Des migrants passés à tabac à la frontière hongroise, dénonce une ONG
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Des migrants passés à tabac à la frontière hongroise, dénonce une ONG

"Je me coupais les jambes et les mains", confie un réfugié, pendant qu'un policier lui bottait les fesses pour le faire avancer

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Plusieurs migrants rapportent, dans des témoignages concordants, avoir été passés à tabac en Hongrie par des forces de sécurité qui les ont renvoyés de force en Serbie, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW) qui dénonce des traitements « cruels ».

« Les migrants à la frontière hongroise sont, sans autre forme de procès, renvoyés de force vers la Serbie, parfois en subissant des traitements violents et cruels, sans prise en compte de la protection » qu’ils sont en droit de réclamer, écrit HRW dans un rapport mis en ligne mercredi.

L’ONG cite les témoignages précis de douze migrants, recueillis en avril et mai, qui ont été, tout en étant menottés, roués de coups, notamment à l’aide de bâtons, aspergés de face de spray au poivre et attaqués par des chiens lâchés sur eux.

« Je n’ai jamais vu de brutalités pareilles, même dans les films », dit l’un deux.

Les témoins désignent des policiers ou des soldats. HRW affirme également qu’une « milice civile » opère sur une portion de cette frontière avec la Serbie où se dresse une clôture barbelée.

La Hongrie « enfreint toutes les règles » et « ignore sans (suivre la moindre) procédure les requêtes » des migrants qui souhaitent demander l’asile dans l’UE, dénonce la chercheuse Lydia Gall, au nom de l’ONG.

Un autre migrant, repoussé vers la frontière par la police, raconte avoir été obligé de ramper, menotté, à travers les barbelés de la clôture. « Je me coupais les jambes et les mains », assure-t-il, pendant qu’un policier lui bottait les fesses pour le faire avancer.

Le gouvernement hongrois dirigé par le conservateur Viktor Orban a contesté ces allégations, reprochant également à l’ONG de « mal interpréter » les règles de la procédure d’asile.

Il assure dans un communiqué que « les migrants ne sont pas maltraités », que la « Hongrie traite de manière humaine ceux qui sont réellement dans le besoin ». Dans le même temps, ce pays « attend des migrants qu’ils observent les lois de l’Union européenne et de la Hongrie », ajoute-t-il.

Sur 17 000 personnes appréhendées en train de franchir illégalement la frontière en 2016, huit ont porté plainte pour mauvais traitements. La justice examine ces accusations que les enquêteurs ont d’ores et déjà jugé « infondées », selon le communiqué.

Depuis le 5 juillet, la Hongrie autorise à reconduire à la frontière les migrants arrêtés dans un rayon de huit kilomètres sur son territoire. Les contrôles ont été renforcés et les autorisations d’entrée délivrées à la frontière serbe se raréfient.

La Hongrie, située sur la route migratoire partant du territoire grec, a vu transiter 400 000 migrants en 2015. Ils sont beaucoup moins nombreux depuis qu’elle a érigé cette clôture et que le flux au départ de la Turquie a diminué.

Des milliers de demandeurs d’asile continuent cependant de tenter leur chance via la Hongrie et le renforcement des contrôles bloque actuellement plusieurs centaines d’entre eux à la frontière avec la Serbie.

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