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Des ministres tenus dans l’ignorance de la frappe à l’origine des combats à Gaza?

Selon le cabinet du Premier ministre, les membres du cabinet de sécurité ont été informés au préalable, mais certains soutiennent qu’on ne leur a « rien » dit

Contrairement à ce qu’a indiqué le cabinet du Premier ministre au sujet de l’information des membres du gouvernement, des membres du cabinet de sécurité affirment avoir été tenus dans l’ignorance de l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, selon une information publiée mardi.

L’armée israélienne a effectué des frappes, vendredi après-midi, qui ont tué Tayseer Jabari, commandant du Jihad islamique palestinien pour le nord de Gaza, au motif que le groupe terroriste projetait d’attaquer des civils ou soldats israéliens au moyen d’un char, le long de la frontière.

Ces frappes ont donné le coup d’envoi à trois jours de combats intenses, clos par un cessez-le-feu négocié par l’Égypte, entré en vigueur dimanche soir.

Evoquant le cas de plusieurs ministres dont l’identité n’a pas été révélée, le site d’information Ynet a déclaré que le secrétaire militaire du Premier ministre, le général de brigade Avi Gil, avait appelé les membres du cabinet de sécurité, vendredi matin, pour proroger la fermeture des routes et autres mesures de sécurité mises en place dans la zone frontalière de Gaza. Les restrictions étaient en place depuis plusieurs jours, en raison de craintes que le Jihad islamique ne riposte à l’arrestation récente de son dirigeant cisjordanien.

L’un des ministres souligne que Gil aurait déclaré que les mesures de sécurité ne devraient pas durer très longtemps, d’autres qu’il n’a pas explicitement mentionné l’opération en cours, mais laissé entendre que quelque chose allait se passer.

« Le secrétaire militaire n’a rien dit sur l’opération ou l’assassinat. Absolument rien », aurait déclaré un ministre.

« Peut-être pensaient-ils qu’en disant que le sud était confiné en raison d’une menace d’attentat [du Jihad islamique palestinien,], nous comprendrions qu’Israël se préparait à une opération, mais c’était tout sauf clair », a ajouté le ministre.

Le cabinet de Lapid a balayé les critiques, soutenant que Gil avait effectivement dit aux ministres qu’une opération allait être menée. Il a admis que Gil n’avait pas fourni de détails afin de garder le secret sur l’opération, a indiqué le site d’information.

Le Premier ministre Yair Lapid (à droite) évoque la situation sécuritaire avec des responsables militaires et de la sécurité au quartier général de Tsahal à Tel Aviv, le 7 août 2022. (Crédit : Kobi Elkatzur/GPO)

Mardi encore, la procureure générale Gali Baharav-Miara a déclaré avoir donné à Lapid le feu vert pour tuer un dirigeant du Jihad islamique palestinien, sans convoquer le cabinet de sécurité parce qu’on l’avait assurée que cette action ne mènerait pas à la guerre.

En vertu de la loi israélienne, toute ouverture d’hostilités ou opération militaire majeure de nature à provoquer un conflit « avec un degré de probabilité élevé » doit être approuvée par le cabinet de sécurité.

En réponse à une question de la Douzième chaîne sur les raisons pour lesquelles elle n’a pas insisté pour que le cabinet soit convoqué au cas d’espèce, Baharav-Miara a déclaré que les autorités l’avaient assurée que cette frappe ne mènerait pas à la guerre, et qu’il n’était donc pas nécessaire de le convoquer.

Baharav-Miara a expliqué que la décision était prise au cas par cas.

« Dans ce cas, à l’issue des réunions d’évaluation du renseignement, les responsables des forces de l’ordre ont unanimement déclaré que l’action militaire décidée compte tenu des circonstances n’était pas une action militaire susceptible de conduire à la guerre », a-t-elle ajouté.

« Au regard de l’évaluation faite de la situation, la décision a donc été prise par le pouvoir judiciaire », a-t-elle précisé.

En 2019, l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu avait fait pression pour obtenir l’exécution du commandant du Jihad islamique palestinien pour le nord de Gaza après que des roquettes tirées par le groupe terroriste l’aient forcé à quitter la scène lors d’une réunion électorale à Ashdod. Le prédécesseur de Baharav-Maria lui avait rétorqué que l’autorisation du cabinet de sécurité était nécessaire.

La procureure générale Gali Baharav-Miara à la Cour suprême à Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En plus de Jabari, l’armée israélienne a également tué Khaled Mansour, commandant du Jihad islamique palestinien pour le sud de Gaza, lors de ces combats.

Au cours des trois jours de conflit, Tsahal a frappé 170 cibles au moyen d’avions et hélicoptères de combat, drones armés, et éléments d’artillerie, a déclaré l’armée lors d’un briefing.

Au total, au cours de ces trois journées, ce sont 1 175 roquettes et mortiers qui ont été tirés depuis la bande de Gaza sur Israël. Le système anti-roquettes du Dôme de fer a intercepté plus de 380 projectiles tirés vers des zones peuplées, affichant un taux de réussite sans précédent de 97%, selon Tsahal.

Les autorités de Gaza, sous férule du Hamas, ont déclaré que 45 personnes avaient été tuées lors des combats, dont 16 enfants, sans préciser le nombre de victimes affiliées à des groupes terroristes.

Israël estime que nombre de morts palestiniens sont imputables à des tirs palestiniens défectueux. Une quinzaine de victimes auraient été membres du Jihad islamique palestinien, du Hamas et d’un autre groupe terroriste, moins important.

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