Des groupes de défense de droits humains freinent l’entrée en bourse de Cellebrite
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Des groupes de défense de droits humains freinent l’entrée en bourse de Cellebrite

Dans une missive destinée à la SEC, au Nasdaq et SPAC, des groupes font savoir que la compagnie devrait d'abord démontrer son engagement à respecter les droits humains

L'immeuble du Nasdaq, à Times Square à New York. (Crédit : littleny, iStock by Getty Images)
L'immeuble du Nasdaq, à Times Square à New York. (Crédit : littleny, iStock by Getty Images)

Des groupes de défense des droits de l’homme, dont Access Now, ont demandé à la Securities and Exchange Commission (la SEC – l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers), au Nasdaq et à d’autres parties impliquées de suspendre l’offre de Cellebrite, une entreprise israélienne, qui souhaite faire coter ses actions à la bourse américaine, jusqu’à ce qu’elle démontre son engagement à protéger les droits humains.

Selon la lettre ouverte envoyée par Access Now et d’autres groupes, la firme de renseignement digital israélienne, créée des technologies qui sont utilisées pour violer les droits humains, et ce dans le monde entier.

La société, qui a fait l’objet d’un examen minutieux de la part de groupes de défense des droits humains en raison de ses technologies de criminalistique numérique, a déclaré en avril qu’elle avait conclu un accord de fusion avec TWC Tech Holdings II Corp, une société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC) cotée en bourse.

L’année dernière, les groupes de défense des droits humains ont demande au département du ministère de la Défense israélien, qui supervise les exportations, de suspendre la vente des technologies de hacking des téléphones Cellebrite au gouvernement biélorusse, au motif qu’elles devraient être soumises aux mêmes directives que de l’équipement militaire.

« Cellebrite lui-même a admis que ses produits posent un risque au niveau des droits humains », révélait la lettre ouverte. « Lors d’une présentation aux investisseurs ainsi que lors d’une déclaration préliminaire a la SEC, Cellebrite a reconnu que l’un des risques majeurs de la compagnie est que l’un des principaux risques de l’entreprise est que certains de ses « produits peuvent être utilisés par des clients d’une manière qui est, ou qui est perçue comme étant, incompatible avec les droits de l’homme » et que « toute perception de ce type pourrait nuire à sa réputation, à ses revenus et à ses résultats d’exploitation ».

« En dépit de cette reconnaissance, Cellebrite continue de vendre ses produits a des régimes répressifs, permettant des détentions, des mises en accusation, et le harcèlement de journalistes, d’activistes des droits civils, de dissidents, et de minorités partout dans le monde, » a mentionné la lettre. « Plusieurs de ces activités ont été rapportées en premier lieu par le CPJ, le comite de protection des journalistes et les organes de presse et sont plus détaillés dans le rapport de Access Now en date 28 mai 2021 ».

Le 11 juin, le représentant américain Tom Malinowski a émis un nombre de recommandations à la SEC, au NASDAQ, à TWC Tech Holdings II Corp, la société SPAC avec laquelle Cellebrite fusionne, et aux futurs investisseurs de Cellebrite pour qu’ils refusent d’approuver la cotation publique de la société jusqu’à ce que Cellebrite apporte une réponse suffisante aux risques pour les droits humains résultant de ses transactions, selon la lettre.

La lettre demande à la SEC et au Nasdaq de refuser d’approuver les documents et la cotation de la société tant que le respect des droits humains n’est pas démontré et demande aux actionnaires de la SPAC de retarder la finalisation de la fusion et aux investisseurs de retenir leurs fonds pour la même raison.

Cellebrite, basée a Petah Tikva aurait été la compagnie choisie par le FBI en 2016 pour hacker le iPhone du tireur de San Bernadino après que Apple a rejeté la demande du gouvernement américain de prévoir une porte de sortie a ses fameux systèmes de sécurité.

La technologie de Cellebrite ne fonctionne pas a distance. Elle nécessite un outil spécial qui doit être physiquement connecté au téléphone à hacker.

Dans un SMS, Cellebrite a déclaré qu’il était « engage dans le respect des droits humains et qu’il a développé des contrôles sérieux pour s’assurer que la technologie est utilisée convenablement dans le cadre d’enquêtes juridiques. »

« Nos solutions aident chaque année des millions d’enquêtes dans le monde, résolvent des crimes – que ce soit l’exploitation d’enfants, le viol, la violence domestique, l’anti-terrorisme, le trafic humain, entre autres. Nos milliers de clients, parmi lesquels des autorités policières de front, s’engagent a utiliser légalement nos technologies pour aider a construire un monde plus sûr. »

« Nous vendons nos technologies seulement a des compagnies, des organismes et des agences qui respectent les termes régissant l’utilisation appropriée telle qu’elle est mentionnée dans l’Accord de licence utilisateur final (EULA). Les clients qui ne se soumettent pas a ces termes ne reçoivent plus le soutien nécessaire ou voient leur licence révoquée. »
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« Cellebrite ne vent pas aux pays sanctionnes par les USA, le UK, L’UE ou Israel », a indique le texto du message de Cellebrite.

Access Now a des bureaux a New York, Toronto, au Costa Rica et a Tunis, et cherche a fournir un leadership intellectuel axé sur les droits humains et les analyses politiques fondé sur des preuves, d’après son site internet. L’organisation dit qu’elle travaille avec des partenaires régionaux en vue de renforcer les droits de l’homme a l’échelle mondiale.

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