Des familles endeuillées attendent des réponses sur un équipage porté disparu
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Des familles endeuillées attendent des réponses sur un équipage porté disparu

Un rapport de l'armée suggère que quatre soldats, portés disparus depuis la guerre de Kippour, ont peut-être été enterrés en Israël

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un char israélien détruit pendant les premiers jours de la guerre de Kippour (Wikimedia Commons)
Un char israélien détruit pendant les premiers jours de la guerre de Kippour (Wikimedia Commons)

Le ministre de la Defense Moshe Yaalon a récemment marqué son intérêt à résoudre un mystère vieux de 42 ans quant à la localisation des restes de quatre soldats de Tsahal, qui sont morts durant la guerre de Kippour de 1973 et qui pourraient avoir été enterrés à Jérusalem sans que leurs familles n’en aient été informées.

Yaalon, qui avait combattu durant cette guerre, a demandé la semaine dernière à voir les détails d’un rapport de l’unité des soldats portés disparus de l’armée israélienne qui a conclu que les Egyptiens avaient retourné les dépouilles d’un équipage de char tué le premier jour de la guerre, le 6 octobre 1973, a rapporté lundi le site en hébreu du journal Haaretz.

Depuis plus de quatre décennies, on soupçonne que les soldats de Tsahal Meiron Altager, Yaakov Keller, Haim Mutzafi et Dan Gilat sont tombés sur le champ de bataille le long du canal de Suez. Mais on ignore ce qu’il est advenu de leurs depouilles.

Mais l’année dernière, un rapport de l’unité des soldats portés disparus a conclu qu’il y avait une forte probabilité que leurs corps aient été rendus à Israël en juillet 1977 et enterrés dans une fosse commune destinée aux soldats non identifiés située au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem.

Parce qu’aucun des corps n’avait été identifié, leurs familles n’avaient pas été informées et ont continué à croire que leurs proches se trouvent perdus quelque part dans le désert du Sinaï, où ont eu lieu certains des combats les plus acharnés du conflit qui a duré trois semaines.

A présent, les familles font pression pour voir le statut de leurs proches changer à celui de soldats tombés enterrés en Israël, leur donnant ainsi une certaine mesure de clôture émotionnelle.

Yaakov Amidror (Crédit : Flash 90)
Yaakov Amidror (Crédit : Flash 90)

Le général (à la retraite) Yaakov Amidror, qui est en charge de traiter des soldats tombés au combat sur le front égyptien pendant la guerre de 1973, est resté méfiant quant à ces conclusions.

Amidror soutient que puisqu’à l’époque Tsahal n’avait pas identifié de manière positive les corps, il n’y a pas moyen d’établir qu’il s’agisse effectivement de ceux de l’équipage du char manquant.

Les familles, quant à elles, font valoir qu’à l’époque, les méthodes avancées d’identification, telles que les tests d’ADN, n’étaient pas disponibles au sein de Tsahal, selon le journal.

Le député Amir Peretz (Union sioniste), un autre vétéran des combats dans le Sinaï en 1973, a demandé que la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset débatte de la question.

Un test moderne d’ADN impliquerait l’exhumation des corps, un sujet controversé en Israël, puisque la pratique est considérée comme une profanation de la sépulture, qui est interdite en vertu des lois religieuses juives.

Selon l’article d’Haaretz, les Egyptiens restituèrent de 1974 à 1987 quelque 200 cercueils contenant les restes d’environ 147 soldats.

Ceux qui n’ont pas été positivement identifiés ont été enterrés dans une fosse commune au mont Herzl. Actuellement, il y a 18 soldats de Tsahal qui sont considérés comme tombés pendant la guerre de Yom Kippour, mais dont les restes sont encore portés disparus.

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