Des milliers de manifestants à Tel Aviv contre la démolition de maisons arabes
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Des milliers de manifestants à Tel Aviv contre la démolition de maisons arabes

Les manifestants juifs et arabes accusent le gouvernement de racisme, d’incitation à la haine contre les minorités, et soulignent la différence de traitement avec les évacués d’Amona

  • Des milliers de Juifs et d'Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
    Des milliers de Juifs et d'Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
  • Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. Sur la pancarte rouge, on peut lire "quand le gouvernement est contre la nation, la nation est contre le gouvernement". (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
    Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. Sur la pancarte rouge, on peut lire "quand le gouvernement est contre la nation, la nation est contre le gouvernement". (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
  • Un manifestant avec une pancarte "Assez de mensonges, assez d'incitations à la haine" pendant une manifestation contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
    Un manifestant avec une pancarte "Assez de mensonges, assez d'incitations à la haine" pendant une manifestation contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
  • Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
    Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
  • Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
    Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Des milliers d’Arabes et de Juifs ont manifesté samedi soir à Tel Aviv contre les politiques du gouvernement à l’égard de la communauté arabe, accusant le gouvernement de racisme et d’incitations à la haine contre les minorités.

Entre 3 000 et 5 000 manifestants ont exprimé leur colère après les récentes démolitions de maisons dans le village bédouin d’Umm al-Hiran et dans le village arabe de Qalansawe, situé dans le nord du pays.

A la tête du défilé figuraient des députés du parti de gauche Meretz et de la Liste arabe unie, une coalition de différentes formations arabes israéliennes.

Les manifestants ont affirmé que la gestion gouvernementale de ces actes contrastait fortement avec la manière dont les habitants de l’avant-poste illégal d’Amona, en Cisjordanie, évacué la semaine dernière, ont été traités.

Majed Abu Balal, militant de l’association judéo-arabe « Etre solidaire », a déclaré que les manifestants protestaient contre le « racisme de ce gouvernement, qui démolit des maisons arabes à Qalansawe et Umm al-Hiran en envoyant des policiers prêts à la guerre » tout en traitant les habitants d’Amona « avec des pincettes ».

Des milliers de Juifs et d'Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, devant le centre commercial Dizengoff de Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : autorisation)
Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, devant le centre commercial Dizengoff de Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : autorisation)

Dov Khenin, député de la Liste arabe unie, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’ « imiter les antisémites en Europe ».

« En Russie, les partisans du Tsar disaient ‘frappons les juifs pour sauver la Russie’. Avec notre Premier ministre, c’est ‘frappez les arabes pour sauver Netanyahu’. Nous ne pouvons pas laisser le modèle d’incitation [à la haine] contre les minorités se répandre ici parmi nous », a déclaré Khenin.

Des milliers de Juifs et d'Arabes manifestant pour l'égalité et la coexistence à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : autorisation)
Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant pour l’égalité et la coexistence à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : autorisation)

Pendant la manifestation, l’épouse d’un Bédouin qui a renversé et tué avec sa voiture un policier pendant les démolitions à Umm al-Hiran le 18 janvier, avant d’être abattu lui-même, a accusé le gouvernement actuel d’un « racisme déchaîné » et a demandé une enquête indépendante sur les évènements qui ont entraîné la mort de son mari.

La voiture de Yaqoub Mousa Abu al-Qian a renversé un groupe de policiers pendant les démolitions d’Umm al-Hiran, entraînant la mort d’Erez Levi, 34 ans. Des ministres et la police ont soutenu qu’il s’agissait d’un acte terroriste délibéré. Des témoins et des proches assurent qu’Abu al-Qian a perdu le contrôle de sa voiture après avoir été touché par des tirs des policiers ou en essayant d’éviter les balles.

