Des ministres des EAU et du Bahrein tweetent sur la 75e Journée de la Shoah
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Des ministres des EAU et du Bahrein tweetent sur la 75e Journée de la Shoah

Des officiels arabes ont déclaré que de tels crimes contre l'Humanité ne devraient jamais se répéter

Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdullah bin Zayed Al Nahyan lors d'une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis avec le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, à Abou Dhabi, Émirats arabes unis, le mardi 4 juillet 2017. (AP Photo/Jon Gambrell)
Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdullah bin Zayed Al Nahyan lors d'une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis avec le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, à Abou Dhabi, Émirats arabes unis, le mardi 4 juillet 2017. (AP Photo/Jon Gambrell)

Samedi, les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis et du Bahreïn ont publié des tweets séparés prenant position contre le racisme et la haine en reconnaissance de la Journée internationale de la Shoah, qui tombe lundi.

« Alors que nous nous souvenons de la Journée internationale de la Shoah, nous nous dressons du côté de l’humanité contre le racisme, la haine et l’extrémisme », a écrit le ministre des Affaires étrangères émirats Abdullah bin Zayed Al Nahyan sur Twitter. « Et ensemble, nous nous souvenons des vies prises afin que de tels crimes contre l’humanité ne se répètent jamais ».

Khalid bin Ahmed Al Khalifa, ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, a écrit en arabe à la veille de la journée de mémoire : « Nous nous tenons avec l’humanité dans son rejet du racisme, de la haine et de l’extrémisme. Ensemble, nous nous souvenons des vies qui ont été perdues pour que ces crimes contre l’humanité ne se répètent pas ».

En décembre, Al Nahyan avait tweeté un lien vers un article publié dans le journal britannique Spectator, intitulé : « La réformation de l’islam : une alliance arabe-israélienne se forme au Moyen Orient ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait alors répondu à ce tweet, en écrivant en anglais et en arabe : « Je me félicite des relations plus étroites entre Israël et de nombreux Etats arabes. Le moment est venu pour la normalisation et la paix ».

L’article traitait de l’évolution du paysage géopolitique au Moyen Orient. De nombreuses personnalités arabes ont pris conscience qu’Israël pourrait se révéler un allié important contre l’islamisme et l’expansionnisme iranien dans la région, mais aussi un partenaire potentiel de commerce et de sécurité.

L’année dernière, Al Nahyan avait déclaré dans une vidéo d’une conférence qu’Israël avait le droit de se défendre en attaquant des cibles iraniennes en Syrie afin d’empêcher la République islamique de s’implanter le long de sa frontière.

En juillet, Al Khalifa avait déclaré que si l’Iran ne soutenait pas le Hamas et d’autres groupes armées dans la bande de Gaza, Israël et les Palestiniens seraient déjà plus proches de la paix.

Le ministre Bahreini des Affaires étrangères Khalid bin Ahmed Al Khalifa parle au Times of Israel en marge de la conférence de la paix pour la prospérité à Manama, au Bahreïn, le 26 juin 2019 (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

« Si l’Iran n’était pas présent – des soldats iraniens, de l’argent iranien, du soutien iranien pour le Hamas et pour les djihadistes qui contrôlent Gaza – nous serions beaucoup plus proches d’obtenir une paix entre les Palestiniens et les Israéliens, et nous aurions une meilleure chance », a-t-il déclaré lors d’un événement à Washington.

Israël a vu un réchauffement progressif de ses liens avec les Etats arabes sunnites ces dernières années. Jérusalem aurait développé des liens secrets avec de nombreux pays arabes ces dernières années dans le contexte d’une aversion commune à l’égard de l’Iran et la nécessité de contrer le jihadisme.

Des dirigeants arabes ont cependant indiqué que la vraie normalisation ne pourra pas avoir lieu tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu.

Jeudi, des responsables religieux musulmans ont rejoint des membres d’un groupe juif américain à Auschwitz dans ce que les organisateurs ont qualifié de « la plus importante délégation de responsables islamiques » à visiter le camp.

Le secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale, Mohammed al-Issa d’Arabie saoudite, dirigeait la délégation.

Une délégation inter-religieuse au Auschwitz avec le chef de la Ligue mondiale musulmane Mohammed al-Issa, le 23 janvier 2020. (Yaakov Schwartz/ Times of Israel)

La journée mémorielle de cette année marque le 75e anniversaire de la libération du camp par les forces soviétiques à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Des dirigeants du monde entier, dont le président russe Vladimir Poutine, le président français Emmanuel Macron, et le prince Charles du Royaume-Uni, se sont rassemblés à Jérusalem cette semaine pour le cinquième Forum annuel de la Shoah.

Brouilles politiques avant l’anniversaire

Lundi, des survivants de la Shoah et des responsables politiques mondiaux se sont rassemblés à Auschwitz pour marquer l’anniversaire.

Des tensions politiques planent au-dessus de la cérémonie mémorielle de l’ancien camp à Oswiecim, dans le sud de la Pologne, où seront présents des représentants de familles royales, des présidents et des Premiers ministres d’environ 60 pays, mais pas de haut dirigeants mondiaux.

Le mois dernier, Poutine a créé une polémique après avoir lancé de fausses accusations que la Pologne se serait alliée avec le dictateur allemand nazi Adolf Hitler et aurait contribué au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

En fait, la guerre a commencé après que l’Allemagne nazie et l’Union soviétique ont envahi puis se sont partagé la Pologne en septembre 1939, selon une clause secrète de leur pacte Molotov-Ribbentrop.

Le président polonais Andrzej Duda, qui a dénoncé Poutine pour tenter de réécrire l’histoire, a annulé sa participation au forum à Jérusalem après qu’on lui a refusé la possibilité de s’y exprimer.

Il s’exprimera lundi à Auschwitz où les survivants occuperont une place centrale lors des cérémonies honorant les six millions de Juifs européens tués dans la Shoah.

Auschwitz-Birkenau était le plus grand de tous les camps de la mort et de concentration de l’Allemagne nazie et le camp où le plus grand nombre de personnes ont été tuées. Et c’est le seul à avoir été préservé car il avait été abandonné par les Allemands qui fuyaient l’avancée de l’Armée rouge.

Géré par les Nazis de 1940 jusqu’en 1945, Auschwitz faisait partie d’un vaste réseau de camps de concentration et de la mort à travers l’Europe qui a été mis en place dans le cadre de la « Solution finale », génocide qu’Hitler a lancé contre près de 10 millions des Juifs européens.

Autrefois le foyer d’une grande population juive d’Europe, la Pologne a vu 90 % de ses 3,3 millions de citoyens juifs d’avant-guerre tués pendant l’occupation nazie allemande entre 1939 et 1945.

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