Des étudiants de Varsovie commémorent les victimes de la ségrégation des Juifs
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Des étudiants de Varsovie commémorent les victimes de la ségrégation des Juifs

Les "bancs du ghetto" étaient une discrimination officielle des étudiants juifs dans la Pologne d'avant-guerre ; le recteur de l'université n'a pas participé à la commémoration

Université de Varsovie, entrée principale. (Guillaume Speurt/Wikimedia Commons/via JTA)
Université de Varsovie, entrée principale. (Guillaume Speurt/Wikimedia Commons/via JTA)

VARSOVIE, Pologne – Des étudiants de l’université de Varsovie, l’une des plus grandes universités polonaises, ont commémoré les victimes de la ségrégation des « bancs du ghetto » introduite il y a 82 ans dans cette université.

Le recteur de l’université n’a pas participé à la commémoration dimanche.

Les « bancs du ghetto » étaient une forme officielle de discrimination contre les Juifs dans la Pologne d’avant-guerre. Les étudiants juifs étaient tenus de s’asseoir sur des bancs désignés dans des sections spécifiques des amphithéâtres ou de se tenir debout pour certaines classes. À Varsovie, des étudiants chrétiens qui voulaient manifester leur solidarité avec leurs collègues juifs et s’asseoir sur les mêmes bancs qu’eux ont été battus par des nationalistes.

C’est la deuxième année consécutive que les étudiants de l’université de Varsovie commémorent les victimes de cette discrimination.

Ils ont critiqué l’absence du recteur, Marcin Palys, durant l’évènement.

« Après plus de 80 ans, les autorités de l’université de Varsovie n’ont toujours pas décidé de commémorer les victimes de leur propre politique antisémite et ne se sont pas détachées des organisations de droite qui ont semé la terreur ici », a déclaré Dominik Puchala du Comité antifasciste étudiant.

Le musée de l’histoire des Juifs de Pologne, à Varsovie. Illustration. (Crédit : Adrian Grycuk/CC-BY-SA/Wikimedia)

Piotr Wislicki, président de l’Association de l’Institut historique juif de Pologne, a raconté aux participants de la commémoration la répression antisémite à laquelle ses parents ont été confrontés pendant leurs études à Varsovie et Lviv. Il a remercié les organisateurs pour leur engagement et leur courage face à un passé difficile. « L’histoire montre que le silence est bien pire que de dire la vérité. L’histoire ne pardonnera jamais à ceux qui se sont tus. »

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