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Des soldats affirment que l’absence d’abris adéquats les expose aux tirs de missiles

Les soldats décrivent des abris endommagés et surpeuplés, avec des photos de groupes se mettant à l'abri dans des zones ouvertes ; Tsahal dit déployer des solutions supplémentaires

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Des soldats se mettent à l'abri des missiles iraniens dans une tranchée, date inconnue. (Crédit : Capture d'écran : X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Des soldats se mettent à l'abri des missiles iraniens dans une tranchée, date inconnue. (Crédit : Capture d'écran : X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Tandis que les salves de missiles iraniens obligent les Israéliens à se réfugier dans des miklatim (abris) et autres espaces protégés, certains soldats affirment ne pas disposer d’abris adéquats sur les bases militaires. Ils se retrouvent ainsi sans défense dans leur mission de protection du reste de la nation.

Lorsque « Leah », une secouriste militaire réserviste qui a demandé à rester anonyme, s’est réveillée au son des sirènes au matin du 28 février, son premier réflexe a été de se précipiter vers le miklat le plus proche de sa base, près de la frontière avec Gaza.

Mais lorsqu’elle et plusieurs autres soldats se sont engouffrés à l’intérieur, ils ont rapidement remarqué que la fenêtre de l’abri, conçue pour se fermer à l’aide d’une plaque de protection, était cassée, formant une ouverture béante qui compromettait la solidité de toute la structure.

« Nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas vraiment sécurisé », a-t-elle rapporté au Times of Israel.

Les soldats se sont alors empressés de rejoindre un autre miklat situé à proximité. Mais celui-ci était déjà plein à craquer.

« Il était trop petit — il n’y avait pas assez de place pour nous tous », s’est souvenue Leah.

Des soldats se mettent à l’abri des missiles iraniens dans une tranchée, date inconnue. (Crédit : Capture d’écran : Facebook ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

N’ayant nulle part où aller, Leah et les autres soldats abandonnés à l’extérieur ont dû rester debout à côté de l’abri, à la merci des éclats d’obus, avec leurs prières pour unique protection.

Plus tard dans la journée, elle a été transférée dans le centre d’Israël, où elle a rejoint une équipe d’intervention rapide chargée de prendre en charge les impacts de missiles dans les zones densément peuplées. Faute de logements militaires disponibles, son unité a été installée dans une école voisine, qui avait fermé ses portes en raison de la guerre.

Pour la première fois ce jour-là, la réserviste a affirmé se sentir en sécurité.

En dépit des sirènes plus fréquentes dans le centre d’Israël, Leah a confié être « plus rassurée » à l’idée de disposer d’un abri adéquat à proximité.

Elle doit toutefois retourner à sa base la semaine prochaine, ne sachant pas si elle sera protégée lorsque la prochaine sirène retentira.

L’histoire de Leah est malheureusement loin d’être unique. Depuis qu’Israël a lancé l’opération « Lion rugissant » contre l’Iran le 28 février et que la république islamique a riposté en tirant des missiles balistiques, les soldats de tout le pays dénoncent le manque — voire l’absence totale — de miklatim adéquats dans les bases militaires.

Installation d’un abri public dans le nord d’Israël, à la frontière avec le Liban, le 17 novembre 2024. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Un autre réserviste stationné dans la région d’Hébron a évoqué des conditions similaires au Times of Israel, indiquant qu’il n’y avait qu’un seul abri pour les centaines d’hommes de son bataillon, et que cet abri servait également de salle de stockage. D’après lui, ce miklat ne peut accueillir qu’une trentaine de personnes à la fois.

« En fait, nous n’allons même plus dans l’abri », a-t-il avoué.

Des images circulant en ligne montrent des groupes de soldats, dans différentes bases du pays, se mettant à l’abri dans des zones ouvertes. Certains apparaissent couchés sur le ventre dans des tranchées.

Des réclamations similaires avaient été rapportées lors de la guerre de juin 2025 contre l’Iran. À l’époque, des soldats avaient fait savoir aux médias israéliens que certaines bases ne disposaient pas d’abris suffisants, laissant les soldats sans protection. À ce jour, on ignore quelles mesures, le cas échéant, ont été prises par la suite pour remédier à cette situation.

En réponse, l’armée israélienne a annoncé qu’elle « mettait en œuvre un vaste plan visant à améliorer la protection de ses soldats, conformément à l’évaluation de la situation et aux priorités opérationnelles », ajoutant que des « solutions de protection supplémentaires » avaient été déployées dans les bases pendant le conflit en cours, sans toutefois fournir de précisions.

Contrairement aux abris civils, placés sous la responsabilité du Commandement du front intérieur, les infrastructures de protection des bases de l’armée israélienne sont supervisées par la Direction technologique et logistique de l’armée. Cette dernière est chargée de l’entretien des installations et des infrastructures de l’ensemble de l’armée.

En général, ces installations et infrastructures comprennent des abris en béton armé, des abris mobiles et des structures en béton improvisées, qui peuvent être installées rapidement mais qui n’offrent qu’une protection minimale, en dernier recours. Si aucun de ces abris ne peut résister à l’impact direct des énormes ogives fixées aux missiles balistiques iraniens, ils sont toutefois habituellement suffisants pour protéger contre les éclats d’obus, qui restent dangereux même lorsque les défenses aériennes interceptent les missiles entrants.

Des failles dans la protection ont également été constatées au niveau civil. Une étude du Centre de recherche et d’information de la Knesset publiée la semaine dernière a révélé que plus de trois millions d’Israéliens, soit environ un tiers de la population, ne bénéficient pas d’une protection adéquate. Les communautés arabes sont particulièrement touchées par ces failles.

Un gigantesque tuyau de ciment utilisé comme abri antiaérien de fortune dans le village bédouin d’Abu Talool dans le Néguev, Israël, juin 2025. (Amira Abou Habba)

L’armée a également insisté sur le fait que les soldats sont entraînés à se réfugier dans « l’espace le plus protégé disponible ».

Dans certains cas, les soldats peuvent être tenus de rester à leur poste même lorsque les sirènes retentissent. Les forces engagées dans des missions opérationnelles, telles que les postes de garde chargés de la sécurité des bases, ont généralement l’obligation de rester à leur poste pour des raisons sécuritaires plus générales.

Lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, plusieurs soldats ont quitté leur poste pour se mettre à l’abri après le déclenchement des sirènes d’alerte, laissant les bases situées le long de la frontière avec Gaza sans protection contre les infiltrations.

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