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Des « pavés de la mémoire » en hommage aux parents déportés de Boris Cyrulnik

Une centaine de personnes s'est réunie pour assister à l'inauguration de ces "Stolpersteine", organisée à l'occasion des 80 ans de la rafle de la synagogue de Bordeaux

Les deux pavés de la mémoire installés lors d'une cérémonie en hommage aux parents du neuropsychiatre français Boris Cyrulnik, Aaron et Nadia Cyrulnik, déportés en 1942 et 1943 au camp de concentration d'Auschwitz, devant leur dernière demeure, à Bordeaux, le 10 janvier 2024. (Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
Les deux pavés de la mémoire installés lors d'une cérémonie en hommage aux parents du neuropsychiatre français Boris Cyrulnik, Aaron et Nadia Cyrulnik, déportés en 1942 et 1943 au camp de concentration d'Auschwitz, devant leur dernière demeure, à Bordeaux, le 10 janvier 2024. (Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

Deux « pavés de la mémoire » ont été installés mercredi sur un trottoir de Bordeaux devant le dernier domicile des parents déportés du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, qui a remercié la ville de leur offrir ainsi « une sépulture ».

Sous la neige, fait rare dans la capitale girondine, une centaine de personnes s’est réunie au 60 rue de la Rousselle pour assister à l’inauguration de ces « Stolpersteine » (« pierres d’achoppement », en allemand), des plaques en laiton, en hommage à Aaron et Nadia Cyrulnik.

La cérémonie avait lieu à l’occasion des 80 ans de la rafle de la synagogue de Bordeaux, le 10 janvier 1944, dont le neuropsychiatre de 86 ans, natif de la ville, est un rescapé miraculeux. Ses parents avaient déjà été déportés mais au moins 295 familles, dont 85 enfants, avaient alors été emmenées à Drancy, puis au camp d’extermination d’Auschwitz.

« J’arrive au dernier chapitre de mon existence et j’ai vécu les premiers ici même. C’est la toute première fois que mes parents ont une sépulture. Il n’y a pas une seule civilisation au monde qui n’a pas de culture du deuil, donc c’est un moment important de ma vie », a souligné Boris Cyrulnik.

Le neuropsychiatre français Boris Cyrulnik lors d’une cérémonie en hommage à ses parents déportés, à Bordeaux, le 10 janvier 2024. (Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

« J’ai été obligé d’ignorer la mort de mes parents, c’était source de honte et de culpabilité, mais grâce à vous, qui participez au rituel du deuil, ces pavés sont la reconnaissance qu’ils ont été vivants. C’est un sentiment de gratitude immense pour vous et pour la ville de Bordeaux », a-t-il ajouté.

« À travers ces pavés, nous ramenons les disparus dans nos rues, dans notre quotidien », a renchéri Pierre Hurmic, maire de Bordeaux. Des collégiens présents à la cérémonie ont déposé des fleurs et des mots d’hommage, avant d’échanger avec le neuropsychiatre.

Ces « Stolpersteine » sont de petits blocs de 10 centimètres de côté scellés dans le sol devant le dernier domicile de victimes du nazisme, juives ou non juives. Chacune porte une plaque de laiton comportant le nom d’une personne, sa date de naissance, celle de sa déportation ou de son exil et, si elle est connue, la date de son décès.

Initié en 1997 par le sculpteur allemand Gunter Demnig, ce projet a déjà permis l’installation de plus de 100 000 « Stolpersteine » en Europe, dont 17 à Bordeaux.

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