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Des rabbins recommandent qu’un garçon transsexuel soit scolarisé avec les filles

Les autorités religieuses sont intervenues dans l'affaire qui a secoué l'école élémentaire religieuse de Givat Shmuel, affirmant que la loi juive interdit le travestissement

Illustration : De jeunes élèves dans une classe lors de la rentrée scolaire dans un établissement ultra-orthodoxe pour garçons, à Beit Shemesh, le 28 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Illustration : De jeunes élèves dans une classe lors de la rentrée scolaire dans un établissement ultra-orthodoxe pour garçons, à Beit Shemesh, le 28 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus d’une dizaine de rabbins ont exigé jeudi d’une école religieuse du centre d’Israël qu’elle oblige un élève transgenre âgé de 8 ans à intégrer une classe réservée aux filles, allant contre la volonté non seulement des parents du garçon, mais aussi du ministère de l’Éducation.

L’enfant, scolarisé en CE2 dans une école affilié à la mouvance nationaliste-religieuse à Givat Shmuel, ville du centre du pays, est né de sexe féminin mais s’identifie aujourd’hui comme un garçon. À partir de la quatrième année, les écoles religieuses séparent les classes selon le sexe. L’école et le ministère de l’Éducation se sont prononcés en faveur du placement de l’enfant dans une classe avec d’autres garçons l’année prochaine.

Mais dans une lettre adressée à l’organe du ministère de l’Éducation qui administre les écoles nationalistes-religieuses, 17 rabbins, dont plusieurs personnalités de la communauté nationaliste religieuse, ont déclaré que « les fantasmes ne changent pas la réalité ».

« La loi juive ne reconnaît pas les changements artificiels et interdit de se comporter et de s’habiller comme une fille pour un garçon ou comme un garçon pour une fille », affirme la lettre. « C’est le rôle d’une école religieuse de faire respecter [la loi juive] et d’agir en conséquence » en envoyant l’enfant dans une classe réservée aux filles l’année prochaine.

La lettre qualifie l’élève de « fille ayant le privilège de grandir pour devenir une femme et une mère ».

La lettre a été signée par un certain nombre d’autorités religieuses éminentes, dont les rabbins Dov Lior, un extrémiste qui a des liens avec des résidents radicaux des implantations, et Yaakov Ariel, le grand rabbin, financé par l’État, de Ramat Gan.

Le rabbin Yaakov Ariel dans la Yeshiva de Ramat Gan, le 11 novembre 2021. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Le rabbin Ariel avait par le passé recommandé que l’élève soit admis dans la classe des garçons après consultation avec le ministère de l’Éducation, selon la Douzième chaîne.

L’Association pour l’égalité LGBTQ en Israël – Aguda a accusé les rabbins de mettre l’enfant et d’autres personnes « en danger de dommage mental qui pourrait conduire à une perte de vie, en totale opposition avec les autorités professionnelles et médicales en Israël et dans le monde. »

« Nous implorons toutes les autorités : laissez le garçon tranquille », a déclaré le groupe, selon la Douzième chaîne. « Il est en votre pouvoir d’empêcher la prochaine tragédie ».

L’affaire a suscité un tollé chez les parents de Givat Shmuel, un bastion nationaliste religieux à la périphérie de Tel Aviv. Selon la chaîne, les parents de huit élèves de l’école ont tenté sans succès d’être transférés ailleurs.

Roni Sassover, avocat des parents qui demandent à être transférés, a accusé la mère du garçon d’avoir forcé l’enfant à changer de sexe.

« Le problème, c’est que [la mère] a exposé toute une école à l’imposition d’un programme progressiste qui va à l’encontre de tout ce en quoi l’école croit et ce qu’elle enseigne », a-t-elle déclaré à la Douzième chaîne.

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