Des manifestants réclament la démission de Netanyahu devant sa résidence
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Des manifestants réclament la démission de Netanyahu devant sa résidence

Dans un contexte de vague terroriste, des manifestants ont brûlé des photos d'Abbas. Dagan ne veut pas la démission du Premier ministre mais "écraser l'autorité terroriste"

Un soldat israélien près de la voiture d'un Palestinien tué dans ce qui serait, selon l'armée, une attaque à la voiture-bélier près de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 13 décembre 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Un soldat israélien près de la voiture d'un Palestinien tué dans ce qui serait, selon l'armée, une attaque à la voiture-bélier près de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 13 décembre 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Près d’un millier d’Israéliens de droite ont manifesté aux abords de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, jeudi soir. Les manifestants ont appelé à sa démission en raison de la réponse gouvernementale apportée à une série d’attentats terroristes récents.

Deux Israéliens ont été tués, un troisième grièvement blessé et une civile sérieusement touchée lors d’une fusillade survenue à proximité de l’avant-poste de Givat Assaf, jeudi matin. Dimanche, à proximité de l’implantation voisine d’Ofra, sept Israéliens ont été blessés par arme à feu. Parmi eux, une femme enceinte dont le béné, né par césarienne, est mort mercredi.

« Bibi démission, on ne veut plus de toi ! » a scandé la foule, utilisant le surnom du Premier ministre qui est également ministre de la Défense.

Certains manifestants ont fait brûler des photos du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Les affiches, qui montraient Abbas au coeur d’une cible, ont commencé à apparaître dans toute la Cisjordanie, ces derniers jours.

La police a fermé les routes dans le quartier de Rehavia en raison du mouvement de protestation, conseillant aux usagers d’emprunter des routes alternatives.

Le chef du président du Conseil régional de Samarie a indiqué aux participants au rassemblement – hommes et femmes séparés – qu’il ne réclamait pas la démission du Premier ministre mais plutôt un passage à l’action.

« Nous sommes ici pour dire au Premier ministre et aux ministres du cabinet que nous ne pouvons plus rester à ne rien faire », a commenté Dagan, selon la chaîne Hadashot.

Le chef du conseil régional de Samarie Yossi Dagan s’exprime pendant une manifestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 13 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les conseils de Cisjordanie ont annoncé leur intention de se mettre en grève dimanche et il y aura une manifestation aux abords du Bureau du Premier ministre pendant la réunion du cabinet.

« J’appelle Netanyahu à se réveiller : Les gens qui vous ont élu l’ont fait pour que vous dirigiez un gouvernement national mais ce gouvernement se comporte comme le gouvernement de Barak au début de la Seconde intifada », a commenté Dagan, se référant à l’ancien Premier ministre Ehud Barak, sous lequel le soulèvement avait éclaté en l’an 2000. « Nous espérons vous voir écraser l’autorité terroriste ».

Chaim Silberstein s’exprime aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem lors d’un rassemblement de droite protestant contre la réponse gouvernementale aux attentats terroristes récents en Cisjordanie, le 13 décembre 2018 (Capture d’écran : Twitter)

Chaim Silberstein, dont le petit-fils est décédé – l’enfant était né prématurément et en urgence par césarienne, sa mère ayant été blessée lors d’un attentat terroriste survenu dimanche en Cisjordanie – s’est également adressé aux manifestants. Il a fustigé le gouvernement pour sa réponse à la fusillade.

« Mon petit-fils bien aimé Amiad Yisrael sera-t-il juste une statistique ? », a interrogé Silberstein.

La fille de Silberstein, Shira Ish-Ran, a été l’une des sept victimes israéliennes de la fusillade qui a eu lieu aux abords de l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie, au cours de laquelle des hommes armés, à bord d’une voiture, ont ouvert le feu sur des Israéliens qui attendaient à un arrêt de bus. Ish-Ran — qui était enceinte d’environ de 30 semaines – a été grièvement blessée. Les médecins ont fait naître l’enfant par césarienne en urgence mais le bébé, placé en unité de soins intensifs, est mort mercredi.

« N’oublierons-nous pas les blessés, ne priverons-nous pas nos frères et soeurs de la sécurité dont ils ont besoin parce que, une fois encore peut-être, on va tenter de mettre en place un nouveau processus, on va signer un autre document qui sera vide de sens, ou qu’on va s’effrayer face à un autre politicien anonyme dans un pays ami ? », a demandé Silberstein.

Amichai et Shira Ish-Ran, blessés lors d’un attentat terroriste, le 9 décembre, aux abords d’Ofra, en Cisjordanie, le jour de leur mariage (Autorisation de la famille)

« Monsieur le Premier ministre, je demande, je supplie qu’au nom de mon petit-fils, dont le sang hurle depuis la fraîcheur de la tombe, sur le mont des Oliviers, dans notre capitale éternelle et unie de Jérusalem, que des actes décisifs et couronnés de succès soient accomplis pour empêcher une prochaine attaque », a-t-il ajouté.

