Des graffitis antisémites dans le bureau d’une professeure d’une université à NY
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Des graffitis antisémites dans le bureau d’une professeure d’une université à NY

La police a indiqué n'avoir identifié aucun suspect à ce stade, et avoir confié l'enquête à son unité spécialisée dans les crimes motivés par la haine

L'université de Columbia (Crédit: CC-BY-SA InSapphoWeTrust/Flickr)
L'université de Columbia (Crédit: CC-BY-SA InSapphoWeTrust/Flickr)

Des croix gammées et une inscription antisémite dans le bureau d’une professeure de l’université Columbia, spécialiste de la Shoah : c’est le dernier acte antisémite en date sur lequel enquête la police new-yorkaise, témoin de la multiplication de ces délits dans la métropole américaine.

La police new-yorkaise a confirmé jeudi avoir ouvert une enquête après que la professeure Elizabeth Midlarsky, eut découvert ces graffitis en entrant dans son bureau mercredi.

« J’ai ouvert la porte et je me suis presque évanouie », a déclaré à CNN Mme Midlarsky, 77 ans. « Je tremblais tellement, je n’étais pas sûre de pouvoir tenir. »

La police a indiqué n’avoir identifié aucun suspect à ce stade, et avoir confié l’enquête à son unité spécialisée dans les crimes motivés par la haine.

Elizabeth Midlarsky. (Crédit : Facebook)

« Nous sommes scandalisés et horrifiés par cet acte d’agression et l’utilisation de symboles antisémites ignobles contre un membre respecté de notre communauté », a réagi Thomas Bailey, président du « Teachers College », l’institut de formation de professeurs dont dépend Mme Midlarsky.

Midlarsky a confié à CNN que ce n’était pas la première fois qu’elle était prise pour cible. En 2007, elle a commencé à publié ses recherchs sur la Shoah, et avait manifesté contre le discours de Mahmoud Ahmadinejad à l’université. La professeure avait alors commencé à recevoir des lettres racistes. Une croix gammée avait été peinte sur sa porte.

« Je comprenais bien que quelqu’un était mécontent, parce que j’avais endossé des positions publiques », a été déclaré au New York Daily News.

Mais Midlarsky s’est dite davantage surprise par l’incident de mercredi.

« Je n’ai rien fait, je n’ai rien dit », a-t-elle expliqué à CNN, ajoutant qu’elle pense que les crimes motivés par la haine « sont à associer à une tendance et à une recrudescence de l’antisémitisme que nous avons pu observer ces dernières années. »

« Je me sens très, très, vulnérable », a-t-elle dit.

La fusillade de la synagogue de Pittsburgh, qui a fait 11 morts le 27 octobre, la plus sanglante attaque contre des juifs jamais enregistrée aux Etats-Unis, a dramatiquement souligné la montée de l’antisémitisme dans ce pays depuis 2016.

A New York, une ville qui compte plus d’un million de juifs, les incidents de vandalisme antisémites se sont multipliés ces derniers mois.

Début novembre, une soirée électorale organisée dans une synagogue de Brooklyn avait été annulée après que la police eut retrouvé plusieurs graffitis dans le bâtiment.

En février dernier, l’Anti-Defamation League, une organisation qui lutte contre l’antisémitisme et les discriminations, avait publié un rapport recensant une hausse de 57% des incidents antisémites aux Etats-Unis en 2017, la plus forte augmentation annuelle enregistrée depuis les années 1970.

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