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Des images de sites israéliens sensibles sont désormais accessibles en ligne

Après un changement de la loi américaine, des images commerciales de haute qualité sont disponibles; les experts avertissent que cela pourrait rendre Israël plus vulnérable

Vue du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d'Israël, le 13 août 2016. (Moshe Shai/FLASH90)
Vue du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d'Israël, le 13 août 2016. (Moshe Shai/FLASH90)

Des images détaillées de sites sensibles en Israël, tels que le réacteur nucléaire de Dimona, sont maintenant largement disponibles en ligne en raison d’un changement de réglementation de l’ère Trump qui censurait auparavant efficacement les images satellites produites par des entreprises privées américaines.

L’amendement Kyl-Bingaman réglementait la résolution des images satellites accessibles au public pour Israël depuis 1997, jusqu’au changement surprise de la législation l’année dernière.

L’amendement avait effectivement imposé la censure du gouvernement américain sur les images commerciales d’Israël; par exemple, les images israéliennes sur Google Maps apparaissent souvent floues.

Plus tôt cette année, le quotidien Haaretz a demandé à Google s’il améliorerait ses images d’Israël au vu du changement législatif, mais le géant de la technologie a déclaré qu’il n’avait « aucun plan à partager ».

Dans un communiqué publié la semaine dernière, Mapbox, un fournisseur de cartes en ligne pour les sites Web, a déclaré que la résolution de ses images pour Israël, la Cisjordanie et Gaza a maintenant été quadruplée.

N’ayant auparavant pu afficher des images qu’à des résolutions ne dépassant pas 2 mètres par pixel, il les a maintenant mises à niveau à 50 centimètres par pixel, conformément à ses images du reste du monde, a déclaré la société.

La société de technologie utilise les données des satellites WorldView de Maxar, qu’elle a décrits comme « les instruments d’observation de la Terre les plus avancés et les plus hautes résolutions de leur genre, en dehors des satellites espions que nous ne connaissons pas ».

Certains experts en sécurité ont déclaré que les images améliorées d’Israël pourraient avoir des implications négatives pour la défense du pays.

Former National Security Adviser Major General (ret.) Giora Eiland (photo credit: flash90)
Giora Eiland, ancien chef du conseil de sécurité nationale (Crédit : Flash90)

« Des informations apparemment non classifiées rendent Israël très vulnérable à l’ennemi », a déclaré le major-général (à la retraite) Giora Eiland, ancien chef du Conseil de sécurité nationale d’Israël qui a servi pendant 33 ans dans l’armée israélienne, y compris en tant que chef de sa branche de planification stratégique, au site d’information Ynet.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale Yaakov Amidror a averti que les images pourraient permettre aux adversaires d’Israël de diriger plus facilement leurs armes.

« Plus l’image qu’ils ont de la cible est claire, mieux ils peuvent viser et plus leur capacité à infliger des dégâts », a-t-il déclaré à Ynet.

Les images de Mapbox ne sont pas les premières à être publiées sur des sites israéliens sensibles.

Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale, en octobre 2013. (Crédit : Flash90)

Plus tôt cette année, des images satellites de Planet Labs Inc. ont montré l’installation nucléaire secrète de Dimona, censée être au centre du programme d’armes atomiques non déclaré du pays, subissant ce qui semblait être son plus grand projet de construction depuis des décennies.

Le Groupe international sur les matières fissiles (IPFM) a publié des images similaires en février.

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