Des manifestants portent plainte contre l’extrémiste et assassin Yona Avrushmi
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Des manifestants portent plainte contre l’extrémiste et assassin Yona Avrushmi

Des manifestants anti-Netanyahu ont demandé l'arrestation de l'homme, qui les a traités de "microbes" et qui a suggéré de mener des actions violentes contre eux

Yona Avrushmi, qui avait fait 27 ans de prison pour avoir tué l'activiste Emil Grunzweig lors d'un rassemblement pour la paix en 1983 en jetant une grenade dans la foule, dans un reportage diffusé à la télévision, au mois d'août 2020 (Capture d'écran/Douzième chaîne)
Yona Avrushmi, qui avait fait 27 ans de prison pour avoir tué l'activiste Emil Grunzweig lors d'un rassemblement pour la paix en 1983 en jetant une grenade dans la foule, dans un reportage diffusé à la télévision, au mois d'août 2020 (Capture d'écran/Douzième chaîne)

Des manifestants anti-Netanyahu ont déposé plainte à l’encontre de Yona Avrushmi pour incitation au meurtre. Samedi soir, lors d’un entretien télévisé, l’assassin de l’activiste de gauche Emil Grunzweig en 1983, a traité les manifestants de « microbes », en suggérant que les contre-manifestants « savent exactement ce qu’ils doivent faire » à leur sujet.

La plainte a été déposée au commissariat de Kfar Saba par un membre du groupe du « Ministère du crime », une des trois principales organisations à l’origine des manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu. La plainte a été déposée avant les grandes manifestations de samedi soir à Jérusalem et ailleurs.

Le groupe a également envoyé une lettre urgente au chef de la police Motti Cohen lui demandant de procéder immédiatement à l’arrestation d’Avrushmi.

Le député Moshe Yaalon du parti Yesh Atid-Telem, ancien chef d’Etat major de l’armée et ministre de la Défense, a appelé à l’arrestation immédiate d’Avrushmi. « Il doit être arrêté sur le champ… C’est clairement une incitation au meurtre », a déclaré samedi Yaalon, ajoutant que ses propos étaient basés sur déclarations incitatives de Netanyahu lui-même.

Les Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 8 août 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

En 1983, Avrushmi avait lancé une grenade dans une manifestation de gauche, tuant Grunzweig et blessant neuf autres personnes, dont l’ancien ministre du parti travailliste Avraham Burg et le ministre du Likud Yuval Steinitz, qui a lui aussi appelé à son arrestation. Lors d’un entretien à la Douzième chaîne diffusé vendredi, il a affirmé que les manifestants étaient des « microbes, cela ne fait aucun doute… ils propagent des maladies et doivent être tenus à l’écart de la société ».

Les traitant de « personnes mauvaises » et de « haineux d’Israël », il a dit : « Je les déteste et ils me détestent. »

Yona Avrushmi, qui a assassiné l’activiste Emil Grunzweig en 1983 lors d’une manifestation, a été libéré le mercredi 26 janvier 2011 de la prison d’Hadarim. (Flash90)

Avrushmi, qui vit à Tel Aviv, a déclaré qu’il n’avait aucune intention « d’aller à Balfour » pour voir les manifestations contre Netanyahu, mais que « certains jeunes hommes y vont, et ils savent quoi faire, ils savent exactement quoi faire ».

Avrushmi a été condamné à la perpétuité pour ce meurtre et a passé 27 ans en prison avant sa libération en 2011. Lors d’un interrogatoire après le meurtre, Avrushmi aurait déclaré aux officiers de police que les activistes de paix étaient alors « des microbes qui devaient être éliminés ».

Le député de Kakhol lavan Moshe Yaalon s’exprime lors d’une réunion de parti avant l’intronisation de la 21e Knesset, le 30 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Lors de son entretien avec la Douzième chaîne, il a parlé de la manifestation de 1983, soulignant qu’il « n’avait pas acheté une grenade pour la laisser à la maison. Je l’ai jetée [dans la foule] et je suis allé dormir ».

Il y a presque 40 ans, le défilé avait été organisé par l’organisation La Paix Maintenant. Il s’était tenu devant le Bureau du Premier ministre alors occupé par Menachem Begin. Les manifestants demandaient au gouvernement Begin d’accepter les conclusions de la Commission Kahan, mise en place pour enquêter sur le massacre de Sabra et Chatila commis par une milice libanaise en 1982.

Emil Grunzweig, 4e à gauche, à la manifestation lors de laquelle il a été tué, en 1983. (Yossi Zamir/Flash90)

« Quand on aime quelqu’un, on doit être prêt à mourir pour lui. J’aimais Begin comme ils admirent Netanyahu. Et j’aime Netanyahu plus que Begin », a-t-il dit.

Le « Ministère du Crime » a demandé qu’Avrushmi soit arrêté dans l’immédiat pour « envoyer un message clair de dissuasion et de tolérance zéro aux jeunes qu’il a encouragés ». Le groupe a également critiqué la Douzième chaîne pour avoir diffusé l’entretien.

« Dans un pays normal, le Premier ministre aurait immédiatement condamné le tueur, mais en Israël en 2020, l’incitation commence à Balfour », a déclaré le groupe dans un communiqué ciblant Netanyahu. Les militants de gauche ont appelé le public à participer à la manifestation de samedi à Jérusalem « en masse et sans crainte », comme une « réponse [directe] à l’incitation à la haine et à la violence ».

Netanyahu et ses partisans ont fermement condamné les manifestants, les qualifiant « d’anarchistes », et le Premier ministre les a aussi accusés d’incitation à la haine contre lui et sa famille. Il a également critiqué la couverture médiatique des manifestations, qui tendrait à exagérer l’ampleur du phénomène.

Des manifestants à l’extérieur de la résidence du Premier ministre brandissent une banderole sur laquelle on peut lire « Ministère du Crime », alors que les enquêteurs de police arrivent pour interroger Benjamin Netanyahu, le 10 juillet 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans leur communiqué de samedi, le « Ministère du Crime » a déclaré qu’il était évident qu’Avrushmi admirait Netanyahu. Le groupe a suggéré que les commentaires sérieux du Premier ministre étaient repris par le tueur condamné.

Le nom du groupe est tiré d’une slogan populaire dans les manifestations croissantes anti-Netanyahu. Il s’agit d’une référence à ses déboires judiciaires.

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