Des œuvres de réfugiées syriennes exposées à la gare de Strasbourg
Rechercher

Des œuvres de réfugiées syriennes exposées à la gare de Strasbourg

Bombes et maisons détruites, mais aussi fleurs et oiseaux : des œuvres de Syriennes réfugiées en Turquie sont présentées à Strasbourg par le Programme alimentaire mondial de l'ONU

Des œuvres réalisées par des réfugiées syriennes et exposées à la gare de Strasbourg. De gauche à droite : Emine D. Maison en fleurs 2 / Houses with flowers 2, 2018. Emine N. Play / Play, 2018. Emine N. Porte vers le futur / Door to the future, 2018.
Des œuvres réalisées par des réfugiées syriennes et exposées à la gare de Strasbourg. De gauche à droite : Emine D. Maison en fleurs 2 / Houses with flowers 2, 2018. Emine N. Play / Play, 2018. Emine N. Porte vers le futur / Door to the future, 2018.

Elles ont représenté des bombes et des maisons détruites, mais aussi des fleurs et des oiseaux : des œuvres de Syriennes réfugiées en Turquie sont présentées à la gare de Strasbourg, une exposition intitulée « Colours of Hope » et organisée par le Programme alimentaire mondial pour faire mieux comprendre le ressenti d’un réfugié.

Ces douze femmes, âgées d’une vingtaine à une soixantaine d’années, ont suivi une courte formation à la linogravure, la sérigraphie et au patchwork en Turquie grâce au Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, qui vient en aide aux plus vulnérables des 4 millions de réfugiés hébergés par la Turquie.

Des reproductions de leurs œuvres sont exposées sur la verrière extérieure du bâtiment de la gare jusqu’au 15 septembre, afin de les mettre « à la hauteur de l’architecture de la gare », explique Sylvain Bailly, de l’opérateur ferroviaire français SNCF qui organise une centaine d’expositions par an.

Sur l’une des oeuvres, Hatice D., 38 ans, a représenté des pupitres d’écoliers pour illustrer le courage qu’il lui a fallu pour aller chercher son fils à l’école après le bombardement du bâtiment en Syrie.

Emine N., elle, ne voulait pas quitter la Syrie lorsque le conflit a commencé et a d’abord déménagé d’Alep à la campagne environnante avec sa famille. Elle a représenté des bombes transformées en fleurs pour illustrer l’espoir du retour de la paix.

La plupart des patchworks aux couleurs vives figurent les maisons de ces femmes, souvent détruites mais restées gravées dans leurs mémoires.

« En travaillant avec ces réfugiés les plus vulnérables, nous nous sommes demandés si certains d’entre eux aimeraient exprimer quelque chose de leur expérience à travers l’art. Nous avons fait cela aussi pour améliorer la compréhension entre la population turque et les réfugiés », explique Martin Penner, responsable de la communication pour le PAM en Turquie.

« C’est absolument incroyable ce qui est sorti de cette toute petite formation pour ces douze femmes qui n’avaient aucune expérience artistique », estime-t-il, parlant d’un « récit à la première personne de ce qu’est être un réfugié vulnérable ».

Il se dit heureux que ces œuvres servent aujourd’hui à faire mieux comprendre à des Européens le « voyage émotionnel » effectué par ces femmes, entre peur, nostalgie et espoir.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a tué plus de 370 000 personnes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...