Yaqoub Mousa Abu al-Qian (Crédit : autorisation)
Yaqoub Mousa Abu al-Qian (Crédit : autorisation)

Une autopsie préliminaire a montré qu’Abu al-Qian avait pu perdre le contrôle de son véhicule après avoir été touché par une balle au genou, ce qui l’a entraîné à renverser le policier. Les découvertes supplémentaires n’ont jusqu’à présent pas permis de conclure le dossier.

Samedi, l’épouse d’Abu al-Qian, Amal Abu Saïd, a demandé la fin de « l’incitation [à la haine], de la séparation et du racisme », et a appelé un futur d’égalité et de coexistence.

Elle a accusé le gouvernement de « déclarer la guerre à ses citoyens » à Umm al-Hiran, et a affirmé que Netanyahu utilisait cyniquement les démolitions de maisons arabes pour apaiser le mouvement des implantations, irrité par l’évacuation ordonnée par la cour d’Amona.

« Le choix de traiter les citoyens bédouins comme des ennemis a coûté la vie à mon cher mari, ainsi que la vie du policier Erez Levi […] qui, dans leurs morts inutiles, ont payé pour vos choix irréfléchis et irresponsables. »

Elle a demandé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur les évènements d’Umm al-Hiran.

Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier présumée dans le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)
Erez Levi, policier de 34 ans, a été tué dans une attaque à la voiture bélier présumée dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : police israélienne)

Abu Saïd a déclaré que la foule, nombreuse et mixte, était la « preuve que les Arabes et les Juifs veulent vivre ensemble. »

« Les membres de notre gouvernement sont fiers d’établir des faits alternatifs », a déclaré aux manifestants Michal Rozin, députée du Meretz.

« Ils ne le font pas par ignorance, a-t-elle ajouté. Ils construisent un narratif de peur, de racisme et de haine de l’autre, de façon délibérée et sinistre pour servir leurs objectifs politiques. »

A la suite de l’ordre émis pour le démantèlement d’Amona, Netanyahu avait affirmé en décembre sa volonté de s’attaquer aux constructions arabes non autorisées.

« La loi doit être équitable, la même loi qui oblige à évacuer Amona oblige également à détruire les constructions illégales dans d’autres parties de notre pays », avait-il affirmé.

« Par conséquent, j’ai donné l’ordre d’accélérer la démolition des constructions illégales […] dans toutes les régions du pays, ce qui sera fait dans les prochains jours. »

Les manifestants sont venus à Tel Aviv de tout le pays. Sans financement, les citoyens arabes sont venus en bus depuis le nord et le sud d’Israël, notamment d’Umm al-Hiran et de Qalansawe.

Les manifestants criaient « des logements pour tous. Assez de démolitions, assez de sang », et certains arboraient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire en arabe et en hébreu « Juifs et Arabes ensemble ».

Beaucoup ont demandé la démission de Netanyahu et du ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, les accusant d’inciter à la haine contre la communauté arabe israélienne.

Des milliers de Juifs et d'Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des milliers de Juifs et d’Arabes manifestant contre le traitement réservé à la minorité arabe par le gouvernement israélien, à Tel Aviv, le 4 février 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Anton Goodman, directeur du développement de l’association de promotion de la coexistence Le fonds Abraham, a déclaré que la manifestation était « une effusion d’émotions de ceux qui savent d’expérience que de meilleures relations entre Juifs et Arabes sont possibles. »

David Lasry, un des manifestants, a déclaré que les démolitions étaient une tentative du Premier ministre de détourner l’attention des enquêtes menées sur lui par la police pour des soupçons de corruption.

« Ce qui est arrivé à Umm al-Hiran est lié aux enquêtes sur Netanyahu », a-t-il déclaré. Le Bédouin et le policier tués sont des victimes de son agressivité, et Erdan est son complice. »

Avant le rassemblement de samedi, plusieurs manifestations avaient été organisées dans le pays ces dernières semaines suite aux évènements d’Umm al-Hiran.

L’AFP a contribué à cet article.

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