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Des officiels israéliens en Arabie saoudite pour un sommet de l’UNESCO, une première

Des bureaucrates et des diplomates assistent à une session de la Commission du patrimoine mondial ; Israël a renoncé à y envoyer des ministres sur demande de Washington

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La directrice-générale de l'UNESCO Audrey Azoulay lors de la cérémonie d'ouverture de la 45e session de la Commission du patrimoine mondial de l'UNESCO à Ryad, en Arabie saoudite, le 10 septembre 2023. (Crédit : Fayez Nureldine / AFP)
La directrice-générale de l'UNESCO Audrey Azoulay lors de la cérémonie d'ouverture de la 45e session de la Commission du patrimoine mondial de l'UNESCO à Ryad, en Arabie saoudite, le 10 septembre 2023. (Crédit : Fayez Nureldine / AFP)

Une délégation israélienne formée de neuf personnes est actuellement en Arabie saoudite pour assister à une conférence de la Commission du patrimoine mondial de l’UNESCO, a déclaré un responsable israélien au Times of Israel, dimanche, précisant qu’ils y bénéficiaient d’un statut d’observateur.

La délégation est dirigée par le chef de l’Autorité israélienne des antiquités (IAA) et elle comprend des diplomates, a précisé un autre officiel israélien. Ce n’est pas une visite bilatérale et il est difficile de déterminer si le groupe aura l’occasion de s’entretenir avec des responsables saoudiens.

L’Arabie saoudite et Israël n’ont pas de relations diplomatiques, même si la Maison Blanche tente actuellement de négocier un accord de normalisation des liens entre les deux pays.

La semaine dernière, Israël aurait renoncé à tenter d’imposer la présence de ministres pour la rencontre de l’instance des Nations unies, des ministres qui seraient ainsi entrés publiquement dans le royaume.

Après des pressions exercées par les États-Unis, Israël aurait décidé de ne plus réclamer de visa pour son ministre des Affaires étrangères Eli Cohen et pour son ministre de l’Éducation Yoav Kisch, a dit la Treizième chaîne.

Les Saoudiens avaient placé des obstacles dans ce processus d’obtention de visa, a précisé la chaîne.

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen rencontrant la directrice-générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, à Paris, le 19 juillet 2023. (Crédit : UNESCO)

Les responsables américains ont recommandé à l’État juif de ne pas mettre Ryad dans une position inconfortable alors même qu’un accord de normalisation bien plus large est actuellement en pourparlers.

Les bureaucrates sont donc allés à la conférence.

Au mois de juillet, l’Arabie saoudite avait signé « l’accord du pays d’accueil » dans lequel elle s’engageait à permettre à tous les pays signataires de la Convention du patrimoine mondial – qui comprend Israël – à entrer librement dans le pays pour le sommet, a fait savoir un article d’Axios, qui a cité deux sources proches du dossier.

Les autorités saoudiennes avaient, semble-t-il, refusé de signer cet accord au mois de juin, protestant contre la participation d’Israéliens à la conférence.

Mais la directrice-générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, aurait insisté pour que les représentants de l’État juif puissent pénétrer sur le sol saoudien et que des invitations officielles soient envoyées dans les jours suivants.

L’envoyé israélien à l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, tente de livrer des documents officiels annonçant le retrait israélien de l’organisation culturelle, le 28 décembre 2017 (Autorisation)

Le ministère des Affaires étrangères, l’ambassade saoudienne à Washington et les responsables de l’UNESCO n’ont pas réagi à l’article paru sur le site Axios.

Israël avait officiellement quitté l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2019, déplorant des préjugés anti-israéliens. Certains sites du pays figurent malgré tout sur la liste du Patrimoine mondial et Jérusalem délègue ses représentants à la Commission du patrimoine mondial, chargée de désigner ces sites.

Pendant la réunion qui avait eu lieu au mois de juillet entre Cohen et Azoulay, la directrice de l’UNESCO avait indiqué qu’elle cherchait à dépolitiser l’instance, ajoutant qu’elle considérait comme très important qu’Israël fasse son retour au sein de l’institution, selon le ministère des Affaires étrangères.

Si Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de relations officielles, des journalistes, hommes d’affaires et autres personnalités israéliennes ont été en mesure de visiter le royaume islamique ces dernières années, et cette tendance est encore à la hausse.

Jake Sullivan, Conseiller à la sécurité nationale à la Maison Blanche, a indiqué, la semaine dernière, que les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite avaient une idée générale de ce que pourraient être les éléments majeurs d’un accord potentiel de normalisation des relations entre Jérusalem et Ryad, mais qu’il restait beaucoup de travail avant de pouvoir signer un accord.

Le vice-ministre de la Défense saoudien Khalid bin Salman, à gauche, et le Conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan se rencontrent à la Maison Blanche, le 18 mai 2022. (Crédit : Khalid bin Salman/Twitter)

En échange de l’établissement de relations diplomatiques avec l’État juif, Ryad réclame un traité de sécurité mutuel, comme celui de l’OTAN, qui garantirait que les États-Unis viendraient à la rescousse de l’Arabie saoudite si cette dernière devait être attaquée, demandant également un programme nucléaire civil dans le royaume qui serait soutenu par les Américains et le droit d’acheter des armements avancés à Washington.

En échange, les États-Unis demandent à Ryad de réduire de manière significative ses liens économiques et militaires avec la Chine et avec la Russie et de renforcer la trêve qui avait permis de mettre un terme à la guerre civile au Yémen.

Afin d’ancrer le soutien le plus large possible parmi les Démocrates du Congrès, le public pro-palestinien en Arabie saoudite et le monde musulman en général, il faudra probablement qu’Israël fasse des concessions significatives aux Palestiniens, des concessions qui permettraient d’avancer vers la solution à deux États – une pilule qui pourrait être difficile à avaler pour le gouvernement de la ligne dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Au mois de mars, Axios avait fait savoir que l’Arabie saoudite avait interdit à Cohen de prendre la tête d’une délégation qui se rendait à une conférence de l’Organisation du tourisme mondial. Cohen s’était trouvé dans l’incapacité de faire le déplacement après que les Saoudiens ont refusé de discuter d’arrangements sécuritaires, selon des responsables israéliens qui s’étaient exprimés sous couvert d’anonymat.

Finalement, la délégation qui devait faire le voyage – qui représentait la ville circassienne de Kfar Kama, localité située en Galilée, dans le nord d’Israël – n’avait pas pu partir pour le royaume, Ryad ayant refusé de délivrer des visas à ses membres.

La ville avait été sélectionnée, au mois de décembre, comme « village touristique » international par l’Organisation du Tourisme mondial, une instance placée sous l’égide des Nations unies.

Au mois de juillet, une équipe de gamers israéliens avait pu entrer sur le territoire de l’Arabie saoudite pour participer à une version de la Coupe de monde sous le forme de jeu vidéo.

La 45e session de la Commission du patrimoine mondial, qui commence dimanche, s’achèvera le 25 septembre.

Jacob Magid a contribué à l’écriture de cet article.

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