Des migrants africains manifestent contre l’incarcération des leurs
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Des migrants africains manifestent contre l’incarcération des leurs

Des centaines de détenus de Holot se sont mis en grève de la faim depuis mercredi

Des demandeurs d'asile protestent au centre de détention de Holot dans le sud du désert du Negev, en Israël, le 17 février 2014 (Crédit : Ilia Yefimovich/Getty Images)
Des demandeurs d'asile protestent au centre de détention de Holot dans le sud du désert du Negev, en Israël, le 17 février 2014 (Crédit : Ilia Yefimovich/Getty Images)

Des centaines de migrants africains ont manifesté jeudi dans le sud d’Israël contre l’emprisonnement de plusieurs des leurs, incarcérés en vertu d’une nouvelle politique gouvernementale.

Israël se prépare à expulser des milliers d’Érythréens et de Soudanais entrés illégalement dans le pays et qui n’ont pas de demande d’asile en cours d’instruction. Il leur donne le choix : partir d’ici début avril – soit pour leur pays d’origine soit pour un pays tiers – ou aller en prison indéfiniment.

Le plan concerne dans un premier temps les hommes seuls qui n’ont pas soumis de demande d’asile, ou dont la demande a été rejetée.

Les autorités ont transféré mardi dans la prison de Saharonim (sud) les premiers migrants érythréens qui étaient détenus au centre de rétention de Holot, non loin de la prison, et qui ont refusé de partir.

Plusieurs centaines de migrants ont protesté devant la prison de Saharonim où, selon eux, au moins 12 d’entre eux sont détenus depuis mardi.

Des centaines de détenus de Holot, un centre de rétention ouvert où les migrants sont tenus d’émarger le soir, se sont mis en grève de la faim mardi soir, selon les organisations d’aide.

Frappant dans leurs mains au-dessus de leurs têtes, les manifestants ont scandé : « Nous ne sommes pas des criminels, nous sommes des réfugiés. Pas d’expulsion, plus de prison, nous ne sommes pas à vendre, nous sommes des demandeurs d’asile, ramenez nos frères ».

« Nous sommes ici pour demander l’asile », pas pour travailler ou devenir riches, a expliqué à l’AFP un des manifestants, Muluebrhan Ghebrihimet, un Erythréen de 27 ans.

Arrivé en Israël il y à six ans, il a dit avoir déposé une demande d’asile qui a été rejetée et ne pas savoir quand il sera envoyé en prison.

Le gouvernement garde secret le nom du ou des pays avec lesquels il se serait entendu pour accueillir les migrants expulsés d’Israël. Les organisations d’aide parlent surtout du Rwanda.

Les migrants africains sont arrivés très majoritairement après 2007 en s’infiltrant à partir du Sinaï égyptien. La frontière à l’époque poreuse avec l’Egypte a depuis été rendue quasiment hermétique, mettant fin aux passages clandestins.

Les migrants se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres du sud de Tel-Aviv, la capitale économique du pays.

Leur présence a causé des frictions avec les Israéliens. Des responsables religieux et conservateurs ont présenté ces migrants musulmans ou chrétiens comme une menace pour l’identité juive d’Israël.

Le plan du gouvernement, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a suscité une large réprobation, de la part de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR), d’intellectuels, et de médecins.

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