Rechercher

Des scientifiques espèrent faciliter les greffes de rein en changeant le groupe sanguin

L’étude pourrait avoir des conséquences importantes pour les patients issus de minorités ethniques, moins susceptibles de trouver un donneur

Illustration : Angel Cespedes, 14 ans, en attente d’une greffe de rein, se repose après une dialyse à domicile, à Valles del Tuy, à la périphérie de Caracas, au Venezuela, le 8 novembre 2021. (Crédit : AP Photo/Ariana Cubillos)
Illustration : Angel Cespedes, 14 ans, en attente d’une greffe de rein, se repose après une dialyse à domicile, à Valles del Tuy, à la périphérie de Caracas, au Venezuela, le 8 novembre 2021. (Crédit : AP Photo/Ariana Cubillos)

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont réussi à modifier le groupe sanguin de trois reins issus de donneurs, ce qui pourrait faciliter les greffes.

Selon l’étude, publiée lundi, la découverte pourrait avoir des conséquences significatives pour les patients atteints de maladies rénales, et en particulier les patients issus de minorités ethniques, moins susceptibles de trouver des donneurs.

Les patients ne peuvent en effet recevoir que de la part de donneurs ayant le même groupe sanguin, et les personnes appartenant au même groupe ethnique sont plus susceptibles d’avoir le même groupe sanguin.

« L’une des plus grandes restrictions à la transplantation est la compatibilité de groupe sanguin », explique Mike Nicholson, professeur de chirurgie de transplantation à Cambridge.

« La raison est simple : nous avons des antigènes et des marqueurs sur nos cellules qui peuvent être A ou B. Notre corps produit naturellement des anticorps contre ceux que nous n’avons pas », ajoute-t-il.

Mais ces considérations pourraient bientôt appartenir au passé.

Illustration : Des globules rouges dans une artère. (Crédit : donfiore; iStock par Getty Images)

À l’aide d’une machine de perfusion normotherme, généralement utilisée pour pomper le sang oxygéné à travers un organe pour le conserver, les scientifiques ont filtré le sang perfusé avec une enzyme à l’aide d’un rein prélevé.

L’enzyme, qualifiée dans l’étude de « ciseaux moléculaires », a éliminé les marqueurs spécifiques des vaisseaux sanguins qui déterminaient son type, convertissant le sang en type O, autrement dit le plus courant des groupes sanguins.

Changer le groupe sanguin pour en faire un O universel permettra d’effectuer davantage de greffes parce que ce groupe peut être utilisé avec n’importe quel groupe sanguin.

« En prenant des reins humains de type B et en pompant l’enzyme à travers l’organe à l’aide de la machine de perfusion normotherme, nous avons constaté en quelques heures la conversion du rein de type B en un type O », explique Serena MacMillan, doctorante. Le groupe sanguin B est plus fréquent au sein des communautés minoritaires, selon l’étude.

Entre 2020 et 2021, 9 % des dons d’organes étaient issus de donneurs d’origine africaine ou d’autres minorités ethniques, selon l’étude, alors même que ces patients représentent un tiers de la liste d’attente pour une greffe de rein. Il n’est pas rare que leur délai d’attente pour une greffe soit rallongé de 12 mois par rapport à des patients d’origine caucasienne.

Bien que l’étude constitue une découverte, les scientifiques devront encore étudier la manière dont le rein modifié du groupe O réagit une fois transplanté dans le corps des bénéficiaires de greffes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...