourne à ses anciennes habitudes » et promeut un boycott pendant son séjour en Israël, elle pourrait être expulsée.

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