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Histoire

Des historiens à la recherche de l’identité de la Ville sainte

Un projet européen, "Open Jerusalem", regroupe des historiens de multiples horizons pour rechercher l’identité de Jérusalem entre 1840 et 1940

Jerusalem, vue du mont des Oliviers (Crédit : Wayne McLean/Wikimedia Commons/CC BY 2.0)
Jerusalem, vue du mont des Oliviers (Crédit : Wayne McLean/Wikimedia Commons/CC BY 2.0)

JERUSALEM – Des historiens de divers horizons vont travailler ensemble pour la première fois sur « l’identité citadine » de Jérusalem entre 1840 et 1940 afin de rendre compte de la vie quotidienne dans la Ville sainte au-delà des clivages religieux, communautaires ou nationaux.

Ce projet européen, baptisé « Open Jerusalem », a été lancé samedi 1er février, par une équipe internationale d’historiens.

Il est financé par le Conseil européen de la recherche (ERC), la principale agence de financement de projets de recherches pluridisplinaires de l’Union européenne, à hauteur de 1,44 million d’euros sur 5 ans.

« Il s’agit pour la première fois de faire travailler ensemble des chercheurs palestiniens, israéliens, russes, grecs, turcs, allemands, italiens, arméniens, éthiopiens… pour décloisonner les récits historiques sur la Ville sainte », explique Vincent Lemire, maître de conférence à l’Université Paris-Est Marne-La-Vallée, directeur scientifique et opérationnel d’Open Jerusalem.

Le projet est centré sur les années 1840-1940, qui couvrent la fin de la domination ottomane et le Mandat britannique sur la Palestine, avant la création de l’Etat d’Israël (1948).

« C’est la période qui voit l’émergence, l’équilibre puis la crise d’un modèle d’identité citadine transcendant les clivages religieux, communautaires ou nationaux », souligne M. Lemire, spécialiste d’histoire urbaine, pour qui « Jérusalem n’a pas toujours été un champ de bataille », une ville déchirée par les tensions communautaristes.

A la différence d’études passées, les chercheurs privilégieront les sources « primaires » (archives administratives, sources locales, témoignages) pour s’intéresser au quotidien des habitants musulmans, juifs ou chrétiens de la Ville sainte, plutôt que les chroniques diplomatiques ou politiques qui rapportent les crises et les conflits.

« Il ne s’agit pas forcément d’élaborer un récit historique consensuel mais bien plutôt de connecter entre eux les différents récits, les différents points de vue, qui chacun exprime une part de vérité sur l’histoire de cette ‘ville-monde’ ou ‘ville-archipel’, » observe le chercheur, actuellement en délégation au Centre de recherche français à Jérusalem (CRFJ), qui préfère parler d’une histoire « connectée » plutôt que d’une histoire « partagée ».

Le projet prévoit le lancement d’un portail web multilingue « Open-Jerusalem », des publications sur papier et en ligne (en français, anglais, arabe, hébreu, russe, etc.) ainsi que trois colloques à Jérusalem (été 2015) puis à Paris (hiver 2016-2017) et enfin, pour sa clôture, de nouveau dans la Ville sainte (automne 2018).

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