Des soldats accusés d’avoir tiré des gaz lacrymogènes sur un hôpital palestinien
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Des soldats accusés d’avoir tiré des gaz lacrymogènes sur un hôpital palestinien

Tsahal dit n'avoir "aucune connaissance de ce qui s'est passé à l'intérieur", après que le chef de l'hôpital d'Hébron a déclaré que l'armée avait ciblé l'unité coronavirus dimanche

De jeunes Palestiniens se protègent contre des gaz lacrymogènes lors de heurts avec les forces israéliennes dans un village au sud de Naplouse en Cisjordanie, le 11 mars 2020. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
De jeunes Palestiniens se protègent contre des gaz lacrymogènes lors de heurts avec les forces israéliennes dans un village au sud de Naplouse en Cisjordanie, le 11 mars 2020. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Les employés d’un centre médical palestinien à Hébron ont accusé l’armée israélienne d’avoir tiré du gaz lacrymogène dans l’hôpital dimanche matin, faisant brièvement suffoquer une vingtaine de patients et de médecins.

L’incident présumé à l’hôpital gouvernemental Princesse Alia s’est produit alors que les troupes israéliennes devaient faire face à des heurts dans la ville divisée de Cisjordanie, selon les militaires.

« Entre 4h30 et 5h00 du matin, nous avons été surpris par une bombe lacrymogène qui a soudainement atterri dans nos salles coronavirus et de médecine interne », a rapporté le directeur de l’hôpital, le Dr Tariq al-Barbarawi, dans un communiqué vidéo, ajoutant que le gaz s’est rapidement répandu dans tout l’hôpital.

D’après l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne, 25 patients et médecins environ nécessitaient des soins en raison de la fumée.

L’hôpital gouvernemental Princess Alia, à Hébron, le 30 août 2020. (Capture écran/WAFA)

M. Al-Barbarawi a fait savoir que les patients asphyxiés étaient dans un état stable. Mais même quelques heures plus tard, l’odeur des gaz lacrymogènes était encore présente à l’hôpital d’Hébron, a ajouté le chef d’établissement.

L’armée israélienne n’a pas démenti les informations, disant qu’elles n’avaient « aucune connaissance de ce qui s’est passé à l’intérieur de l’hôpital ».

Un porte-parole de Tsahal a expliqué au Times of Israel qu’il y avait des « troubles à l’ordre public » près de l’hôpital et que les soldats avaient utilisé des moyens anti-émeute pour disperser les manifestants.

الاحتلال يغرق مستشفى الخليل بقنابل الغاز

פורסם על ידי ‏وزارة الصحة الفلسطينية‏ ב- יום ראשון, 30 באוגוסט 2020

« Les gens se sont asphyxiés dans tout l’hôpital, en particulier dans les services de médecine interne et de coronavirus », a témoigné au Times of Israel un employé de l’hôpital qui a refusé d’être cité nommément.

« Je ne sais pas qui ils poursuivaient à l’hôpital, mais comment un patient, un malade, peut-il être quelqu’un que l’on attaque de cette manière ? », a-t-il interrogé.

L’armée a refusé de commenter les raisons pour lesquelles les soldats étaient dans la zone.

Des soldats israéliens s’affrontent avec des manifestants palestiniens dans la ville de Hébron, au sud de la Cisjordanie, le 9 décembre 2019, en pleine grève générale contre les activités de construction israéliennes. (HAZEM BADER / AFP)

Les médias palestiniens ont indiqué que l’incident pourrait être lié à une tentative des forces israéliennes de détenir un prisonnier de sécurité palestinien précédemment libéré, Hamdun Taha Abu Sneineh. Les soldats israéliens ont fouillé sa maison et son atelier de menuiserie, tous deux situés à proximité de l’hôpital.

Il y a une semaine, la police des frontières israélienne aurait utilisé des gaz lacrymogènes à l’intérieur de l’hôpital Al-Makassed à Jérusalem-Est, alors qu’elle tentait de disperser une émeute à l’extérieur de l’hôpital. Certains des suspects se sont enfuis dans l’hôpital, alors que les forces de sécurité israéliennes se sont déployées dans tout l’hôpital pour les poursuivre.

A peu près au même moment, les urgences ont commencé à se remplir de gaz. La police a affirmé qu’il s’agissait d’un gaz poivré tiré par l’un des suspects.

« Nous avons tous commencé à nous étouffer avec le gaz – le personnel médical, les patients dans un état critique, tout le monde aux urgences », avait rapporté à l’époque un responsable de l’hôpital Al-Makassed. « Pendant au moins une heure, nous n’avons pas pu travailler ou faire quoi que ce soit en attendant que les effets se dissipent. »

Une vidéo tournée sur les lieux montrait clairement une boîte de conserve sur le sol au milieu d’un brouillard de fumée. Selon la police israélienne, la cartouche était une grenade paralysante plutôt qu’une cartouche de gaz lacrymogène.

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