Des microscopes deviennent high-tech grâce à la start-up israélienne Augmentiqs
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Des microscopes deviennent high-tech grâce à la start-up israélienne Augmentiqs

Un dispositif électro-optique s'intègre à la technologie traditionnelle des instruments existants, les rendant "intelligents" et connectés

Augmentiqs a développé un appareil électro-optique qui s'intègre au sein d'un microscope déjà existant et le transforme en un objet connecté et intelligent. Le co-fondateur Gabe Siegel regarde au microscope à l'exposition HealthIL à Tel Aviv, le 27 novembre 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)
Augmentiqs a développé un appareil électro-optique qui s'intègre au sein d'un microscope déjà existant et le transforme en un objet connecté et intelligent. Le co-fondateur Gabe Siegel regarde au microscope à l'exposition HealthIL à Tel Aviv, le 27 novembre 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Il est temps d’élargir les horizons du microscope, selon la start-up israélienne Augmentiqs, puisque cet instrument – utilisé pour observer de petits objets invisibles à l’œil nu – n’a presque pas évolué depuis son invention il y a environ 400 ans.

Ça sera toujours une « boîte analogue qui utilise du verre et de la lumière », a assuré Gabe Siegel, un co-fondateur de la start-up, au sujet de l’objet vénérable.

De même, le déroulement du travail de ceux qui utilisent des microscopes, comme les pathologistes et les assistants de laboratoire, n’a connu que très peu de changements, a ajouté M. Siegel. Les échantillons de tissus et les lames de verre sont préparés en laboratoire et envoyés aux cabinets de pathologie pour examen au microscope, suivi d’un rapport de pathologie écrit ou dicté.

« On trouve un microscope sur le bureau de tous les pathologistes et il présente encore de nombreux avantages pour le diagnostic pathologique, mais il s’agit essentiellement d’un silo, déconnecté de la révolution numérique de la santé », a dit Siegel. Contrairement à d’autres tests de laboratoire qui donnent des résultats quantitatifs, la pathologie est « sujette à interprétation et reste donc la science la plus subjective ».

Le microscope analogique « manque d’innovation moderne » pour répondre aux besoins d’un système de soins de santé numérique de plus en plus surchargé et soucieux des coûts, a-t-il ajouté.

La version améliorée développée par Augmentiqs, une start-up fondée en 2016, est un appareil électro-optique combinant logiciel et matériel qui s’intègre aux microscopes existants, les connecte à un PC et les transforme en instruments intelligents et connectés.

Siegel s’est adressé au Times of Israel lors de la conférence et de l’exposition HealthIL sur la santé numérique qui se sont tenues à Tel Aviv la semaine dernière, où il exposait son produit.

Une petite boîte noire, le cerveau du logiciel, peut être vissée sur n’importe quel microscope, ce qui permet aux pathologistes d’apporter des caractéristiques numériques à leur microscope analogique.

« Nous permettons aux pathologistes d’avoir leur microscope et un ordinateur dans un seul appareil », dit Siegel. « Nous fournissons des capacités numériques à partir du microscope. »

Le co-fondateur Gabe Siegel à côté d’un microscope à l’exposition HealthIL à Tel Aviv, le 27 novembre 2019. (Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Ainsi, tout en regardant une lame au microscope, les pathologistes peuvent, en même temps – grâce à la réalité augmentée fournie par Augmentiqs – voir une superposition numérique avec laquelle ils peuvent interagir en utilisant une souris.

La réalité augmentée permet aux pathologistes de faire des annotations, de prendre des mesures ou d’utiliser des algorithmes de traitement d’images et d’intelligence artificielle sans retirer leurs yeux du microscope. D’un simple clic de souris, ils peuvent partager des images avec leurs collègues par SMS ou par e-mail.

« La télépathologie en temps réel peut aider les pathologistes à poser un diagnostic plus rapide et plus précis », explique Siegel. « Un pathologiste situé à l’extérieur de l’hôpital peut voir une image en direct de l’échantillon sur l’écran de son ordinateur, puis, à l’aide de sa souris, indiquer les caractéristiques importantes qui apparaissent immédiatement en réalité augmentée dans l’oculaire du microscope. »

Cela contribue à rendre le travail des pathologistes plus transparent.

« La pathologie est une science très subjective », dit Siegel. « Aujourd’hui, les pathologistes analysent et interprètent ce qu’ils voient au microscope, mais il n’y a aucun moyen de savoir ce qui a amené le pathologiste à prendre une certaine décision. »

« Augmentiqs peut enlever une partie de cette subjectivité en photographiant l’échantillon vu par le pathologiste tout en suivant le mouvement de la lame… Cet enregistrement du diagnostic pathologique permet à d’autres pathologistes de revenir en arrière et d’analyser les zones exactes de la lame que le premier pathologiste a vues… Nous pouvons diriger les pathologistes vers certaines zones de la lame en projetant des directions dans le viseur du microscope. »

La société Augmentiqs, basée à Misgav et fondée en 2016, vend déjà ses produits aux hôpitaux, aux développeurs pharmaceutiques et aux organismes de recherche sous contrat aux États-Unis, en Europe et en Asie. Parmi ses clients figurent Charles River Laboratories Inc. qui fournit des services de laboratoire préclinique à des entreprises pharmaceutiques et d’appareils médicaux ; ARUP Laboratories, un important laboratoire de référence offrant des services de tests pathologiques ; et Thomas Jefferson University Hospital à Philadelphie, a déclaré Siegel.

« Nous avons atteint les premières ventes aux pathologistes, » dit-il. « Le but est d’être sur chaque microscope. »

La start-up, qui a récolté 400 000 dollars à ce jour et emploie six travailleurs, dont cinq freelancers, a fait don d’un système à un hôpital en Tanzanie en collaboration avec un pathologiste de la Caroline du Nord. Le système sera utilisé pour la télépathologie – la pratique à distance de la pathologie – et pour développer des algorithmes d’intelligence artificielle pour aider les pathologistes tanzaniens, a dit Siegel.

Le microscope Augmentiqs a récemment été utilisé dans une étude pré-clinique dans un laboratoire en Caroline du Nord où l’intelligence artificielle a été utilisée à l’intérieur du microscope – une « première mondiale », dit Siegel, et les résultats ont été présentés en réalité augmentée.

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