Des sessions d’études bibliques pour les ambassadeurs étrangers
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Des sessions d’études bibliques pour les ambassadeurs étrangers

A l'approche des fêtes juives, le ministère des Affaires étrangères organise un séminaire reliant les sources juives aux défis d'aujourd'hui

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Photo llustrative d'un jeune homme lisant dans un rouleau de la Torah (Crédit: Yonatan Sindel / Flash90)
Photo llustrative d'un jeune homme lisant dans un rouleau de la Torah (Crédit: Yonatan Sindel / Flash90)

La boîte à outils diplomatique est remplie d’une gamme d’instruments allant des douces cajoleries aux pressions sur la place publique, mais Israël est probablement le premier pays à essayer de confronter les diplomates étrangers au prophète Jonas – oui, il s’agit bien de celui qui a été avalé par une baleine.
 
A l’approche des fêtes juives, le ministère des Affaires étrangères a invité les ambassadeurs étrangers en poste en Israël à un séminaire, le premier de son genre, visant à explorer les anciennes sources juives et leurs liens avec le monde dans lequel nous vivons.

Le ministère des Affaires étrangères a organisé le « séminaire d’étude et de dialogue » de trois heures en partenariat avec Kolot, un centre d’études pluraliste dédié à la pensée juive contemporaine. Il devrait se tenir le 21 septembre, deux jours avant Yom Kippour, à Jérusalem.

Les invitations ont été envoyées il y a quelques jours aux 87 chefs de missions diplomatiques en Israël, mais il est encore difficile de savoir combien assisteront effectivement à l’événement.

« Les fêtes juives du début de l’année hébraïque sont traditionnellement un temps de réflexion et l’occasion pour de nombreuses valeurs éthiques fondamentales du judaïsme à s’exprimer sur le sens de la société et le but de l’homme dans le monde, » lit-on sur l’invitation.

« Nous nous servons du nouvel an juif comme raison pour les inviter », a expliqué Daniel Meron, le chef de la division de l’ONU et des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères, qui a initié le programme. « Nous leur avons dit qu’il s’agit d’une période de réflexion dans le judaïsme. »

Le rabbin Baruch Brener (Autorisation)
Le rabbin Baruch Brener (Autorisation)

Après les remarques liminaires de la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, des enseignants de Kolot mèneront deux sessions d’études visant à relier les thèmes des fêtes juives aux défis auxquels font face les diplomates au 21e siècle, ont indiqué les organisateurs.

La première session, animée par le rabbin Baruch Brener, aura pour thème « Jonas à Ninive : Le message et la mission universels du Prophète-Messager ». La seconde discussion, dirigée par le rabbin Dov Berkovitz, est intitulée « l’eau comme cadeau pour tous : Le dimension écologique de Souccot ».

« Nous cherchons toujours des façons de présenter aux diplomates étrangers en poste en Israël des aspects de la vie en Israël, » dit Meron, qui se décrit comme traditionaliste et qui étudie régulièrement avec un rabbin les sources juives et leur pertinence pour les questions diplomatiques.

« En les invitant à ce séminaire, nous atteignons plusieurs buts : Nous les exposons à des textes juifs et leur parlons de questions pertinentes, mettant en lumière des questions qui ont peut-être été discutées il y a 2 000 ans, mais qui sont encore pertinentes aujourd’hui. »

Le président Reuven Rivlin rencontre des ambassadeurs de pays latino-américains en février 2015 (Crédit photo: Mark Neyman / GPO)
Le président Reuven Rivlin rencontre des ambassadeurs de pays latino-américains en février 2015 (Crédit photo: Mark Neyman / GPO)

Avant d’inviter les ambassadeurs étrangers, Meron a discuté de son idée avec Talia Lador-Fresher, l’ambassadrice d’Israël en Autriche et ancienne chef du protocole du ministère, qui est laïque, et avec Akiva Tor, qui dirige le Bureau des affaires juives et des religions du monde au sein du ministère, qui lui porte une kippa. Tous deux ont été enthousiastes.

« Un des buts de mon bureau est de voir comment, en tant qu’Etat, nous pouvons parler aux autres confessions », a déclaré Tor.

« Nous avons pensé qu’il serait sage pour le corps diplomatique d’avoir une compréhension plus profonde de la tradition juive concernant Roch Hashana, Yom Kippour et Souccot; et de l’approche du judaïsme sur l’écologie et d’autres questions. »

« Nous voulons leur faire comprendre des concepts sur la société et la culture israéliennes. Nous avons pensé qu’il serait également intéressant pour eux d’avoir l’occasion d’avoir une sorte de compréhension de textes juifs. »

Un rouleau de la Torah vieux de 200 ans utilisé dans la synagogue du ministère des Affaires étrangères (Raphael Ahren / Times of Israel)
Un rouleau de la Torah vieux de 200 ans utilisé dans la synagogue du ministère des Affaires étrangères (Raphael Ahren / Times of Israel)

Selon Merav Israeli-Amarant de Kolot, les émissaires étrangers n’écouteront pas des conférences, mais seront plutôt censés participer à des analyses de style Beit Midrash (salle d’étude juive) des anciennes sources juives.

Dans les deux sessions, les diplomates de haut rang seront encouragés à examiner d’anciens textes juifs et à les interpréter en réfléchissant à leur pertinence pour le monde d’aujourd’hui, explique-t-elle.

« Sur la base de notre approche générale, nous allons essayer de développer de nouvelles idées et de nouvelles approches pour relever les défis du 21e siècle à travers le prisme de la culture et de la tradition juives. »

Représentation du prophète Jonas,  par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine (Source: Wikipedia)
Représentation du prophète Jonas, par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine (Source: Wikipedia)

Par exemple la session sur le prophète Jonas, poursuit Israeli-Amarant, se concentrera sur l’ambassadeur comme un messager dont le travail consiste à améliorer la vie des personnes.

Et la discussion sur l’eau et Souccot examinera, à partir des sources bibliques et talmudiques, le rôle de diplomates en tant que représentants des intérêts de leur pays qui sont également membres d’une communauté globale chargée de la gestion responsable des ressources naturelles du monde, dit-elle.

Fondé en 1997, Kolot « rassemble des participants laïcs et religieux d’un large spectre de la société israélienne », selon son site internet. « Ensemble, ils se livrent à l’étude des sources juives afin qu’ils puissent comprendre leur pertinence et leur application à la société contemporaine. »

Bien que tant Hotovely que le directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold soient orthodoxes, les organisateurs de la session d’étude insistent sur le fait que leur initiative ne temoigne pas d’un rôle accru de la religion au sein de la diplomatie israélienne.

« Nous voulons résolument une approche pluraliste, sans aucun doute », a déclaré Tor. « Je ne considère pas cela comme une activité religieuse. Je considère cela comme une activité culturelle juive ».

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