Des hôtels de Jérusalem face à une forte baisse des réservations de Pâques
Rechercher

Des hôtels de Jérusalem face à une forte baisse des réservations de Pâques

Les réservations continuent à chuter depuis le record de 2010 ; beaucoup accusent le turbulent conflit israélo-palestinien

Vue sur le mont du Temple, le 12 décembre 2013 (Crédit : Flash90)
Vue sur le mont du Temple, le 12 décembre 2013 (Crédit : Flash90)

TEL AVIV (JTA) — Maintenant, Gil Azoulay se serait attendu que ses hôtels soient remplis à 80 % pour Pâques.

Au lieu de cela, Azoulay, qui dirige une chaîne d’hôtels, a encore la moitié de ses chambres disponibles.

Azoulay a ouvert en mai 2014 Smart Hotels, une mini-chaîne de trois petits hôtels de classe moyenne qui se focalise sur l’attention personnelle portée aux invités. Deux mois plus tard, la guerre a éclaté à Gaza, pertubant fortement l’indsutrie du tourisme en Israël. Les mois qui ont suivi ont vu une vague d’attaques terroristes dans Jérusalem. Ensuite, après une baisse des tensions, une vague d’attentats au couteau et à l’arme a commencé en septembre dernier et doit encore être arrêtée.

Le conflit a conduit à une baisse de 30 % des réservations de Pâques pour Azoulay. Il n’est pas le seul dans l’industrie du tourisme.

« Toute la ville fait face à cette baisse, a-t-il déclaré au sujet de Jérusalem. Si, à une époque, tout était réservé pour Pâques et chol hamoed [les jours intermédiaires de vacances], cela a moins souvent lieu maintenant ».

La saison de Pâques représente une source de revenus importante pour des hôtels de Jérusalem. Les réservations en avril 2014 et 2015, les mois de Pâques, représentaient presque 10 % du revenu total des hôtels à Jérusalem ouest ces années-là, selon le Bureau Central de Statistiques d’Israël.

Des hôtels dans Jérusalem ont vu une baisse des réservations de Pâques cette année, selon Arieh Sommer, le directeur de l’Association Hôtel Israël. Alors qu’il estimait que les hôtels auraient 85 % de leurs chambres réservées avant Pâques pour une année normale, cette année il déclare que la moyenne pourrait être aussi basse que 70 %.

C’est une baisse qui a commencé avec la guerre de Gaza en juillet 2014, connue en Israël comme l’opération Bordure protectrice. Avant le conflit, en avril 2014, le mois de Pâques, les hôtels de Jérusalem ont engrangé environ 40 millions de dollars. En avril 2015, on a observé une baisse de 10 %, à environ 36 millions de dollars.

« Depuis Bordure protectrice, il y a eu des problèmes dans le tourisme d’entrée en Israël, a déclaré Sommer. Nous avons vu qu’après Bordure protectrice, le tourisme a augmenté à nouveau. Mais à cause des difficultés récentes à Jérusalem, il y a eu une diminution des touristes en Israël ».

La violence n’est pas le seul facteur faisant du tort aux hôtels de Jérusalem. Les locations d’appartement, réservés à travers des sites comme Airbnb, ont fait perdre des parts de marché d’hôtels bien avant le début de la guerre à Gaza.

Selon le Bureau central des Statistiques, les hôtels de Jérusalem ont fait un pique à 10 millions d’étrangers en 2010. Depuis lors, il y a eu une forte baisse.

« On a pensé que la ville s’effondrait, a déclaré Ilanit Melchiro, la directrice du tourisme pour l’Autorité du Développement de Jérusalem. Le problème est qu’il y a eu une baisse, mais ce n’était pas dramatique. Lors de l’intifada des années 2000, la ville a prouvé qu’elle savait se ressaisir rapidement. Il y a du terrorisme partout dans le monde, pas seulement à Jésuralem ».

Les rampes art déco restaurées et une réplique d'une horloge du Waldorf Astoria à l'hôtel de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Les rampes art déco restaurées et une réplique d’une horloge du Waldorf Astoria à l’hôtel de Jérusalem (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Et tous les hôtels de Jérusalem ne souffrent pas. Le Jérusalem Waldorf Astoria, qui a ouvert en 2014, enregistré une hausse de 200 % de ses réservations sur l’année dernière. Le directeur général Guy Kleiman attribue la croissance au nom de la marque et aux bonnes notes des clients.

Le Inbal, un autre hôtel cinq étoiles, espère que les réservations vont rester stables cette année. Alex herman, le vice président des ventes et du marketing d’Inbal, a déclaré au JTA que de nombreux hôtes de Pâques sont des visiteurs récurrents en Israël qui demeurent relativement peu impressionnés par l’agitation.

« C’est une population qui vient, a déclaré Herman. Beaucoup de personnes ont de la famille ici. La vie continue, ça va ».

Aucun des hôtels contactés par JTA n’a conseillé aux hôtes d’éviter certaines zones, ni changé leurs mesures de sécurité en aucune manière. Kleiman a fait écho à Herman, expliquant que des touristes de Pâques à Jérusalem sont des visiteurs habitués de Jérusalem, ils savent éviter des zones dangereuses.

« Les gens sont assez matures pour savoir où aller et où ne pas aller, a déclaré Kleiman. Les personnes qui viennent à Jérusalem à ces moments connaissent la ville ».

Azoulay pense que ses hôtels vont supporter le déclin, même s’il espère que le calme reviendra bientôt et les touristes se sentiront à nouveau à l’aise de marcher dans les rues.

Comme d’autres hôteliers, il compte aussi sur les Israéliens pour soutenir les hôtels de Jérusalem en choisissant de passer Pâques dans la capitale. Alors que les réservations d’hôtels ont baissé en Israël ces dernières années, le tourisme domestique israélien est en augmentation importante. Les réservations internes israéliennes d’hôtel ont augmenté de 9 % entre 2014 et 2015.

« Nous voulons que le touriste israélien vienne, pour le réassurer qu’il n’y a rien à redouter, a-t-il déclaré. Nous avons besoin d’eux. Ils devraient venir à Jérusalem ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...