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L’unité d’élite de recherche et sauvetage de Tsahal s’ouvre aux femmes, une première

Les recrues féminines auront enfin accès à l’unité 669, alors que la Cour Suprême appelle l'armée à être plus inclusive

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de l’Unité d’élite 669 de l’Armée de l’air israélienne prennent part à un exercice sur une photographie non datée. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats de l’Unité d’élite 669 de l’Armée de l’air israélienne prennent part à un exercice sur une photographie non datée. (Crédit : Armée israélienne)

Pour la première fois de l’histoire, les femmes pourront servir dans l’unité d’élite de recherche et sauvetage héliportée, a annoncé vendredi l’Armée israélienne, en réponse à l’appel de la Cour Suprême à combler les inégalités entre les sexes.

Selon l’armée, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, a approuvé la recommandation faite par le commandant de l’armée de l’air israélienne, le major-général Tomer Bar, sur l’intégration des femmes à des postes de combat au sein de l’unité 669.

« L’armée de l’air ouvrira ses portes aux femmes à des postes de combat au sein de l’unité spéciale 669, ce qui permettra d’optimiser l’allocation du capital humain de Tsahal », indique le communiqué.

En novembre 2020, quatre recrues féminines avaient fait appel devant la Cour suprême, exigeant la féminisation de Tsahal à tous les postes, y compris au sein d’unités d’élite telles que Sayeret Matkal et l’Unité 669. Le tribunal a attendu, pour rendre sa décision, que l’armée finalise les travaux d’un comité ad hoc.

Dans un communiqué publié vendredi, Tsahal a ainsi déclaré que la décision concernant l’unité 669 faisait suite à un examen de la présence des femmes à des postes de combat, postes qui leur sont à l’heure actuelle interdits.

Selon l’armée, les recrues féminines désireuses de servir dans l’unité 669 devront passer divers tests et répondre aux exigences du poste, « pour s’assurer que l’unité continue de remplir ses missions avec le niveau de qualité requis ». Des milliers de recrues se présentent aux épreuves de sélection de l’unité, mais très peu réussissent à l’issue de la longue période de formation.

« C’est une grande chance pour l’armée de l’air, pionnière dans le domaine de l’intégration des femmes à tous les postes, et en particulier à des postes de combat », indique le communiqué.

Illustration : Femmes soldats du bataillon Bardales à l’entraînement, le 13 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les femmes occupent divers postes au sein de Tsahal, souvent aux côtés de leurs homologues masculins. Il existe également des unités de combat totalement mixtes tels les bataillons Caracal et Bardelas, chargés de protéger la frontière d’Israël avec l’Égypte et la Jordanie. Au sein de l’armée de l’air, femmes et hommes servent ensemble dans les unités de défense aérienne, dont le Dôme de fer – techniquement considéré comme une unité de combat.

Aujourd’hui, environ 95 % des postes de l’armée de l’air sont ouverts aux femmes, selon Tsahal.

Des soldats de l’Unité d’élite 669 de l’armée de l’air israélienne prennent part à un exercice sur une photographie non datée. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée a beaucoup communiqué, par le passé, sur son attachement à intégrer les femmes pour des raisons opérationnelles, et non en raison d’une pression politique ou sociale, affirmant avoir besoin de toutes les formes de main d’œuvre.

Les détracteurs de la présence des femmes dans l’armée en dénoncent souvent le caractère dangereux, avec de possibles conséquences pour la sécurité nationale, mais ses défenseurs vantent de longue date sa nécessité. Cette réforme a, en outre, déjà été mise en œuvre dans de nombreux pays occidentaux.

Les détracteurs notent que certaines exigences imposées aux femmes à des postes de combat ont été abaissées – signe, à leurs yeux, d’une moindre efficacité – et qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à subir des effets de stress.

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