Des milliers d’Arabes israéliens participent à la marche de la « Nakba »
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Des milliers d’Arabes israéliens participent à la marche de la « Nakba »

"Ce qui s'est produit à l'époque était une catastrophe - un désastre humanitaire et national à tous points de vue", a déclaré le député Ahmad Tibi

Des milliers d'Arabes israéliens participent à une "Marche du retour" commémorant la Nakba, dans la ville d'Atlit, au nord d'Israël, le 19 avril 2018. (Capture d'écran Twitter)
Des milliers d'Arabes israéliens participent à une "Marche du retour" commémorant la Nakba, dans la ville d'Atlit, au nord d'Israël, le 19 avril 2018. (Capture d'écran Twitter)

Des milliers d’Arabes israéliens ont participé jeudi à une marche marquant la Nakba (« catastrophe » en arabe) pour les Palestiniens causée par la création de l’Etat juif, qui a lieu chaque année à l’occasion du Jour de l’Indépendance d’Israël.

Commémorant les Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de leurs foyers pendant la guerre d’indépendance en 1948-1949, les participants ont agité des drapeaux palestiniens et des photos de prisonniers dans les prisons israéliennes, ainsi que des banderoles demandant le droit au retour des descendants de ces réfugiés.

Ils ont scandé des slogans tels que « ce sont nos terres – nous continuerons notre lutte à tout prix » et « nous sacrifierons notre vie pour la Palestine ».

« Ce n’est pas le Jour de l’Indépendance, c’est le Jour de la Nakba », a déclaré un des participants. « L’État a causé une injustice à de nombreuses familles qui ont été expulsées de leurs villages. Nous sommes venus ici pour faire entendre notre voix – ce sont les terres de nos familles. »

La marche s’est déroulée près de la ville de Galilée occidentale d’Atlit, dans le nord d’Israël, où un village arabe existait avant la guerre.

« C’est le jour où les Palestiniens s’unissent dans la mémoire et le chagrin au sujet des familles qui ont été détruites et des frères qui ont été dispersés aux quatre coins du monde », a déclaré le député Ahmad Tibi, de la faction parlementaire de la Liste arabe unie, pendant la marche.

« Ce qui s’est produit à l’époque était une catastrophe – un désastre humanitaire et national à tous points de vue », a déclaré Ahmad Tibi selon le site d’information Ynet.

« Des centaines de milliers de citoyens palestiniens vivent encore aujourd’hui à proximité des communautés d’où ils ont été déracinés. Quoi de plus naturel, humanitaire, et juste que de les ramener chez eux dans leurs communautés abandonnées, et de leur rendre leurs biens volés », a-t-il ajouté.

La « Marche du retour » a lieu chaque année depuis 1998 dans divers villages arabes détruits ou abandonnés pendant la guerre. Les Palestiniens revendiquent le droit de rentrer chez eux ou sur des sites dont leurs ancêtres ont fui ou ont été chassés de force en 1948, et ont fait de cette exigence une condition préalable à tout accord de paix.

Les gouvernements israéliens ont rejeté l’idée d’un  » droit au retour  » massif des Palestiniens dans les frontières de l’État d’Israël, arguant qu’un afflux de millions de Palestiniens signifierait la fin de l’État-nation juif. Israël a demandé que les réfugiés palestiniens soient absorbés dans un futur État palestinien, tout comme Israël a accueilli des centaines de milliers de réfugiés juifs fuyant les nations arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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