Silberstein a également demandé qu’une nouvelle implantation soit construite et porte le nom de son petit-fils, selon la Dixième chaîne.

Des Israéliens de droite lors d’une manifestation aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 13 décembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pour leur part, des douzaines de jeunes militants pro-implantations se sont livrés à des échauffourées sur les lieux de l’attentat terroriste de jeudi, dans le centre de la Cisjordanie, ont expliqué des militants des droits de l’Homme et ont affirmé des informations des médias palestiniens.

Des images ont montré les activistes d’extrême-droite jeter des pierres sur des voitures palestiniennes sur la Route 60, aux abords de l’avant-poste de Givat Assaf, et affrontant des soldats israéliens.

Ailleurs en Cisjordanie, les habitants d’implantation ont jeté des pierres sur des véhicules palestiniens au Gush Etzion, a fait savoir une source de sécurité palestinienne à l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa.

Une pierre jetée par des habitants d’implantation israéliens à l’intérieur d’un véhicule palestinien à proximité de l’implantation de Yitzhar, en Cisjordanie, le 13 décembre 2018 (Crédit : BTselem)

Un certain nombre de véhicules ont été endommagés, a fait savoir la source.

Des voitures ont également été prises pour cibles à l’entrée de Jit, un village du nord de la Cisjordanie, a expliqué Zakaria Sede, coordinateur de terrain du groupe Rabbins pour les droits de l’Homme.

Un certain nombre de véhicules ont été endommagés, a-t-il indiqué au cours d’un appel téléphonique, ajoutant que les habitants d’implantation avaient également jeté des pierres sur les habitations, faisant éclater les fenêtres de deux maisons, à Jit.

Selon Sede, des pierres ont également été jetées sur des véhicules palestiniens à Hawara, aux abords de Naplouse.

Un pare-brise cassé sur un van dans la ville palestinienne de Hawara dans le nord de la Cisjordanie, le 13 décembre 2018 (Autorisation : Rabbins pour les droits de l’Homme)

B’Tselem, un groupe des droits de l’Homme qui s’oppose au contrôle militaire israélien en Cisjordanie, a diffusé une vidéo dans laquelle apparaît un homme masqué qui jette des pierres sur le pare-bise d’un camion palestinien, aux abords de l’implantation de Yitzhar.

Le groupe Yesh Din a fait savoir que des habitants d’implantation avaient ouvert le feu à balles réelles sur des habitations des villages palestiniens d’Ein Yabroud et de Bietin, dans le centre de la Cisjordanie.

Deux soldats israéliens ont été tués au cours de la fusillade survenue jeudi près de Givat Assaf. Un troisième soldat et une civile israélienne ont été pour leur part grièvement blessés.

L’armée a ultérieurement identifié les deux défunts : Le sergent Yovel Mor Yosef, âgé de 20 ans, et le sergent Yosef Cohen, qui n’avait que 19 ans.

Une photo montage montre le sergent Yosef Cohen (G) et le sergent d’état-major Yovel Mor Yosef de la Brigade Kfir de l’Armée israélienne. Les deux jeunes hommes ont été tués le 13 décembre 2018 lors d’un attentat terroriste à l’extérieur de l’avant-poste de Givat Assaf, dans le centre de la Cisjordanie. (Armée israélienne)

Jeudi également, la police des frontières a tué un Palestinien, dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui avait poignardé deux officiers, les blessant légèrement.

L’armée a annoncé qu’un autre Palestinien avait tenté de projeter sa voiture en direction de soldats aux abords de Ramallah, même si des responsables de la Défense ont indiqué qu’il ne semblait pas que l’incident soit une attaque. Les militaires ont ouvert le feu sur l’homme, qui est mort.

La Cisjordanie a connu une hausse du nombre d’attentats contre des civils et des soldats israéliens ces dernières semaines après des mois de calme relatif dans le secteur, ce qui a fait naître l’inquiétude d’une recrudescence potentielle de violences régulières dans la région.

Selon l’armée, cette augmentation des attentats est imputable aux efforts continus livrés par les groupes terroristes, à un effet d’imitation et également à des dates significatives qui se profilent cette semaine – notamment l’anniversaire de la fondation du groupe terroriste du Hamas.

Un soldat israélien près de la voiture d’un Palestinien tué dans ce qui serait, selon l’armée, une attaque à la voiture-bélier près de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 13 décembre 2018 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Mercredi soir, les militaires israéliens ont arrêté un certain nombre de suspects qui auraient été à l’origine de la fusillade de dimanche soir. Ils en ont tué un troisième qui, selon les responsables de sécurité, avait tenté d’attaquer les soldats alors qu’il essayait de fuir.

Un Palestinien qui a tué deux Israéliens lors d’un attentat terroriste au mois d’octobre, en Cisjordanie, a également été tué jeudi matin durant un échange de coups de feu avec les militaires israéliens.

Jacob Magid et Adam Rasgon ont contribué à cet article.

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