Des Jordaniens embauchés dans les hôtels d’Eilat dans un programme sans précédent
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Des Jordaniens embauchés dans les hôtels d’Eilat dans un programme sans précédent

Les travailleurs rentrent chaque soir en Jordanie, ne peuvent pas sortir de la ville et sont confinés aux emplois d’entretien

Une vue du front de mer à Eilat. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Une vue du front de mer à Eilat. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Dans une première pour les relations israélo-jordaniennes, un petit groupe de citoyens jordaniens a récemment obtenu un emploi en Israël, dans le secteur de l’hôtellerie, dans le cadre d’un programme pilote négocié par les deux pays.

Le Washington Post annonçait lundi que le programme, qui a été « très discrètement » lancé il y a six mois, permet actuellement à 700 Jordaniens de traverser la frontière pour travailler dans la ville touristique d’Eilat, sur la mer Rouge. Le programme concernera au final 1 500 Jordaniens.

Le premier jour du programme, en novembre, 172 travailleurs sont arrivés à Eilat, selon The Tower. Ce jour-là, le ministre de l’Intérieur Silvan Shalom avait accueilli les nouveaux travailleurs, déclarant : « C’est un jour de célébration pour la coopération israélo-jordanienne […] cela renforcera les liens entre Israël et la Jordanie, améliorera le service dans les hôtels d’Eilat et empêchera l’immigration illégale pour travailler en Israël. »

Les 40 hôtels d’Eilat emploient 9 000 personnes, dont un tiers dans l’entretien, selon le Post.

Ahmed Riashi, 25 ans, a déclaré au Post que son emploi de plongeur à l’hôtel Royal Garden Istrotel était deux fois mieux payé que son ancien emploi de serveur à Amman, la capitale jordanienne. Il a déclaré que les Israéliens juifs qu’il avait rencontré avait réagi positivement en apprenait qu’il était jordanien, et que plusieurs avaient demandé à prendre des photos avec lui.

Le programme finement régulé demande aux travailleurs jordaniens de rentrer en Jordanie à 20h00 tous les soirs, les empêche de sortir des limites de la ville d’Eilat et les assigne aux emplois d’entretien.

Selon le Post, les nouveaux employés sont à 99 % des hommes et, après avoir été examinés par le gouvernement jordanien et les hôtels israéliens, une vérification de leurs antécédents est effectuée par le Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure d’Israël.

Comme les objectifs du programme comprennent de mettre fin à la dépendance du secteur hôtelier aux employés qui sont des migrants africains en situation irrégulière, les hôtels doivent licencier un Africain à chaque fois qu’ils embauchent un Jordanien, selon le Post.

La Jordanie a signé un traité de paix en 1994, devenant le deuxième voisin arabe d’Israël, après l’Egypte, à mettre en place des relations diplomatiques complètes avec l’Etat juif.

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