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Des rabbins exhortent Tsahal à exclure les femmes des unités de combat

La tribune a été signée par 15 chefs religieux nationaux quelques jours après que Tsahal a déclaré que les femmes pourront servir dans l'unité d'élite de recherche et de sauvetage

Photo d'illustration : Des soldats du bataillon mixte Cheetah participent à un exercice d'escouade dans le sud d'Israël, le 16 novembre 2015. (Crédit : Unité du porte-parole de l'armée israélienne/Flickr)
Photo d'illustration : Des soldats du bataillon mixte Cheetah participent à un exercice d'escouade dans le sud d'Israël, le 16 novembre 2015. (Crédit : Unité du porte-parole de l'armée israélienne/Flickr)

Un groupe de rabbins de haut rang du camp national-religieux a signé jeudi une déclaration exhortant le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, à cesser ses efforts pour enrôler les femmes dans les unités de combat aux côtés des hommes.

« La décision apparente du chef d’état-major d’ajouter davantage d’unités mixtes aux brigades d’infanterie nous rapproche beaucoup plus d’une armée de tribus séparées », ont écrit les 15 rabbins dans leur lettre ouverte. Ils ont fait valoir que les soldats qui observent la loi juive traditionnelle ne pourront pas servir dans des unités mixtes, impliquant que les unités non-mixtes comptent un pourcentage beaucoup plus élevé de recrues orthodoxes.

« Nous appelons à éviter ces mesures dangereuses et à maintenir l’unité de Tsahal et l’unité de la nation, sur la base de critères qui ont toujours été acceptés au sein de Tsahal », ont-ils ajouté.

La tribune, qui sera publiée dans les brochures hebdomadaires du shabbat distribuées dans les synagogues religieuses nationales, est signée par un groupe diversifié de chefs de yeshivot, dont certains ont soutenu l’enrôlement des femmes dans Tsahal. Le groupe comprend le directeur de la yeshiva Or Etzion, Haim Druckman, les directeurs de la yeshiva Bnei David, Yigal Levinstein et Eli Sadan, le directeur de la yeshiva Maale Gilboa, Yehuda Gilad, et le directeur du séminaire Lindenbaum, Ohad Teharlev.

Le texte a été rédigé après que Tsahal a annoncé vendredi dernier que les femmes seront autorisées à servir dans l’unité d’élite héliportée de recherche et de secours 669 pour la première fois.

L’annonce de l’armée israélienne visait à devancer une décision de la Haute Cour de justice concernant un appel interjeté par quatre recrues féminines demandant une intégration complète des femmes dans l’armée israélienne, y compris dans les unités d’élite telles que Sayeret Matkal et l’unité 669. La Cour a reporté sa décision sur l’affaire jusqu’à ce que l’armée finalise un comité qu’elle est en train de former sur la question.

Illustration : Des femmes soldats du bataillon Bardales pendant un entraînement, le 13 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les femmes occupent divers postes au sein de Tsahal, souvent aux côtés de leurs homologues masculins. Il existe également des unités de combat totalement mixtes tels les bataillons Caracal et Bardelas, chargés de protéger la frontière d’Israël avec l’Égypte et la Jordanie. Au sein de l’armée de l’air, femmes et hommes servent ensemble dans les unités de défense aérienne, dont le Dôme de fer – techniquement considéré comme une unité de combat.

Aujourd’hui, environ 95 % des postes de l’armée de l’air sont ouverts aux femmes, selon Tsahal.

L’armée a beaucoup communiqué, par le passé, sur son attachement à intégrer les femmes pour des raisons opérationnelles, et non en raison d’une pression politique ou sociale, affirmant avoir besoin de toutes les formes de main d’œuvre.

Les détracteurs de la présence des femmes dans l’armée en dénoncent souvent le caractère dangereux, avec de possibles conséquences pour la sécurité nationale, mais ses défenseurs vantent de longue date sa nécessité. Cette réforme a, en outre, déjà été mise en œuvre dans de nombreux pays occidentaux.

Emanuel Fabian a contribué à cet article. 

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