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Des évacués à Biden : soutenez Tsahal si le Liban ne maîtrise pas le Hezbollah

Le groupe Lobby 1701 critique le "faux sentiment de sécurité" fourni par les Casques bleus de l'ONU, notant que le 7 octobre devrait servir d'avertissement pour un scénario similaire dans le nord

Les résidents du nord et leurs partisans réclament de meilleurs soins de la part de l'État au carrefour d'Amiad, dans le nord d'Israël, le 26 décembre 2023. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Les résidents du nord et leurs partisans réclament de meilleurs soins de la part de l'État au carrefour d'Amiad, dans le nord d'Israël, le 26 décembre 2023. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Un groupe représentant les Israéliens évacués des communautés du nord a rédigé une lettre mercredi exhortant l’administration Biden à soutenir les efforts militaires de Tsahal visant à faire éloigner le groupe terroriste du Hezbollah et d’autres groupes terroristes de la frontière libanaise, soulignant que les moyens diplomatiques étaient inefficaces pour assurer la sécurité de la région.

Lobby 1701, nommé d’après la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU qui a mis fin à la Deuxième Guerre du Liban en 2006, et représentant les quelque 60 000 résidents déplacés du nord d’Israël, a déclaré que les « images horribles du 7 octobre » devraient servir d’avertissement de ce qui pourrait se produire dans le nord si des mesures ne sont pas prises, faisant référence au massacre perpétré par le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël.

« Depuis le 7 octobre, le Hezbollah a mis fin à notre quotidien ici dans le nord d’Israël. Avec leurs missiles quotidiens et les attaques de drones ciblant nos foyers et nos communautés, et la menace de bien d’autres, nous avons été contraints de partir malgré nous », indique la lettre, adressée au président américain Joe Biden, au Conseil de sécurité nationale, à l’ambassadeur américain en Israël et aux membres du Congrès.

La frontière entre le Liban et Israël a été le théâtre d’échanges quotidiens de tirs depuis le début de la guerre Israël-Hamas le 7 octobre, suscitant des craintes d’une conflagration plus large. Des dizaines de milliers d’Israéliens ont été évacués des villes frontalières du nord, qui ont été régulièrement visées par le Hezbollah, lui aussi soutenu par l’Iran.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU appelait au retrait du personnel armé au sud de la rivière Litani au Liban, à l’exception de la FINUL, la mission de maintien de la paix de l’ONU, et de l’armée libanaise et des forces de sécurité de l’État. Mais le Hezbollah s’est enraciné depuis des décennies dans une grande partie du sud du Liban, où il bénéficie d’un fort soutien et lance régulièrement des roquettes contre Israël, tandis que Beyrouth, complètement embourbé dans une crise politique et économique, ne fait rien pour maîtriser le groupe terroriste.

« Pendant 17 ans, nous avons été témoins de l’inefficacité de la résolution 1701 sur le terrain. Le Hezbollah n’a jamais agi conformément à la résolution et a établi ouvertement des positions militaires à la frontière, à quelques mètres de nos foyers. Pendant ce temps, la FINUL a fourni un faux sentiment de sécurité, tout en permettant au Hezbollah de se réarmer, de se préparer et de planifier son invasion en Israël. Cela s’est notamment vérifié ces trois dernières années », a rappelé la lettre.

Une photo prise depuis une position dans le nord d’Israël, le long de la frontière avec le Liban, montre de la fumée s’échappant et une boule de feu éclatant suite au bombardement israélien sur les collines proches de la ville de Marwahin, dans le sud du Liban, le 16 décembre 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

« Si le Liban est incapable de mettre en œuvre correctement la résolution 1701 dans la mesure où nous le méritons et le demandons, pour fournir un sentiment de sécurité de base, nous ferons pression sans relâche sur notre gouvernement pour résoudre ce problème par des moyens militaires, et nous demandons votre plein soutien. Ce n’est pas une menace, ni un avertissement », a ajouté le groupe.

La lettre a déclaré que la situation dans laquelle ils se trouvent serait inacceptable pour n’importe quel pays, et a exhorté Washington à comprendre qu’aucun des résidents ne peut rentrer chez lui tant que des groupes terroristes resteront postés à la frontière.

Biden et son administration devraient « apporter son soutien total au gouvernement d’Israël pour agir avec la force nécessaire », poursuit la missive.

Nisan Zeevi, co-fondateur de Lobby 1701, a déclaré au journal juif The Algemeiner que l’échec de la résolution de l’ONU « ne nous laisse d’autre choix que d’exiger une véritable sécurité à travers une zone tampon exempte du Hezbollah ».

« Nous refusons de retourner chez nous sans des assurances concrètes de sécurité. Nous demandons un changement de la réalité actuelle : d’une zone tampon à l’intérieur d’Israël à une zone tampon à l’intérieur du Liban », a-t-il déclaré. « Le temps des résolutions diplomatiques est révolu. Le 7 octobre a montré au monde entier de quoi sont capables ces organisations djihadistes, et notre sécurité exige une position claire et résolue contre le terrorisme. »

Tout en reconnaissant le soutien de Biden à Israël depuis le début de la guerre Israël-Hamas, il a souligné que les États-Unis ne peuvent pas uniquement « décider de mon avenir et de celui de ma famille ».

Jérusalem s’est dite ouverte à une solution diplomatique pour apaiser les violences dans le nord. Mais Israël agira si ses mises en garde contre le Hezbollah – qui, comme le Hamas, a juré de détruire Israël – à s’éloigner de la frontière par des moyens diplomatiques, ne sont pas suivis d’actes.

Les États-Unis auraient exhorté Israël à ne pas aggraver le conflit sur le front nord.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu accueillant et enlaçant le président américain Joe Biden à l’aéroport Ben Gurion, le 18 octobre 2023. (Crédit : Evan Vucci/AP Photo)

Selon un article du Wall Street Journal samedi, Biden a réussi à convaincre le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annuler une frappe préventive contre le Hezbollah le 11 octobre, alors que des avions de l’armée de l’air israélienne survolaient l’espace aérien du nord.

Le bureau du Premier ministre a nié cette affirmation, affirmant que Netanyahu avait décidé après le 7 octobre que la priorité d’Israël serait de se concentrer sur le front sud et que cette position avait été adoptée par le cabinet de guerre.

Jusqu’à présent, les violentes escarmouches à la frontière ont entraîné la mort de quatre civils du côté israélien, ainsi que la mort de neuf soldats de Tsahal. Il y a également eu plusieurs attaques de roquettes depuis la Syrie, sans faire de blessés.

Le Hezbollah a identifié 129 membres tués par Israël au cours des escarmouches en cours, principalement au Liban, mais certains aussi en Syrie. Au Liban, 16 autres membres d’organisations terroristes palestiniennes, un soldat libanais et au moins 17 civils, dont trois journalistes, ont été tués.

La guerre a éclaté avec le massacre du 7 octobre par le Hamas, lorsque que quelque 3 000 terroristes ont traversé la frontière pour pénétrer en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime. Ils ont tué environ 1 200 personnes et pris plus de 240 otages de tous âges, le tout sous une pluie de milliers de roquettes tirées sur les villes et les cités israéliennes.

Alors qu’Israël lançait une campagne militaire, y compris une incursion terrestre, pour détruire le Hamas, le chasser du pouvoir à Gaza et libérer les otages, il a également envoyé des forces dans le nord par mesure de précaution contre une attaque similaire en provenance du Hezbollah.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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